LÉT.ENDE DE L K BRIE
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Craignez, gentilles moissonneuses, Craignez le$ dangers du sommeil ; Sous la gerbe à l’épi vermeil,
Ne faites point les paresseuses.
lorsque le soleil de juillet,
Dardant sur les plaines brûlantes, Crispe les feuilles sur leurs plantes, - Et dans les sillons le bluet ;
Que sous les touffes de genêt Se blottit la caille craintive;
, JKANNKTTF.
Et que le chaut doux de la grive ,
Qui parle au cœur quand il est noir, l)e sa note longue et plaintive Ne charme plus la paix du soir;
Que l’avoine, molle et passive,
Plie à chaque souffle du vent,
Et fait craqueter ses clochettes ;
Que le pâtre, au soleil levant,
Quitte sa demeure à roulettes;
Que comme un point, les alouettes Montent, montent au firmament,
En bredouillant leurs chansonnettes ; Que les blés, comme des vieillards, laissent tomber leurs têtes pleines...
Alors , j’aime à voir dans les plaines S’agiter des groupes épars, l^es uns, armés de la faucille.
Baignant les sillons de sueur,
Viennent dans le blé qui pétille. Accomplir la loi du labeur.
D’autres, au bord d’une fontaine.
Accroupis ou penchés en rond ,
Et du bras s’essuyant le front,
Hument le creux de leur main pleine. > lit , sur le revers d’un coteau ,
Près d’un char, un monde s’agite.
Voyez! les chevaux qu’on excite Gagnent lentement le hameau;
Et le chariot roule et crie.
t.A MOISSONNEUSE.
Quand le soir assombrit les champs,
Chaque bande à la métairie S’annonce de loin par des chants.
Alors, gentilles moissonneuses,
Craignez les dangers du sommeil;
Sous la gerbe, à lepi vermeil,
Ne faites point les paresseuses !
Jeannette, hélas ! pour son malheur,
S’était couchée à la chaleur,
Et sous la gerbe, à la nuit noire Dormait encore : son histoire Est véritable — écoutez-la.
Jeannette... mais, depuis cela.
Il s’est passé bien des années,
Et, sur bien des tombes fanées ,
Le temps a mis ce mot : Oubli !
Jeannette était, dans son village.
De grâce un modèle accompli.
Son front était blanc et poli ,
Comme une vierge, dont l’image,
Du bloc par l’artiste assoupli,
Vivante et pure se dégage!
De ses longs cils où l’azur nage Le regard tombait amolli !
Elle était belle, et surtout sage.
On l'adorait: car, au vieux temps,
On n 'était pas comme nous sommes :