I.E NUACE
Jamais je n’entendrai ce mot si doux : Demain ! Retentir à mon âme un instant consolée !
Oh! que ne puis-je, en m’élevant,
Voler jusqu’à toi, beau nuage,
Et m’endormir sur cette plage Que balance le vent!
Ne vous arrêtez pas en plaignant ma misère,
O vous, gais voyageurs ! qui fûtes mes ainis !
Riez dans ce chemin où le sort vous a mis :
Moi, je ne suivrai pas votre troupe légère!.. L’excès de ma douleur n’inspire que l'effroi.
Fuyez, fuyez, et laissez-moi.
Laissez-moi, comme on laisse, après la caravane, Un malade expirant, aux sables du désert...
Je ne puis plus porter cette verte liane Qui couronne vos fronts : hélas ! elle ne sert Qu’à rendre plus cuisant le chagrin qui me ronge!... Allez, que la pitié ne vous arrête pas:
Effleurez de vos joyeux pas Les roses du sentier, qui pour vous se prolonge. —
Oh! que ne puis-je, ep m’élevant,
Voler jusqu’à toi, beau nuage,
Et m’endormir sur cette plage Que balance le vent!
Près de Tardent foyer qui brûle et qui consume, lairsque Tonde, du vase, en blanchissante écume,
du soin.
A sauté par-dessus les bords.
Lorsque le vase est vide, il se brise... Le corps C’est le vase fragile, et l’onde c’est la vie,
Et le foyer, l’amour... O fantôme charmant!
Image de bonheur, et toujours poursuivie,
Et dont partout j’entends frôler le vêtement,
Et vibrer les accents, plus doux que ceux d’un ange, Vois, l’eau va se tarir, le vase se briser,
Si d’un peu de liqueur tu ne viens l’arroser.
Oh! permets seulement que je baise la frange De ta robe légère. Arrête un seul instant,
Que je puisse y toucher de ma lèvre enflammée... Oui , seulement cela... Puis je serai content :
La source de ma vie encore ranimée Rejaillira plus pure et plus claire en son cours...
Insensé! qu’ai-je dit? ces jours, ces tristes jours Qui pesaient sur ton cœur, pleins de deuil et de larmes. Crois-tu qu’ils t’offriraient maintenant plus de charmes? Voudrais-tu donc souffrir toujours?
Oh ! non ! oh ! non ! — Après l’orage ,
Je vois s’ouvrir sur un rivage,
Plus fortuné que celui-ci ,
Un beau port où celle que j’aime,
De sa félicité suprême,
Me convie à venir aussi!
Oh! qu’elle batte de son aile,
Dans l’ivresse de son cœur pur :