XII DISCOURS DE RÉCEPTION
et finissaient par avoir raison des dissidents... qu'on supprimait.
Le règlement intérieur des diètes et diétines contenait d'autres dissolvants.
En 1442, le dernier jour d'une diète arriva sans qu'aucune loi eût pu réunir l'unanimité; cette journée suprême s'écoula dans la même agitation laborieuse et stérile que les précédentes. Mais le roi alors régnant, Yladislas lY, voulait obtenir, à tout prix, les subsides et les troupes nécessaires pour recommencer la guerre contre les Turcs. Les délibérations aux lumières étant interdites de temps immémorial (par un statut de Przémislas, de Gracus ou de Lech?), les partisans du roi furent d'avis de dormir dans les ténèbres jusqu'au jour, ce que chacun fit en conscience, le président prêchant d'exemple. Le chant du coq ayant réveillé ces nouveaux Ëpiménides, l'assemblée reprit ses travaux et vota la guerre. — Frédéric II raconta lui-même, à Rulhière que cette défense de délibérer aux lumières fut mise à profit par lui pour annihiler une diète dont il redoutait le mauvais vouloir. La discussion ayant été habilement prolongée jusqu'à la nuit, le vote aux chandelles fut nul de plein droit, comme attentatoire au pacte fondamental. Jusqu'à la chute de la nationalité polonaise, on demanda, sans l'obtenir, ^abrogation de cette loi ridicule, votée à je ne saisquelle époque, dans un moment d'erreur, et perpétuée par un respect exagéré des anciens usages. —
Digiti;