LÂ
Laissez, ô mes amis ! laissez-moi m’égarer Dans le fond des déserts!... Le chagrin, comme une onde Qui monte flot par flot, me submerge et m’inonde; Mon cœur déborde, oh ! laissez-moi pleurer!
Un doigt de plomb a passé sur ma bouche Et répandu sur moi la glace du linceul :
Le silence des morts n’a plus rien qui vous touche. Oh ! laissez-moi ! laissez-moi pleurer seul !
Laissez-moi m’enfoncer sous la feuillée ombreuse,
Je reviendrai bientôt, ce soir, quand il fait tard.