DU SOIR
Que le vague murmure, et le fugitif son,
Qui, d échos en échos, va se perdant et roule, Quand le pâtre, le soir, achève sa chanson;
Qu’un fantôme des nuits qui s’éclipse ou s’élève; Que la volupté d’un beau rêve.
Oh! que ne puis-je, en m’élevant,
Voler jusqu’à toi, beau nuage,
Et m’endormir s tu- cette plage Que balance le vent'
Oh ! qu il est déjà loin ce moment éphémère ,
Ce moment ou la vie apparaît sous des fleurs !
Il ne m en reste plus qu’une pensée amère,
Et je l’ai vu glisser, l’œil humide de pleurs,
Comme un amant de loin , qui voit fuir son amante. Immobile d’extase, il regarde longtemps Onduler dans le vent, les longs plis de sa mante, trace de ses pas vaporeux et flottants;
Et quand la vision n’éclaire plus la plage,
Vers l’horizon désert, son cœur la suit encor!..
Oh ! qu ils sont loin ces rêves d’or Dont se berçait mon crédule âge !
Oh ! qu’il est triste le réveil ,
Quand la main, encore incertaine,
Sur la paupière se promène ,
Et brise l’erreur du sommeil !
Pour toujours, l’espérance aussi s’est envolée,
Et sur l’âpre désert qui borde mon chemin ,