‹ Heures de poésieChapitre 19 sur 23 · CHARYBDE · texte numérisé non relu

CHARYBDE

£t de sa molle vie inquiéter la paix !

Malheureux que tenta Thorizon de Sicile,

Quel espoir t'a poussé si près de la grande île?

Aveugle, tu regarde en arrière aujourd'hui.

Tu fus ingrat, tu meurs ! mère, pardonne-lui !

Dieux sauveurs, étendez vos ceintures divines Vers ces tournantes eaux , nagez, vierges marines. Voyez , nous périssons ! les flots n'attendent pas , Et les nageurs mortels ont besoin de vos bras !

Rêves des cieux lointains, mensonges du rivage. Où sont les gains sans borne et les mers sans naufrage? Eh ! quels biens voulais-tu de ces trompeuses mers ? Compte bien maintenant, compte ceux que tu perds,

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Redis-les jusqu'alors que ta voix soit éteinte,

Ces flots n'ont point de dieux qu'attendrisse ta plainte.

T'avaient-ils conseillé de dépasser ces bords

Où des chemins si doux conduisent chez les morts?

C'en est fait maintenant , Gharybde t'enveloppe ;

Némésis a frappé l'enfant de Parthénope.

O Hysène! qu'il ait un lit dans tes roseaux,

Réclame au moins son corps, sa vie est dans les eaux!

Dieux sauveurs , jetez donc vos ceintures divines, Vers ces tournantes eaux , nagez, vierges marines. Vierges, tous vont périr ! les flots n'attendent pas, Et les nageurs mortels ont besoin de vos bras.

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