LXXVI LECTURB A LA SORBON N E
La même assemblée (1177) fut choisie pour arbitre entre le pape et l'empereur. En 1185, Guillaume II n'ayant pas laissé d'héritier mâle, sa fille Constance, mariée à Henri YI de Souabe, reçut le sceptre par un Tote national. Lesdeux Frédéric de HohenstaufiTen, au plus fort de leurs succès, n'osèrent jamais violenter un corps issu de l'élection. Si le vœu de cet élément populaire fut négligé dans la crise qui nous oo^ cupe, c'est que le pape crut pouvoir le subordonner au principe de sa suzeraineté, antérieure, comme on l'a dit, à la constitution parlementaire du comte Hoger; mais au temps d'Urbain IV, cet établissement représentatif subsistait : sans trop élargir cet aperçu, il nous paraît devoir être ouvert. — Le chef de la dynastie angevine n'aurait pas, sans aucun doute, fait un vain appel au parlement convoqué, dans lequel il avait toutes chances de trouver une sanction, et à coup sûr un frein au despotisme qui lui fit perdre la Sicile. Charles P' ayant voulu détruire les libertés du pays conquis, les membres dispersés du parlement sicilien sonnèrent le tocsin vengeur des Vêpres^ le 31 mars 1282.
Ce qui précède ne manque pas d'opportunité, car le principe de l'élection était généralement admis et pratiqué au moyen âge. Les premiers Capétiens faisaient sacrer, après avoir obtenu au moins la simulation d'un vote national, le fils qu'ils destinaient à leur succéder, comme on le voit par le procès-verbal du sacre de Philippe P' *.