LE LION
Près d’un mont solitaire, et c’est dans le rocher Qu’il a choisi sa tombe.
Un soldat, échappé comme un mort du cercueil , Des débris palpitants d’une cause qu’il aime.
Vêtu comme autrefois, explique avec orgueil Cet énergique emblème.
Il est beau de le voir, vivant emblème aussi.
D’une fidélité qui grandit à l’épreuve,
Redire au voyageur qui passe par ici,
D’en contempler la preuve!
L'œil attendri peut voir revivre au pied du bloc,
Les héros dont la mort a brisé les entraves :
Car la Suisse a gravé, sur les veines du roc,
Tous les noms de ses braves.
En arrivant auprès du pieux monument ,
Un murmure de sons au cœur se fait entendre,
Et l’âme, dans ces lieux, éprouve un sentiment Mélancolique et tendre.
1j 3 voix du rossignol y chaute ses douleurs;
Et l’onde qui descend d’une pente rapide,
En s’infiltrant toujours, tombe, comme des pleurs, Dans un bassin limpide.
Sur le haut du rocher, le chêne et le sapin Étendent dans les airs leurs palmes de verdure,