‹ Heures de poésieChapitre 8 sur 23 · A DEUX SOEURS JUMELLES · texte numérisé non relu

A DEUX SOEURS JUMELLES

Sur VOS deux fronts jumeaux passe d'un vol plus doux ! Des rêves confondus ne brisons pas la trame ; Sauvez-moi par le doute, et maintenez mon ame , Sans préférer jamais, suspendue entre vous.

IiE CZAR IirAH*.

— Six mois de faction dans ce corridor sombre » Aux pas d'un prisonnier cloué comme son ombre! Six mois de faction sous ces barreaux de fer! On ferait plus galment son service en enfer ;

* Ivan, ftlt d« la priaeeiM Anoe d« Rnatle, fut proclamé eaperear tout «ntent, et détrôné presque aassilAt. Il périt daos une forteresse an bord dn lac Ladofa, massacré par ses gardes d'après Tordre de Gatberloe II. (Voir n. S.)

66 LE GZAR IWAN.

Mieux vaudrait bivouaquer tout vif sous une tombe;

Ab! que lesjours sont longs! quelle heure est-il? Je tombe

Et meurs d'ennui ! Pourtant s'il était le plus fort ,

Crois-tu qu'à notre honneur nous sortions de ce fort?

Si parmi les hiboux , tous deux en sentinelle ,

Montant sur la poterne une garde éternelle. ...

— Peste ! tes visions sont à faire frémir !

Calme-toi , tout va bien ; de par saint Wladimir,

Tu seras colonel aux lanciers de la garde !

Oui, dresse ta moustache et qu'OrlolT prenne garde!

Je vous y vois déjà , monsieur le colonel ,

Tout cou^u d'or, monter un beau cheval d'Orel ;

Puis, un jour de revue, au Pré de la Czarine ,

Enlever au galop le cœur de Catherine.

Mais il parle, écoutons.

LB-GZAR IWAN* 57

&B OZAA IWAV.

c On ne peut ^vre ainsi !

Non , j'étouffe dans Taîr qu'on nous mesure ici , Qui n'atteint pas le cœur, n'emplit pas la poitrine ! Oh ! je veux m'élancer dans la brise marine, M'abreuver une fois d'air et de liberté, Et connaître un bonheur que tout homme a goAté, Tout voir, tout embrasser , interroger l'espace I D'où nous viennent ces flots, où va ce vent qui passe? Tout est libre! oh ! sans doute, un démon les riva , Ces noires tours , aux pieds de la blanche Neva, Près du lac, an milieu de la grande nature.

Pour tenter le captif et doubler sa torture.

Oh ! voyez si jamais barque libre vogua

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