‹ Heures de philosophieChapitre 77 sur 102 · DXLIX · texte numérisé non relu

DXLIX

La croyance aux tables tournantes est le produit d’une époque de matérialisme, où l’esprit cherche à se diversifier dans les éléments. Elle est comme le fruit d’une maladie spirituelle qui produit la désagrégation. Dieu ne règne plus ; on est dans la fantaisie des sens, ballotté par la cohue d’esprits sans règle et vagabonds.

DL

Entre ne point s’occuper de Dieu — seul être qui existe véritablement — parce que, comme tant d’infortunés, on est accablé par un labeur journalier qui prend tous les instants, et attaquer la croyance en Dieu, dans le seul but d’anéantir le sentiment de l’infini qui vit au cœur des hommes, il y a toute la différence de l’ignorance à la présomption. Le sceptique se fait ici affirmatif : il est sûr du néant. Il serait donc infaillible dans la question la plus profonde, la plus obscure!

Entre nier l’immortalité de l’ànie et nier Dieu il y a un abime. Mais comme, en ce siècle, on n’y va pas de main morte, on met toutes les pensées spiritualistes dans le même paquet, et on le

jette à la mer : — l’âme est invisible, donc l’âme n’est point; donc Dieu n’est point. O déformation cérébrale, on ose ainsi déduire! Et pour devise on prend : Tout ou Rien. On ne croira plus qu’à l’existence de ce qui se dépeindra dans la rétine, soit naturellement soit par le télescope ou le microscope!

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