TROIS ANS
Oh ! comine pour celui qui reste sur la terre, i Vivre est un lourd fardeau!
O moitié de moi-même, épouse, sœur, amie,
Ange à l’œil caressant, au sourire vermeil ,
Que je fus seul , le jour où tu t’es endormie De ton dernier sommeil !
Va, depuis, ne crains pas, qu’un instant oubliée,
Ton image sacrée ait fui devant mes yeux ;
Dans le fond de mon cœur elle est toujours liée A l’image des cieux.
J’aime encor voir flotter ta chevelure blonde,
Ton front qui de demain jamais ne réfléchit ,
Et qui distrait se penche, et se mire dans l’onde Du vieux pont qui fléchit :
Et puis cette saillie, et cette pétulance,
Ce rire toujours prêt, et ces membres parlants,
Et ce corps qui va , court , et s’arrête , et balance ,
Et revient à pas lents....
Mais son cœur, comme un lac, où le vent qui voltige Peut se jouer au bord , sans altérer le fond , Répondait, toujours tendre, à l’âme qui s’afflige, Par un écho profond.