A LA MÉDITERRANÉE
Quand Dieu de l’univers fixa la destinée,
Il sembla décréter, 6 Méditerranée!
Que tout prodige irait illustrer ton bassin.
A son lever c’est toi qui réfléchis l’aurore;
De tout temps l’on a vu les grands hommes éclore Au souffle fécondant exhalé de ton sein.
Souvent, sur toi penché, s’inspira le prophète,
Et ta brise a passé sur la divine tête Qui racheta le genre humain!
Jusqu’à la fin des temps ta vague doit bruire;
Tes bords ne sont point las , à force de produire ; Tout change devant toi , mais tu ne peux changer. Et peut-être qu’un jour, sur tes brillants rivages,. Les nations viendront , confondant leurs langages , Et la main dans la main , s’unir et se ranger ;
Et que celui qui doit pacifier la terre,
Au moment où je parle est errant, solitaire,
Sous tes longs berceaux d’oranger.
Sainte |J!)Uamène.