‹ Heures de prison (volume 2)Chapitre 6 sur 13 · II · texte numérisé non relu

II

M. Fourché \ieiit plusieurs fois le jour.

L'abbé Gourai ne me quitte plus. . . J*aî entendu parler de la* maison de mon oncle (1).

Tous ceux qui m entourent s'efiForcent de cacher leurs larmes . . . Pourquoi pleuret-on sur moi ?... L'insecte qui meurt renaît fleur de Tair et du ciel* . .

(1) J'ai su, après mon rétablissemeat, que d'heure en heure on s'attendait à ma mort, et que mon oncle s'occupait des moyens de me faire transporter chez lui.

mes amisl j'ai partagé entre vous les pauvres débris qui me restent encore.

Vous les aimerez pour Famour de i^oi.

La main d'Adèle a reçu pour vous ma dernière étreinte. Quand je ne serai plus^ vous me retrouverez vivante dans son cœur, . .

Est-ce bien la vie que je quitte? Le monde est ivre (1)... J'entends ses cris.

Le vice a donc ses fêtes ?. . .

(1 ) Nous étions aux derniers jours du carnaval ; une cavalcade de masques passait sur le boulevard de là prison.

J'ai revu mon père, comme au jour où il est venu à Tulle me soustraire à Thorreur de m'entendre lire ma condamnation... IMon père, que j'aime tant... qui sait tout. . . qui m'appelle. • . J'étouffe ici. . . j'étouffe... ne mettez pas de marbre sur ma tombe... donnez-moi de l'air ^ du soleil, une croix de bois sans date et sans nom...

Ce qui était n'est plus. • . ce qui sera n'est pas encore. Je touche à l'heure d'agonie....

Adieu, tout ce que j'aime!... Je lègue ma mémoire aux hommes de cœur... mon pardon à mes ennemis . . . qu'on me laisse seule avec Dieu ! ! !

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