E I.A FOI.IJE-FI ANCÉE
« Où j’avais vu d’en bas le fantôme approcher.
« J’y retourne à l’aurore, à l’heure où je m’éveille,
« Et vois que l’on a pris tous les fruits de la veille!... « Et depuis ce temps-là, du glacier, son séjour,
« l.e fantôme revient au panier chaque jour.
— u Mais pourquoi l’avez-vous appelé la fiancée?
— « Son vêtement, monsieur, m’en donna la pensée : « Son front est couronné d’un bandeau d’oranger. »
Ce mot fit tout à coup tressaillir l’étranger.
« Je veux, s’écria-t-il, je veux voir le fantôme.
— « Ce n’est pas chose aisée; au plus léger symptôme « Qui de loin lui révèle un seul être vivant,
a Sa forme au glacier vole et fuit comme le vent.
« Et pour prendre les fruits au rocher qu’elle effleure, « I.,a fiancée a toujours le soin de changer l’heure.
— « Peu m’importe! avec vous je veux partir ce soir, « Et seul, en l’attendant, au pied du roc m’asseoir. »
L’étranger à ces mots, malgré sa tête grise,
Avec Antoni part, et d’un pied sûr il frise Le sol durci qui craque avec un léger bruit.