‹ Heures de philosophieChapitre 88 sur 102 · DLXII · texte numérisé non relu

DLXII

On passe de l’amour du Beau à l’amour du Vrai et à l’amour du Juste; plus rarement de l’amour du Juste et du Vrai à l’amour du Beau. Bien qu’en leur essence ces amours n’en forment qu’un seul, ils prennent dans le monde extérieur des directions diverses, et correspondent à l’esthétique, à la philosophie et à la politique. L’amour du Beau est le plus varié en son expression, qui est changeante, comme la nature; l’amour du Vrai est flottant en ses imaginations, comme l’esprit humain; l’amour du Juste, serré entre les faits, est précis comme une loi, et le même pour tous.

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Sentir vivement la nature en ses moindres détails, et trouver les expressions conformes à ses sentiments, tel est le secret de l’art pour le romantique; chérir un type de beauté et de vérité universelles, et ne l’exprimèr que par des paroles nobles et consciencieuses, tel est le secret de l’art pour le classique. De

part et d’autre, il faut des qualités innées, soit la sensation pure née de la perfection de l’organisme, soit le sentiment de l’idéal, don de Dieu.

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