‹ Heures académiques: discours et conférencesChapitre 51 sur 67 · Loredano · texte numérisé non relu

Loredano

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36 MÂRGUBBITE DE Pfi&V£NCE ,

aa culte de la vûlupté» Le vendredi avant la Peaiecôte, les flottes combinées des deux rois quittèrent rOe et cinglèrent vers TÉgypte.

Une tempête ayant d'abord dispersé les vaisseaux, la traversée £ut plus longue qu'on ne s'y attendait Dans Là nuit du jeudi au vendredi, après le premier dimanche de la Trinité, les pilotes signalèrent Damiette* On jeta l'ancre. Le reste de la nuit se passa dans une attente fiévreuse. Les premières lueurs du jour éclairèrent une scène spîendide. u Le jeudi après Penêhecouite^ % dit le sîre de Joinville dans son naïf langage, « arrii)a le Roy denanU Damiete, et a trouvâmes là tout le pooir du soudanç sur la rke (( de la mer, moult beies geid à regarder; car le souci donc porte les arme d'or^ là où le soleil ferait^ qui « feeaii les armes respletêdir. La noise que ils me- « noient de leurs naeaires et de leurs cors Sarrazinoiz a estoit espottvantable à écouter '« »

Le roi s'agenouilla sur le pon^ <jbe son vaisseau. Le jEront découvert, les yeux levés au ciel et les mains jointes, avec une voix dont la brise de mer porta sur tous les autres navires les accents sonores, il rendit grâces à Dieu de l'avoir mis en présence des ennemis de la Foi. Que tons les princes que l^u: grandeur attache au Tivage se souviennent de son

i. Le jeudi après la Pentecôte , le roî arriva devant Damîette, et nous trouY&mes Ut toute Tarmée du sotidan sur le rivage de la mer : c'étaient moult belles gens à re^ianiac, car le aoiidan portait des armes d'or, sur lesquelles le soleil frappait, et qu'il faisait resplendir. Le bruit que les Sarrasins faisaient avec leurs nacaire? (tymbales) et leurs cors était épouvantable à entendre.

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^allocutioft à qaelques seigneurs qui lut recommaa- Hlaieat la prudeace. « Suivez mon exemple, laissez- « moi i>raver les périls; et, dans la chaleur des com- « bats, gardez-vaus de croire que le salut de rËglise c( et de l'État réside en ma personne. Vous êtes vousa mêmes l'État et l'Église, et vous ne devez voir en <i xnoi qu'un homme ordinaire, qu'un Jiomme dont ^ la vie peut se dissiper comme l'ombre quand il « plaira au Dieu pour qui nous combattons Kn La. reine, qui ne l'avait pas encore quitté, passa, seulement alors, sur un autre vaisseau avec la duchesse d'Anjou, mais sans s'éloigner, afin de prendre, tout en priant et sons l'oeil même de son époux; sa part du périL

Mai^uerite vit Louis s'ékneer tout armé dans la mer, ea faisant entendre le cri nktional deMontjoie- Saint - Denis I aborder les musulmans, et férir le premier coup d'épée. Joinville, Beaudouin de Reims et le comte de Joppé se pressent sur les pas du monarqtte. £n peu d'heures, on est maître de la plage et des deu^ rives dn NiL Les Sarrasins ont disparu, laissant bon nombre àes l&ars morts ou prisonniers. Alors, par un mouvement spontané, les croisés û&chissent le genou. Le roi jette son épée, prend une croix des mains du légat, et entonae le Te DeumJ Avec quelle sonorité sublime et coagnifique retendissent les accents de l'hymne ambiH^sienne, répétés par toute une armée victorieuse, siar le lieu même du combat, lorsqu'on apei^goit encore, dans le loin^

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