‹ Heures académiques: discours et conférencesChapitre 63 sur 67 · Lettre au maréchal de Tessé · texte numérisé non relu

Lettre au maréchal de Tessé

Digiti;

dont cinq anglais, cinq hollandais et trois portugnais, se rendirent dans des circonstances à peu près semblables à celles de Blenheim, — La voix de la France remercia le duc de Berwick d'avoir sitôt vengé Hochstœdt.

Le duc d'Orléans, inconsolable de n'être arrivé que le lendemain de la bataille, en assura les résultats. Tout le royaume de Valence reconnut bientôt Philippe V; Lerida, boulevard de la Catalogne, devant lequel le grand Condé avait échoué avec ses violons, se rendit le 11 novembre; et le petit-fils de Louis XIV eût été affermi pour toujours s'il eût déployé autant d'énergie que ses défenseurs. — Duguay-Trouin, Forbin et nos intrépides corsaires, étonnèrent l'Océan par leurs courses hardies.

Plus j'avance dans cette étude, et plus je m'aperçois qu'on a exagéré les malheurs de la guerre de la Succession. La France ne désespéra pas un seul instant de sa fortune. Les coups les plus rude^ ne l'abattirent point. Soyons fiers de nos pères, car ils nous ont appris à nous raidir contre les disgrâces du sort, et à combattre l'Europe. La lutte sera encore longue et sanglante, malheureuse pendant quelque temps, mais nous ne verrons plus de désastres semblables à ceux qui nous ont affligés. Deux batailles, Oùdenarde et Malplaquet, seront encore perdues, on verra dans quelles circonstances. — J'ai craint, je l'avoue aujourd'hui, de défaillir en retraçant des scènes si douloureuses; mais le courage m'est revenu en voyant l'inépuisable vitalité de la France, au moment même où ses ennemis la

Digiti;

croyaient près de succomber. — L'éclat du soleil n*est point obscurci par les nuages qui voilent quelquefois son disque éclatant.

Page 1