MOURANT
Kl les saules du deuil trempent dans le bassin Leur longue chevelure.
... Là, dans les marronniers, au bord de ce chemin,
Se cache sous l’ombrage une blanche chapelle,
Où le prêtre viendra, pour y bénir demain,
Les morts qu’elle rappelle.
On verra des vieillards venir en cheveux blancs ,
Des stigmates de gloire à leurs fronts funéraires,
Rouler leur chapelet entre leurs doigts tremblants,
Et prier pour leurs frères !
On y verra leurs fils, à genoux soupirer,
Et des sœurs, des amis, la troupe inconsolée,
Pleurer ces derniers morts, dont l’ombre vient errer Autour du mausolée.
Ab! pleure au souvenir de ton vieux dévouement !
Dans les seins généreux ta douleur est sentie.
Pleure! demain est triste!... Ab! pleure amèrement, Lion de l’Helvétie!
Le dix août encore est tout rouge de sang!...
Suisses ! et nous, Français, dont les cœurs corresponde!!
Venons tous! et qu’auprès du lion gémissant Nos larmes se confondent !...
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Ils entrent... Yoyez-les , de leurs mains vacillantes, Se conduire à tâtons, se suivre, s’enlacer,
Comme les bras épars de tortueuses plantes.
Puis se tournant vers vous, en face se placer, ils chantent! Quelle voix mélodieuse et pure!
Et leurs accents, qu’unit l'instinct de la mesure. Sont doux , doux comme l’est la résignation.
Voyez-vous, quand leur voix dans le festin s’élève, On s’arrête étonné: tout autre bruit s'achève,
Et le cœur par degrés , ivre d’émotion ,
Flotte, comme bercé sur les ailes d’un rêve.
LFS