‹ Heures de poésieChapitre 14 sur 23 · LA PERVENCHE · texte numérisé non relu

LA PERVENCHE

Le jour baisse et le ciel gronde , L'éclair vole à Thorizon , Le torrent enfle son onde ; Entends-tu? crains qu'il ne fonde Sur ton abri de gazon.

Oh! ne prends pas pour l'aurore Ce rayon qui tombe encore Et meurt sur ton lit de tliym.

Non , non , tu t'es oubliée ; Tu ne t'es point éveillée Au frais baiser du matin.

A présent ce n'est plus l'heure !

Ce froid rayon qui t'effleure

I^A PERVENCHE. m

Ne t'apporte qu'un adieu.

Vois, quand tout décline et pleure ,

S'il fait bon naître, ô mon Dieu !

Le chêne antique qui penche Sous le vent sa forte branche Reparaît quand le jour luit; Mais le lis , mais la pervenche , Mais la fleur fragile et blanche Disparaissent dans la nuit.

Quand la vie est un vertige, Quand le cœur abandonné Cède à lout ce qui l'afflige ,

112 LA PEEVENCHE.

Gomme au vent la faible tige , Est-ce un bonheur d'être né?

Pauvre fleur, cache ta tète ; Referme-toi ; la tempête Accourt jetant ses clameurs.

Pourquoi tenter la faucheuse ?

Non, non, pervenche oublieuse, Garde tes parfums et meurs!

ATEHriR.

Avenir! avenir! voyageur à Toeil sombre ,

Dont un poète a dit qu'il apercevait l'ombre! Combien qui se portaient au bord de tes chemins , T'appelaient leur Messie et te battaient des mains,

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