‹ Heures de prisonChapitre 68 sur 150 · L1VIIE V · texte numérisé non relu

L1VIIE V

en quête d'un gîte pour la dure saison, est venu se réfugier au coin de mon feu.

Le pauvret avait ses plumes saupoudrées de frimas. 11 ne sautait que d'une jambe, ne volait que d'une aile... Je l'ai tout de suite déclaré mon hôte, et, reculant doucement ma chaise, j'ai essayé de lui faire comprendre qu'il eût à fie regarder chez moi comme chez lui.

D'abord il a avancé d'un pas pour reculer de deux. Puis il a fait deux fois, en volant et d'un air assez effaré, le tour de ma chambre, s'est blotti dans les rideaux de mon lit, s'y est mal trouvé, est revenu vers la cheminée, et, apercevant quelques miettes de pain que j'y avais semées, il en a fait bien vite sa petite réfection. Ensuite il m'a regardée pour s'assurer sans doute si j'étais disposée à lui servir de Providence ; et, après avoir bien vu que c'était moi qui devais être sa ménagère, il est allé se nicher sous la plaque du foyer en véritable sybarite très-décidé à prendre ses aises et à choisir les bons coins. . Pauvre petit moineau, qui viens chercher ton salut à l'ombre de mes grilles, ah! sois le bienvenu... "Va, si je vis jusqu'au printemps, je te renverrai parmi les tiens avant môme que tu songes à me quitter pour tes amours et ton nid... Je te renverrai... mais ne pars pas...

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