DE LUCERNE
Dans une région immense s’est lancé.
Quand la lune, le soir, recommence à décrire. Comme nn phare^mouvant suspendu dans les cieux, Sa route à l’orient... alors, silencieux,
J’ai regardé le lac... et j’ai vu la gondole,
De loin sur le miroir de la surface molle.
En cadence lever, baisser ses avirons,
Et creuser en sifflant d’étiucelants sillons ,
Comme un cygne qui vient d’une lointaine plage. Effleure le bassin, et trace un long sillage.
Du bout de l’aile, avant de s’abattre sur l'eau.
Oui, j’ai vu de ton sol le magique tableau,
O Lucerne! j’ai vu tes mœurs de patriarche,
Et trouvé dans ton sein la paix, comme sous l’arche Qui, dans les jours mauvais, sourit au voyageur.
J’y laisse des amis qui, sous les plis du cœur,
Dans mes souvenirs chers doivent garder leur place. Mais, quand du mal on porte une profonde trace,
La paix n’est qu'un sommeil et la joie un éclair.
La source, qui s’écoule à flot limpide et clair,
Ne forme plus un son dont l’oreille s’enivre :
C’est le bruit d’une voix qui s’acharne à vous suivre; Son humide bassin n’est que le cristal froid Où la lèvre recule et qui glace le doigt.
D’ailleurs, en la buvant, l’onde baisse et s’épuise, «
Et quand l’eau du désert, où le nomade puise Se refuse à la lèvre aspirant le ruisseau, . '