‹ Heures de philosophieChapitre 87 sur 102 · DLXI · texte numérisé non relu

DLXI

Si l’homme a le goût de la liberté, il a aussi en lui l’instinct de l’obéissance. C’est la raison éternelle qui lui conseille d’obéir. Plus il aime, plus il recherche le joug auquel il puisse s’assujettir en l’honorant. Il s’arrache ainsi à un autre joug, bien plus cruel : celui du caprice. Nul n’est plus humble et plus soumis que l’amant en présence de l’objet de son adoration. Quoi de plus noble que l’obéissance née de l’amour divin? Que d’infortunés gémissent du poids d’une liberté qu’ils ne peuvent utiliser en se créant des devoirs! Ce qui devait enfanter leur bonheur ne leur suscite qu’inquiétudes. La conscience de leur dispersion morale cause leur misère.

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