RÉALITÉ
El le charme n’est plus ! Comme l’éclair qui luit , Rend plus sombres après, les ombres de la nuit ,
Ou comme le miroir de la plage vermeille,
Où passa bouillonnant, l’eau du torrent la veille,
Et qui reflète au jour une douce chaleur,
Se térnit et se brise au* pieds du voyageur ;
Ainsi devant mes yeux le prestige s’efface,
Ainsi le rêve tombe, et l’illusion passe,
Et ne laisse au cœur rien qu’un plus sombre regret... Et la réalité plus triste m’apparaît...
Oui , j’entends cette voix aujourd’hui davantage Retentir : « Malheureux ! malheureux ! où vas-tu !...
« Tes efforts seraient vains : tu n’es plus de cet âge « Qu’aime l’adolescence.... »Et mon cœur abattu,
En se repliant sur lui-même.
S’est dit : « Ce n’est pas toi qu’on aime ! »
Hélas ! hier encor j'étais daus mou printemps :
Et voilà qu’aujourd’hui je suis d’un autre temps; Comme une onde, la vie en ma coupe se trouble.
Et n’est digne que de pitié.
Notre vie ici-bas est une échelle double,
Dont celle de Jacob n’était que la moitié !
Une impétueuse jeunesse Y monte, y monte avec ivresse En rasant des échelons d’or;
Avide, elle n’y voit encor Qu’une tresse qui sort fleurie Des doigts embaumés de l’amouf !
nÉAI.ITK.
De lu fleur lion épanouie (iliaque passion tour à tour.
Vient arracher quelque feuille,
Qui sous la main qui la cueille.
Se dessèche tous les jours.
Et l’on monte, monte toujours.
Et voilà que l’on est au faite...
Ici l’homme un instant s’arrête,
Se retourne derrière lui ,
Et voit que sa jeunesse a lui....
A ses pieds s’élance un autre âge :
Il le contemple avec regrets ,
Mais on n’y retourne jamais!
ï'je temps le presse.... il envisage I, 'échelle de l’autre côté,...
Et son œil reste épouvanté !...
L’échelle pose dans un gouffre.
Et l’hoinme y descend lentement :
Vieillard qui se plaint et qui souffre, Et qui regarde en haut souvent.
Il voit son échelle flétrie....
Plus de guirlandes, plus de fleurs... Alors, sur sa joue amaigrie ,
Il laisse ruisseler des pleurs. ,
Et s’il rit, sa joie est factice...
Pourtant, ô faiblesse 1 sa main Serre l’échelon incertain ;
Et de son pied , qui souvent glisse ,
m>8 réalité.
Il cherche à s'appuyer, tremhlanl :
Parfois, il s’excite, il s’anime;
Eli vain. L’échelon vacillant Craque et se brise... et dans l'abîme Tombe, et disparaît le vieillard.
Et voilà que j’arrive au sommet de l’échelle.
Et de tous les trésors dont sa base étincelle Ma main n’a rien touché. D’un avide regard Je n’ai rien demandé plus haut : rien, et ma vue Ne s’est point arrêtée. Et jamais la beauté N’a dirigé mes pas de son doigt enchanté ,
Et n’a daigné sourire à mon âme éperdue....
J’ignore encor le sens qu’on attache au bonheur.
Je ne l’ai point compris. Ce mot me paraît vide.
Hélas ! je n’ai jamais senti que la douleur!
Et j’arrive au sommet, et, de ma course aride l^as, et plein de dégoût, je me retourne aussi.
O long étonnement ! j’aperçois dans la foule Un auge... Mais sou œil ne vient pas jusqu’ici.
Le flot harmonieux, qui par sa bouche coule.
Coule pour un autre âge, hélas ! et sans espoir,
Je la regarde encore.... encor... Le temps me pousse, Et me pousse sans cesse... encore une secousse. Peut-être, et mon regard ne doit plus la revoir!....
Cf Porte.
KiirfwHI , my Inved b»rp ' mv la-l lrf»Mirf . hrpwrîl!
\\ . Scott.
L’or, avant (Je briller, attendait sous- la terre,