‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 48 sur 108 · I.ISRKTII · texte numérisé non relu

I.ISRKTII

De jouissance intime, — et le dégoût sous l’or...

Ton pays est si beau , c|ue rien ne le remplace.

Oui , la froide Russie a bien scs monts, sa glace;

Mais ce n’est pas de même... il n’est qu’un sol natal!... Basilique des airs, colonnes de cristal.

Scintillant de l’éclat de vos mille facettes !

Torrents roulant d’en haut vos ondes inquiètes,

Et dont la sourde voix gronde au vallon d’Asli ! Teintes au haut des monts, quand le jour a pâli ! Diadème enflammé sur la tête de reine D’Iuugfrau la superbe! Et vous, onde sereine Des lacs dont une ville a séparé les eaux !

Helvétie ! Helvétie ! où sont tes grands tableaux ?...

D’ailleurs aussi parmi les filles de ton âge ,

Tu seras, ô Lisbeth! la première au village;

Et la coquetterie, à croire certain bruit.

Depuis qu’Éve attira l’homme vers certain fruit , Aurait toujours un peu d’empire sur la femme.

Certes, celui qui parle ainsi, ment et diffame.

Mais dût ce blâme encor ne pas tomber à faux ,

Qu’on t’aimerait, ô sexe ! avec tous tes défauts !...

Or donc, Lisbeth quitta sa brillante carrière;

Elle revint au bourg, elle fut batelière.

Chaque année, au mois d’août, d’étrangers en son sein l.'Oherland voit venir riche et brillant essaim.

LISBETI1.

De contrastes tranchants le pays se colore , Et l’on voit dans sa vie une autre vie éclore. C’est un beau spectacle !

L’Anglais ,

Dans son orgueil , sourit et donne; Loin de son Paris , le Français Rêve d’opéras qu’il fredonne,

El promène des yeux distraits.

L’Allemand pense et fume.

L’Italien, dont l’œil s’allume.

Jette de rapides éclairs.

L’Américain d’un autre monde,

A travers sa route profonde , *

Arrive du bout des mers.

Et le grave enfant du prophète.

Qui du Bosphore vient là ,

Se touche des deux mains la tête,

Et dit en se courbant : Allah !...

Ces groupes que l’été ramène , Passent tour à tour sur la scène,

Au regard de l’observateur.

De chaque pays c’est la fleur;

Et si près de soi l’on s’étonne D’entendre appeler de ces noms , Dont l’éclat grandit et résonne.

En traversant les nations.

MSBETI1.

Alors, de ces mains étrangères,

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