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AVANT-PROPOS

11 y a quelques années, les hasards de la vie mi* litaire m'ayant conduit à Verdun, la plus agréable des surprises me fut ménagée par l'accueil que je reçus dans une société polie, élégante et passionnée pour les exercices de Tesprit. L'existence était douce dans cette ville patriarcale, qui se mirait paisiblement alors aux flots argentés de la Meuse, sans prévoir, bien qu'elles fussent, hélas I pro^ chaînes, les cruelles épreuves que lui réservaient les folies de l'empire.

Il y aurait tout un livre à faire (je l'écrirai un jour) sur l'héroïque défense des Verdunois pendant la dernière guerre ; et ce sera pour moi une tftche &cile^ car je m'honore de compter plusieurs amis

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dans les rangs de ces braves ; mais bornons-nous, pour le moment, à un sujet plus modeste.

Mon régiment ayant donc planté ses tentes pour quelque temps dans ce gracieux pays, je ne me fis pas trop prier pour prendre la parole aux réunions littéraires qui eurent lieu pendant mon séjour h Verdun, où venait d'être établi un Athénée qui a jeté quelque éclat. Le monde lettré, j'en suis sûr, ne resterait pas indifférent si Ton publiait les travaux de plusieurs hommes pleins de science et de goût, qui brillèrent à ces joutes de Tîntelligence.

Le couronnement'de l'édifice, tel qu'on nous Fa donné en 1870, n'était pas ce que je rêvais lorsque j'étudiais notre histoire nationale pour y prendre les exemples que nous ont légués nos pères. — Jeunes gens, ne maudissez personne, et grandissez en pensant que la patrie a les yeux sur vous.

Il y a deux façons de faire de l'actualité : Tune, vulgaire et irritante, est d'écrire un pamphlet contemporain ; l'autre, plus haute, consiste à rap* peler ce que la France a été sous ses anciens roig, non-seulement à la guerre, mais aussi dans la

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culture des lettres, des sciences et des arte, car toutes les grandes choses se tiennent. Après avoir reporté nos regards vers un passé qui doit son renom à ses luttes, nous serons moins affligés. Pour que l'espoir d'un avenir meilleur nous revienne tout entier, il &ut d'abord croire en Dieu qui ne nous a jamais abandonnés, et en même temps nous souvenir.

La vie des nations, comme celle des hommes, est faite d'ombre et de lumière. Après Ramillies, Denain. L'âme n'est pas atteinte par les meurtrissures du corps. Lé lingot d'or se reforme sous les coups du même marteau qui l'a brisé.

Ce travail a été publié pour la première fois en 1866; nous tenons à le reproduire tel qu'il a paru, sans autres changements qu'un ordre plus méthodique, et l'addition de quelques pages écrites dans le même esprit. Pour ce qui concerne particulièrement les aflfaires d'Espagne, tous les faits ont été contrôlés sur les Mémoires du temps. Les indications géographiques sont prisés sur les cartes publiées par le Dépôt de la guerre.

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