LK MONT S'-GOTHARD
I m lune y répandait son éclat incertain,
Et les bruits de la fête expiraient au lointain.
11 venait d'Italie une enivrante haleine!
Et Juana, de joie, et de valse encor pleine, D’innocence perdit le trésor sans retour!...
Et longtemps de l’allée ils suivirent le tour :
A la vie, à la mort, en lui jurant constance,
Fritz avait, à la fin, vaincu sa résistance.
Et puis, en le quittant, elle avait répété:
« A la vie, à la mort! et pour l’éternité! »
Fritz ne crut pas son âme en ce serment liée,
Et Juana, bientôt, par lui fut oubliée.
Pleurant son infamie , en proie à la douleur,
La honte la flétrit , comme un vent une fleur!...
Un soir, du cimetière, où reposait sa mère,
Fritz entendit partir comme une plainte amère :
« A la vie, à la mort, et pour l’éternité!... »
Et cette image alors, dans son cœur agité, Longtemps tourbillouna comme une flamme étrange... Enfin il se tourna, pour rendre grâce à l’ange,
Du lit de Juana dans Altorf accouru :
Mais déjà dans la foule il avait disparu.
Fritz prend sa carabine , à partir se dispose :
Un essaim de beautés à son départ s’oppose.
« Comment! jeune étranger! tu veux partir! comment ! h Toi y de notre banquet, la gloire et l’ornement!
■1 Songe que tout plaisir, sans toi, lui disaient-elles,