LA PERVENCHE
Le jour baisse et le ciel gronde , L'éclair vole à Thorizon , Le torrent enfle son onde ; Entends-tu? crains qu'il ne fonde Sur ton abri de gazon.
Oh! ne prends pas pour l'aurore Ce rayon qui tombe encore Et meurt sur ton lit de tliym.
Non , non , tu t'es oubliée ; Tu ne t'es point éveillée Au frais baiser du matin.
A présent ce n'est plus l'heure !
Ce froid rayon qui t'effleure
I^A PERVENCHE. m
Ne t'apporte qu'un adieu.
Vois, quand tout décline et pleure ,
S'il fait bon naître, ô mon Dieu !
Le chêne antique qui penche Sous le vent sa forte branche Reparaît quand le jour luit; Mais le lis , mais la pervenche , Mais la fleur fragile et blanche Disparaissent dans la nuit.
Quand la vie est un vertige, Quand le cœur abandonné Cède à lout ce qui l'afflige ,
112 LA PEEVENCHE.
Gomme au vent la faible tige , Est-ce un bonheur d'être né?
Pauvre fleur, cache ta tète ; Referme-toi ; la tempête Accourt jetant ses clameurs.
Pourquoi tenter la faucheuse ?
Non, non, pervenche oublieuse, Garde tes parfums et meurs!
ATEHriR.
Avenir! avenir! voyageur à Toeil sombre ,
Dont un poète a dit qu'il apercevait l'ombre! Combien qui se portaient au bord de tes chemins , T'appelaient leur Messie et te battaient des mains,