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LA PROPRIETE

M. Thiers croit au dogme de la propriété, nous y croyons aussi. La propriété est pour lui une doctrine, elle est pour nous une vérité. Elle est entrée si avant dans la chair et dans l'instinct de l'humanité, que M. Cabet, multiplié un million de fois par M. Cabet , pourrait décréter sans danger le communisme. A la lecture d'un pareil décret, le plus pauvre chevrier des Pyrénées sifflerait son chien pour fuir au fond des montagnes. Il préférerait sa chèvre à lui, son bissac à lui, son morceau de pain à lui, au paradis de la gamelle.

Ainsi donc M. Thiers et nous, nous sommes également croyants, également circoncis à l'endroit de la propriété. Dieu est Dieu et le Code civil est son prophète. Mais si nous nous entendons complètement sur le principe, nous différons légèrement sur la démonstration. Voici pourquoi :

M. Thiers pense que la propriété a une existence personnelle, physique en quelque sorte, identiquement et perpé-

tuellpment Irappëo à tous les âges et chez tous les peuples (lu m^'ine caractère. La propric'tô est pour lui cotte seconde édition de la parole : Je suis celui qui suis. Elle n'est pas particulière à l'homme, elle est générale à toute la création. Elle est invariable comme une espèce ; elle est, ainsi que le dit M. Thiers, la permanence.

La permanence soit, mais la permanence ne suffît pas. M. Thiers y ajoute encore l'universalité. La propriété n'est pas seulement une faculté humaine, elle est encore une faculté animale, et comme M. Thiers tenait à mettre, dans cette question, les botes de son coté, il passe en revue toute la ménagerif! de Noé, et il ajoute : Partout où vous verrez quatre pattes, soyez sûr que vous voyez un propriétaire. Le lion, dit-il, est propriétaire de son arrondissement de carnage, ce qui doit profondément toucher les moulons de respect pour la pro[)riété ; l'oiseau est propriétaire de son nid, M. Thiers o\ih\'u\ le coucou, et le lapin est propriétaire de son terrier; eh bien! j'en suis désolé pour la moralité du Inpin, il n'a nullcinont le sentimont du codo civil. Le l.ij)in est un disciple elfréné de M. I^ntudhon. A )a moindre alerte il va se terrer dans le premier trou venu. La possession pour lui vaut titre, et il reste \h tant (lu'il lui |ii.iU, sans avoir besoin d'exhiber à aucun huissier son titre de propriété dans la patte qui a creusé le terrier.

C'est sur ces données d'histoire naturelle que M. Thiers a broché quelques centaines de pages à la justification de la [irfjpriélé. CAa est écrit à bonne intention, cela est siiiriluel et superficiel, cela est attendrissant et |»athéli(iue parfois . on y sent à chaque instant le bon [)ère et le bon époux, delà est un lieu ((iiiniiiin birn viviliaiit tl biiii liospitvilier où tout le iiioiidf peut tenir à l'aise ; c'est une arsumentalion irrésistible ipii cnrivertira, fious en sommes persuadé, tous

les propriétaires au respect de la propriété. Cela prouve ce qui était prouvé, confirme ce qui était connu, redit ce qui était redit, mais ne jette aucune nouvelle lumière sur la question.

La propriété, sans doute, veut être glorifiée. Car elle n'est que la réalisation extérieure de la Providence dans l'humanité. J'expliquerai tout à l'heure cette pensée. Mais pour glorifier dignement la propriété, il faut aller en chercher l'intelligence ailleurs que dans l'histoire naturelle. C'est dans l'histoire humaine seulement, et siècle à siècle, civilisation par cinlisation, que nous pouvons étudier ce grand problème.

Toute autre méthode est trompeuse. C'est pour avoir voulu traiter directement par la philosophie, ou par la jurisprudence, cette question, que philosophes, légistes, communistes, sceptiques, ont inutilement et dogmatiquement entrechoqué sans fin leurs syllogismes, dans les ténèbres, sans pouvoir en tirer une certitude.

Ils n'oubliaient, dans ce procès, qu'un seul témoin : le genre humain tout entier. Or, que dit ce témoin? Il dit que la propriété, née avec la civilisation , développée par elle et la développant à son tour, augmente sans cesse et rayonne sans cesse dans le monde ; de telle sorte que plus d'hommes possèdent et que plus de choses sont possédées dans la société. Cela posé, qu'est-ce que l'histoire entrevue à la lampe de ce principe ? Une propriété nouvelle, naissant à chaque pas de la civilisation, et une classe nouvelle naissant à la propriété.

