‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 14 sur 108 · DU SOIR · texte numérisé non relu

DU SOIR

Que le vague murmure, et le fugitif son,

Qui, d échos en échos, va se perdant et roule, Quand le pâtre, le soir, achève sa chanson;

Qu’un fantôme des nuits qui s’éclipse ou s’élève; Que la volupté d’un beau rêve.

Oh! que ne puis-je, en m’élevant,

Voler jusqu’à toi, beau nuage,

Et m’endormir s tu- cette plage Que balance le vent'

Oh ! qu il est déjà loin ce moment éphémère ,

Ce moment ou la vie apparaît sous des fleurs !

Il ne m en reste plus qu’une pensée amère,

Et je l’ai vu glisser, l’œil humide de pleurs,

Comme un amant de loin , qui voit fuir son amante. Immobile d’extase, il regarde longtemps Onduler dans le vent, les longs plis de sa mante, trace de ses pas vaporeux et flottants;

Et quand la vision n’éclaire plus la plage,

Vers l’horizon désert, son cœur la suit encor!..

Oh ! qu ils sont loin ces rêves d’or Dont se berçait mon crédule âge !

Oh ! qu’il est triste le réveil ,

Quand la main, encore incertaine,

Sur la paupière se promène ,

Et brise l’erreur du sommeil !

Pour toujours, l’espérance aussi s’est envolée,

Et sur l’âpre désert qui borde mon chemin ,

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