‹ Heures d'insomnie par le C.te L. de MaricourtChapitre 7 sur 108 · TROIS ANS · texte numérisé non relu

TROIS ANS

Oh ! comine pour celui qui reste sur la terre, i Vivre est un lourd fardeau!

O moitié de moi-même, épouse, sœur, amie,

Ange à l’œil caressant, au sourire vermeil ,

Que je fus seul , le jour où tu t’es endormie De ton dernier sommeil !

Va, depuis, ne crains pas, qu’un instant oubliée,

Ton image sacrée ait fui devant mes yeux ;

Dans le fond de mon cœur elle est toujours liée A l’image des cieux.

J’aime encor voir flotter ta chevelure blonde,

Ton front qui de demain jamais ne réfléchit ,

Et qui distrait se penche, et se mire dans l’onde Du vieux pont qui fléchit :

Et puis cette saillie, et cette pétulance,

Ce rire toujours prêt, et ces membres parlants,

Et ce corps qui va , court , et s’arrête , et balance ,

Et revient à pas lents....

Mais son cœur, comme un lac, où le vent qui voltige Peut se jouer au bord , sans altérer le fond , Répondait, toujours tendre, à l’âme qui s’afflige, Par un écho profond.

Page 1