Et que venez-vous maintenant nous parler de je ne sais quelle propriété fictive, abstraite, métaphysique, immobile, éternelle, partout la même, qui confond dangereusement et ramène h une seule formule toutes les époques et toutes

les formes de propriété, qui légitime, qui honore également la propriété dans le passé et la propriété dans le présent, qui les appelle du même nom et les entoure du même prestige?

C'est là une fausse démonstration, et c'est de cette démonstration que le communisme s'est toujours appuyé pour combattre la propriété. Vous regardez, dit-il, la propriété comme étant une et invariable, dans tous les temps, chez tous les peuples ; mais l'esclavage était une propriété : l'admettez-vous? mais le pillage était une propriété, Aristote l'inscrit parmi les moyens légitimes d'acquisition : l'admeltoz-vous? mais le Jubilé, de rinquante ans en cinquante ans, remettait, au son de la trompette, le sol de la Judée en liquidation et le partageait par égales parties aux familles : l'admettez-vous? mais à Sparte chaque citoyen possédait également l'esclave et le cheval de son voisin : l'admettez-vous ? mais au moyen Age le seigneur qui possédait le sol possédait aussi le travail du colon : l'admettezvous? mais dans la moitié de l'Europe, la primogéniture possède la plus grosse portion de l'héritage : l'admettezvous? mais dans des pays d'Orient le souverain a la propriété de la terre et le cultivateur n'en a que l'usufruit, si bien que les Anglais, (\u\ se sont substitués dans l'Inde aux Uajas, obligent, de leur droit de propriéUiires, deux rent millions do fermiers à cultiver l'opium, qui produit la famine, au lieu du riz (jui produirait l'abondamc : l'adraetlpz-vous encore?

Et cependant, si vcjus pensez que la propriété a partout le caract^re un et inflexible (\\w vous lui attribuez dans votre Jirgumentalion, vous êtes obligé d'adniellri' la justice, la légitimité de tous les modes de propriété, et c'est à Cet aveu (]W' vous attend le «ommunisme.

Sortons donc de cette erreur, et posons cette question comme l'histoire, qui n'est que la Providence en action, l'a elle-même posée. Or, que voyons-nous dans l'histoire? Nous y voyons chaque forme de propriété créant sa forme de civilisation, tombant avec elle, pour ressusciter sous une forme plus parfaite et réaliser une meilleure société.

L'homme commence d'abord par l'état chasseur. Vagus eris, disait la voix de la légende. Il n'a et il ne peut avoir alors d'autre occupation que la recherche de sa subsistance. Il dîne quand il tue, et il ne tue pas toujours, et quand il peut garder ce qu'il a tué contre tout autre convive de passage, toujours prêt à s'inviter au repas, du droit du poignet. Point de lien d'un individu à l'autre et d'une génération à l'autre par conséquent. La société est tout au plus une bande attroupée un instant pour la battue. La femme est une femelle.

Mais parmi les animaux qu'il poursuit, l'homme chasseur remarque certaines espèces de quadrupèdes indolents et débonnaires, proies ajournées, qu'il peut conserver et consommer uniquement aux heures de ses besoins. Alors commence pour lui la propriété. C'est l'état patriarcal. Le patriarche possède, dans le troupeau, le champ vivant qui lui donne sa nourriture. La société humaine est calquée sur l'image du troupeau, elle est errante comme lui, réduite comme lui à un petit nombre de têtes dans la tribu. La femme n'est plus la femelle du mari, elle en est la servante.

La production animale se consomme rapidement et se reproduit lentement; elle est une proie toujours disponible, mais limitée, qui ne saurait suffire à l'alimentation d'une nombreuse association. L'animal tué le matin est dévoré le

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lendemain, et il faut \nmv le remplacer deux, trois et quatre années. Que fait l'homme? il cherche sur un sol une nourriture plus facile à réserver et à multiplier, il la trouve dans la graine incorruptible de l'épi, et il passe alors de l'état pastoral à l'état agricole. Ésaii vend son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, et Rachel en est réjouie, car elle monte en dignité. Elle n'est plus servante, elle est une compagne.

Mais le champ cultivé appelle la tentation de celui qui ne l'a pas cultivé. Les cultivateurs, pour jouir du fruit de leur travail, sont donc obligés d'enclore leurs moissons, et de bâtir sur les hauteurs, pour leur défense, la ville primitive ou l'acropole. De ce jour la vie civile, la vie politique, la loi enfin, est née de la relation du citoyen avec le citoyen. Les droib sont fixés. Le mariage est établi. La fcnnue est une épouse.

