I. 'amitié peut encore y semer quelques fleurs
A Matas
q4 a mes amis
Haletant, accablé de soif et de sueur,
J’entrevis sur mon sol, qu’un âpre horizon cerne. Un point dans le désert, et c’était toi, Lucerne! Toi, ton Righi, ton lac... Alors je suis venu, Oubliant les ennuis d’un chemin triste et nu ;
Je me suis reposé dans ta fraîche vallée,
Et mon âme, un instant, près de toi consolée ,
A, dans un doux sommeil, engourdi ses douleurs.
J’ai respiré, le soir, le parfum de tes fleurs,
Et je ine suis penché sur tes eaux murmurantes.
J’ai confondu ma voix à tes brises errantes Qui roulent, sur les monts, dans tes bois de sapin.
Debout sur la montagne, au lever du matin,
J’ai vu la pourpre et l’or de l’aube orientale Rayonnant comme un dieu qui dans sa pompe étale, A l’heure du réveil, la lumière et le jour.
13 e la foudre et des vents j’ai franchi le séjour Qui donne le vertige au regard qui l’embrasse ;
J’ai mesuré l’abîme, et bondi sur la trace Qu’efileure de son pied le chamois effaré.
Dans le lit des torrents je me suis égaré Et j’ai gravi l’Esel, aiguille du Pilate,
Qui perce dans l’azur, quand te tonnerre éclate Au-dessous, dans l’abîme, et déchire ses flancs.
T J à< j’ai vu des glacière, aux fronts étincelants, Suspendre dans les cieux leur chaîne aérienne,
Et mon œil, n’ayant plus d’obstacle qui le gêne,