‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 47 sur 108 · DITE · texte numérisé non relu

DITE

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S. PlLLKO.

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Le temps s’échappe, et glisse imperceptible.

Comme l’eau de la main.

Il passe vite, et le flot invisible Sillonne son chemin.

Les riches fleurs, qui dorent la prairie,

Ne vivent qu’un printemps ,

Et dans l’hiver, les bois livrent flétrie Leur dépouille aux autans.

USBETH.

Tout fuit, tout meurt. I.* jour au jour succède. Ou plus sombre ou plus beau.

L’eufant qui vient sur le sol qu’on lui cède Grandit près d’un tombeau.

Ix; temps, le temps, dessèche et rend arides Nos seins bouillants d’ardeur;

On a beau faire : il creuse aussi des rides Où brillait la candeur.

De la candeur!... Lisbeth était aussi candide; Souvent le voyageur a fait avec son guide Cent stades pour la voir; et , jamais d’Obcrland Personne n’eût osé chez lui revenir, quand Sur le lac azuré de la plage étrangère,

On n’avait fait ramer la belle batelière.

Et pourtant aujourd’hui, dans un humble chalet... Mais avant, dites-moi, connaissez-vous Lisbeth?...

Lisbeth a pris naissance au hameau d’Undersée: Jamais par une mère elle ne fut bercée :

Sur un tombeau sa vie a d’abord palpité.

De plus, elle vint pauvre au jour; la charité Eut soin de son berceau , déjà mis à l’épreuve.

La charité qui donne une obole à la veuve,

Ne laisse pas non plus dépérir l’orphelin.

De la charité donc elle mangeait le pain,

LISRETH.

Lorsque, pur un beau jour que la neige croulée Fondait paisiblement au fond de la vallée,

Des monts laissant verdir le splendide rideau ,

Une dame d’un sang royal passe au hameau, S’intéresse à Lisbeth, dans sa riche berline,

Près de Saint-Pétersbourg, emporte l’orpheline.

Son amour pour Lisbeth avait grandi si vif,

Qu’elle voulut plus tard, comme enfant adoptif,

Près d’elle, en son palais, fixer sa destinée.

Dieu seul connaît nos cœurs... L’ange de l’hyménée, Qu’on lui montre attendant sur un chevet doré, L’aspect de l’avenir, brillant et coloré,

Qui, portant son regard d’images en images, L’environne d’amour, de vassaux et d’hommages, Tout est vain ; et son cœur ne pourrait résister Au sentiment plus fort qui le fait palpiter;

Le même que la fleur, dont la tige est flétrie , Éprouve sur uu sol qui n’est pas sa patrie ;

Devant qui tout s’éteint, — -jusqu’à l’ambition.

Tu feras bien, Lisbeth ! Va, retourne au canton , Dans le pays natal. Va, fille d’Undersée!

La bure des hameaux , de vétusté percée ,

(Retiens ceci toujours), oui ! l’habit campagnard Est moins lourd à porter que le poids du brocart. L’ennui s’y loge moins, le cœur y bat plus libre :

De nos destins divers, pour fonder l’équilibre.

Dieu dans la pauvreté mit uu riche trésor

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