‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 37 sur 108 · I.H nuage ne sait qu’il renferme la foudre · texte numérisé non relu

I.H nuage ne sait qu’il renferme la foudre

Qu’à l’instant où son Dieu, qui va réduire en poudre, La prend pour écraser.

L’or, la fleur tendre et l’orgue, et la harpe divine,

\jr salpêtre tonnant, mais qui dort dans la mine,

La foudre..., c’est le cœur,

C’est le cœur du poète... et, pour qu’il se décèle, Retentisse ou foudroie, il faut une étincelle.

Un ravon de chaleur.

la douleur quelquefois, en passant dans sa vie, L’ambition, la gloire, à l’héroïque envie.

Peuvent le mettre au jour...

Mais un autre pouvoir, un pouvoir plein de charmes. Le manifeste, gros de soupirs et de larmes:

C’est celui de l’amour.

Jeune fille au front pur, à la douce parole,

Tu planes sur le cœur que fait vivre ou cojisole Un seul de tes rayons !

Quand ton culte enivrant embrase le poète,

II frissonne, il déborde, et la flamme qu’il jette,

Roule par tourbillons!

IjCs grandeurs d’ici-bas deviennent des atomes;

Il ne voit plus surgir que célestes fantômes

LF. PO FTP.

Qui bercent son sommeil.

La terre disparaît dans toi, vierge candide!

lit voilà qu'il se crée un monde plus splendide Où ton regard est le soleil !

Kt dans ce monde à lui, que ta lumière dore,

Si parfois ton image à l’amant qui l’adore,

Refuse sa clarté,

Tout s’y trouble et languit, tout y devient ténèbres. Confusion, horreur, et des spectres funèbres Peuplent l’obscurité.

Il exhale des chants pleins de mélancolie; lai foule avec mépris l’accusant de folie,

L’observe d’un œil froid.

Liiez ses frères, il reste étranger sur la terre.

Et quand par les chemins il passe solitaire,

On le montre du doigt !...

Que le monde sourie, ou l'insulte, n’importe!... Quand l’inspiration sur ses ailes l’emporte,

Il ne s’arrête pas,

Et jamais ne répond à l’amère ironie.

Qu’en signalant au loin, par des flots d’harmonie, La trace de ses pas.

l>e bonne heure il connaît les extases de l’âme,

Et chaque émotion se grave en traits de flamme • .<• Dans son sein qui se fend.

Jamais légèrement le pliasir ne l’effleure,

| I 1 LF. POÊTF.

Ni jamais la tristesse, et pour un mot il pleure,

Ou rit comme un enfant.

Il adore ses bois, son berceau de charmille;

El son cœur, loin du toit, où vieillit sa famille, . Ressent l’isolement.

En un être vivant chaque objet se transforme ; - Autour de lui tout prend une voix, une forme,

Une âme, un sentiment !

Tantôt , seul , égaré dans la forêt profonde ,

Sur la feuille il s’assied... et loin des bruits du monde,

• La tête dans ses mains,

Sous les chênes touffus, dont frémissent les faîtes,

Il écoute chanter, dans leurs sublimes fêtes, r Le chœur des séraphins!

Quand des soirs l’Angelus vient percer le silence. C’est un accent plaintif qui dans l’air se balance, Promené par les vents.

C’est une voix des morts qui sortent de leurs bières, Et viennent réclamer souvenir et prières Au monde des vivants!

Les bras croisés en long, tourné vers le nuage,

Il regarde dormir cette lointaine plage,

Où notre âme aussi va.

Et les voûtes du ciel sont celles d’un grand temple. D’où, sur l’homme à genoux, qui prie et le contemple, Luit l’œil île Jéliova!

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