‹ Heures de poésieChapitre 21 sur 23 · A M. ARY SCHEFFER · texte numérisé non relu

A M. ARY SCHEFFER

Dieu dota richement la famille immortelle !

Mais à qui les sommets, les horizons sans fin? A qui la mission la plus haute échut-elle?

A qui le droit d'aînesse appartient-il enfin?

Tous les Arts sont tes fils, ô mainte Poésie, Mais auquel as-tu Tait le parti le meilleur?

Et lequel sait le mieux, sous la forme choisie. Concentrer les rayons de Tastre intérieur?

Celui-là peut parler et le dire à la terre, Qui sous sa forte loi les plia tour à tour* ! Qui sonda leur portée, en connut le mystère, Comme Tirésias connut le double amour!

* Mltlel-Ange.

A M. ART SGBEFFER. 151

Déchirant ma pensée aux ronces du langage, A peine si j'en sauve un aride lambeau , Qui se débat long-temps» s'élève, se dégage, Et retombe épuisé sur les confins du beau.

Je m'assieds tristement au seuil de cet empire, Et je reprends la lutte en redoublant de cœur i Mais vaincu, je finis toujours par te maudire O langage! ô Protée indomptable et moqueur!

Pour les victorieux , oui, tes luttes sont belles! Mais nous, quand nous vouions fréquenter tes hauteurs^ Nous y trouvons des blocs à tailler plus rebelles Que le marbre grondanl sous les coups des sculpleiîrsl

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