‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 64 sur 108 · IE PETIT · texte numérisé non relu

IE PETIT

Par la porte, par la fenêtre,

C’est bon!... je ne vois rien paraître...

Ouf! voilà ma main qui la tient — Détachons-la. • — Qu’elle est jolie!

Regardons de plus près encor :

Que cette surface est polie!

Dieu ! connue c’est donc doux, de l’or

Approchons-la de mon oreille...

Si pourtant... elle était à moi,

Je serais plus heureux qu’un roi , * Et, dans mon pays, triste et froid, Non! jamais fortune pareille...

Tic-tic! tic-tac! tic-tic! tic-tac!

Plus je la liens, et plus je l’aime...

O richesse! ô bonheur suprême!...

Si j’Ia cachais dans c’petit sac Que si souvent dans la semaine.

J’ouvre pour recompter l’aubaine Que je gagne avec tant de peine.

Et jusqu’au moindre petit sou Qu’on donne dans les châteaux, où Souvent la misère me mène!...

Alors... oh! je n’aurais plus faim !

Car c’est l’or qui donne du pain.

Je serais heureux pour la vie;

Mon sort serait fait, et certain.

A mon tour je ferais envie.

Dieu! quel bonheur que celui-là!

RAMONEUR

Et c’est une si belle chose, Le bonheur!... •

D’où vient que je u’ose?.

Personne pourtant, vient par là...

Non : mais quelque chose me trouble...

Ça me dit que je fais pas bien...

Ah! fi donc! ma honte redouble!...

Oui ! pressant mon cœur sur le sien , Avant de mourir, mon vieux père Pleurait et me disait souvent :

« Songe toujours, ô mon enfant!

« A l’honneur, et ne désespère « Jamais de la bonté de Dieu.

« Souviens-toi qu’il est en tout lieu...

« Surtout, enfant de la Savoie,

« Garde toujours devant tes yeux « Le noble exemple des aïeux !

« Oh! marche, ainsi qu’eux, dans la voie « De l’honneur! »

Vois-tu, de l’honneur L Oh ! là, dans le fond de mon cœur C’est sans doute sa voix qui crie,

Qui me répète et qui me prie De renoncer vite à tout ça.

Près des joujoux de l’opulence Souvent mon vieux père passa,

Put ! sifflant plein d’indifférence!

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