‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 55 sur 108 · LÉT.ENDE DE L K BRIE · texte numérisé non relu

LÉT.ENDE DE L K BRIE

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Craignez, gentilles moissonneuses, Craignez le$ dangers du sommeil ; Sous la gerbe à l’épi vermeil,

Ne faites point les paresseuses.

lorsque le soleil de juillet,

Dardant sur les plaines brûlantes, Crispe les feuilles sur leurs plantes, - Et dans les sillons le bluet ;

Que sous les touffes de genêt Se blottit la caille craintive;

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Et que le chaut doux de la grive ,

Qui parle au cœur quand il est noir, l)e sa note longue et plaintive Ne charme plus la paix du soir;

Que l’avoine, molle et passive,

Plie à chaque souffle du vent,

Et fait craqueter ses clochettes ;

Que le pâtre, au soleil levant,

Quitte sa demeure à roulettes;

Que comme un point, les alouettes Montent, montent au firmament,

En bredouillant leurs chansonnettes ; Que les blés, comme des vieillards, laissent tomber leurs têtes pleines...

Alors , j’aime à voir dans les plaines S’agiter des groupes épars, l^es uns, armés de la faucille.

Baignant les sillons de sueur,

Viennent dans le blé qui pétille. Accomplir la loi du labeur.

D’autres, au bord d’une fontaine.

Accroupis ou penchés en rond ,

Et du bras s’essuyant le front,

Hument le creux de leur main pleine. > lit , sur le revers d’un coteau ,

Près d’un char, un monde s’agite.

Voyez! les chevaux qu’on excite Gagnent lentement le hameau;

Et le chariot roule et crie.

t.A MOISSONNEUSE.

Quand le soir assombrit les champs,

Chaque bande à la métairie S’annonce de loin par des chants.

Alors, gentilles moissonneuses,

Craignez les dangers du sommeil;

Sous la gerbe, à lepi vermeil,

Ne faites point les paresseuses !

Jeannette, hélas ! pour son malheur,

S’était couchée à la chaleur,

Et sous la gerbe, à la nuit noire Dormait encore : son histoire Est véritable — écoutez-la.

Jeannette... mais, depuis cela.

Il s’est passé bien des années,

Et, sur bien des tombes fanées ,

Le temps a mis ce mot : Oubli !

Jeannette était, dans son village.

De grâce un modèle accompli.

Son front était blanc et poli ,

Comme une vierge, dont l’image,

Du bloc par l’artiste assoupli,

Vivante et pure se dégage!

De ses longs cils où l’azur nage Le regard tombait amolli !

Elle était belle, et surtout sage.

On l'adorait: car, au vieux temps,

On n 'était pas comme nous sommes :

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