DEUX SOEURS
Laissez-moi TOtis chanter, ô n^ jeiined amies !
Tous qu'avec tant d'or^éil )e noiiiikie aussi mes soeurs,
le me plais à vos jeux, j'aime Vos rêveries,
Vos jolis riens, pour nous, sont des choses chéries
Que nous conservons dans nos cœurs.
Laissez-moi tous clianter ! . . demain hélas! l'aurore Sur TOUS au même instant ne se lèTcra plus :
Tous, lli jmen tous attend ; mais Totre sœur dévore Une larme à l'écart :»je Teox clianter encore Des nœuds qui TOnt être rompus.
Je ne tous Terrai plus confondre TOtre vie Dans les mêmes devoirs, dans les mêmes plaisirs ; Flatter le doux orgueil d'une mère ravie, Et bannir du foyer la douleur poursuivie Par ,1a gaieté de vos loisirs.
Je ne tous Terrai plus sous les mêmes parures Aux plus simples tissus confier tos attraits, Au même liTre , ensemble, emprunter tos lectures, L'une en l'autre épancher vos deux ames si pures.
Qu'un souffle ne ternit jamais.
— Mères ! de vos enfans, votre unique richesse , Héla? ! bien peu de temps seules Vous jouissez : Lorsque de leurs succès vous partagez l'ivresse , C'est dire avec orguril, mais non pas sans tristesse : y oilà mon trésor , choisissez !
1^ u n'as rien envié , toi qui deviens mon frère , A ceux qui , pour choisir, les premiers sont venus ; Car ces beaux rejetons d'un arbre qu'on révère , Toui^-tour ont puisé dans le sein de leur père Mêmes dons et mêmes vertus.
Et toi dont le regard suit ta sœur , ton amie , Qui voudrais qu'a toi seule elle dût son bonheur, Crains-tu qu'un Vendéen à qui Dieu la confie , ï'idèle au roi qu'il sert, fidèle à sa patrie
Traysfe 1^ nrmou àa eamr?
Pour toi , je le coDàprends, Tàbsenee esl doulouteuse; Mais du eheix qm'elle a fait si tos cqeiiF est jaloux y En Toyant èoii bonhev ta te oraîma keuseafe y Et peut-être bieu^ tu bet^e^as^ joyeuse , Ses bea«x enfant svùr tes genoux.
Four chasser tous les pleurs tu restes la dernière. . . Ainsi voit-on souvent ^u milieu des beaux jours , Quand de petits oiseaux une famille entière Prend son vol ; le dernier éclos reste , et sa mère Bat de Taile et chante aux amours.
NoTembre l856i