‹ Heures de poésie (volume 2)Chapitre 29 sur 55 · KDE DES MATHURINS-SA1NT-JACQUES, S · texte numérisé non relu

KDE DES MATHURINS-SA1NT-JACQUES, S

JDottii et Jori

PE,ÉFAOS.

(( Le cœur seul est poète, » André Chénier en donne à-la-fois le précepte et l'exemple; mais à l'époque où ce grand homme chantait , la poésie, chargée de son attirail mythologique,

ne s'était point faite encore religieuse et populaire. Cétaitla muse grecque costumée à Tantique. André le premier n osa que rarement lui faire prendre part au grand drame qui se jouait alors. Aujourd'hui la Muse^st une vierge chrétienne, sévère et forte 5 elle porte, comme Jeanne d*Arc, Tarmure des chevaliers y et dans la lutte générale des opinions et des principes , elle ne craint pas de combattre au premier rang. Harmonieuse et sainte, elle inspire Lamartine; catholique et plus austère , elle fait parler T urquety 5 politique, elle s'arme, indignée, du sanglant iambe de Barbier. Cest que Thomme , mûrj par les révolutions , ne croit plus que les plaisirs et leschants d'amour suffisent pour remplir^

80.n. existence. A la société qui s*ébranle il faut de jeunes et fermes soutiens ; aux esprits qui s'égarent il faut la vérité. Dans ces circonstances graves, le poète s'est ressouvenu qu'il fut le premier des législateurs. Comme Eschyle , il veut aussi servir sa patrie.

Si le talent nous manque , le courage du moins ne nous manquera pas ; si nous n'avons pas l'autorité d'un nom connu , nous aurons celle que donne la conviction. C'est une voie d'avenir que nous oeuvrons devant nous .

l'honneur et la foi pourront seuls nous guider. Ces deuxmots, gravés au cœur de nos pères , seront-ils sans vertu à cette époque de renaissance? N'est-ce pas Thonneur et la foi , la reli<gion et la patrie , qui doivept commencer

le culte que nous rendons au moyen-âge ?

Imitons du moins par la pensée la rude in*»

dépendance du vieux temps , et ne courbons nos fronts que devant la vérité.

Nous nous appliquerons , en finissant , ces paroles du bon Malherbe : c< Lecteur, si tu » crains Dieu , je ne crains point ta censure » pour mon intention : tu la trouveras sainte » et bonne y comme tendant à Fhonneur de » Dieu y aujourd'huy tant déprisé par les » grans du monde. Pour les vers, je les » abandonne à ta lime ; j'apprendray de toy )» leurs manquemens et les déformités , que » je ne sçaurois pas peut-être si bien apper- » çevoir comme tu pourras faire , pour rai- » son du fol amour qui ordinairement nous

» aveugle au jugement de nos enfans. Je » seray Appelle cependant* derrière le ri- » deau , attendant ou ta faveur qui m'encou- » rage , ou ta censure qui m'apprenne une » autre fois à faire mieux.

» Adieu ! )i

3tt peuple

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