Mais dans cette société rudimentaire encore et barbare, tout honmie doit nécessairement (lé[ienser jusqu'^ la dernière heure de son temps à l'unique soin de la subsistance. Nul ne peut monter au loisir de sa pensée. Pour que l'homme trouve le temps de penser, de créer la science, l'industrie, c'est-à-dire les armes mêmes de la civilisation, il faut que par une répartition artificielle des fonctions dans l'Etat, l(? législateur aille frap[K'r d'un signe tout hunuuc naissant, et dise à l'un : laboure, à l'autre fabrique, à l'autre porte l'épée, et au dernier enfin, nourri, servi par les trois premiers, médite et dc-couvre la science. C'est ainsi (jue la caste, celte iiii(juité fi'conde en découvertes, a mis dans les mains de l'homme ses premiers instruments de rédemption contre la nature.

Lcsystcmedcs castes s'est ensuite simplifié en esclavage. L'esclavage lui-même s'est transfornié m servage, mais

toujours les évolutions de la propriété n'ont eu historiquement qu'une volonté : créer dans les sociétés humaines, chez certaines classes, par une dispense de travail manuel, une plus grande somme d'intelligence, pour reverser ensuite cette intelligence en affranchissement sur le travailleur. Voilà la loi de l'histoire. Il a fallu qu'un homme purement mécanique, en quelque sorte, tournât la meule pour moudre la nourriture de cet autre homme oisif qui inventait le moulin, et le moulin, une fois inventé, prenait la place de l'esclave.

Dans toutes ces transformations successives de l'humanité, qu'avons-nous donc vu ? la propriété dépérissant de plus en plus dans les mains de l'homme? Non. Nous l'avons vue, au contraire, d'ahord troupeau, puis troupeau et sol, puis bétail, maison et industrie, grandissant et grandissant sans cesse de plus en plus, jusqu'à ce que toutes ces propriétés diverses vinssent se résoudre et se fondre dans la suprême formule du capital.

Le capital est donc le dernier terme, le dernier progrès de cette propriété traditionnelle, séculaire, accumulée à nos pieds par la main des générations. C'est le legs de l'humanité passée à l'humanité présente ; le trésor des siècles grossi de toutes les épargnes ; la somme du travail à faire réduite de toute la somme du travail déjà produit.

Prenons, par exemple, le capital de la France. Que représente pour nous ce capital? 11 représente toute la quotité des économies réalisées par nos aïeux, et de tous les ouvrages multipliés sur le territoire : routes, villages, villes, fermes, maisons, usines, canaux, ports, colonies, défrichements, plantations. Il représente , en un mot, dix-huit cents ans d'efforts, de sacrifices, que se sont imposés les

générations. Anéantissez de la pensée ce capital, et nous serons obligés de remonter un à un tous les siècles de la France et de repasser par tous ses travaux. Nous serons obligés de destituer des fonctions de la iiensée autant d'hommes qu'il y a d'hommes émancipés par le capital [lour en taire des manœuvres.

Traduisez ce fait, en classe, dans la société, et vous verrez que toute classe intelligente, lettrée, aisée, affranchie de la corvée marmcllc est la représentation exacte du chiffre de toutes les économies, de toutes les œuvres, de toutes les créations et de toutes les productions entassées depuis deux mille ans sur notre territoire.

Le capital est donc le vrai rédcmi)teur, le vrai médiateur, le vrai rémunérateur ici-bas de notre destinée. C'est lui qui a brisé les castes, l'esclavage, le servage, qui brisera le prolétariat. C'est lui (lui de jour en jour, par son expansion, relève incessamment le travailleur, t-omme une sentinelle, de la nécessité du labeur musculaire, pour l'introduire dans sa destinée supérieure, la vie de l'aisance, la vie d(; la pensée.

Le capital n'a pas seulement la faculté de produire la jouissance par la richesse, mais bien encore de produire à l'inlini la richesse et de mettre dans la main du traNaillcur le pécule qui le rachète du prolétariat. Le communisme, qui voudrait détruire le capital, ne ferait que précipiter rimmanilé tout eiilirre dans l'esclavage.

Ainsi le travail antérieurement épargné, accumulé, qui, dans son inépuisable variété, se nomme d'un seul mol : cai)ital, eu engendrant sans cesse des richesses, engendre sans ces.se, au-dessous d(î lui, des propriétaires. C'est là sa loi. Ceux qui voudraient siqiprimer le capital jiour enrichir le prolétariat voudi-aieut supprimer la semence poui' mui-

liplier la moisson. En voulez-vous la preuve? Voyez seulement combien de propriétés nouvelles, inconnues des anciens, découlent directement de la multiplication des fortunes. Aujourd'hui la pensée est une propriété, la poésie est une propriété, un air d'opéra est une propriété, le journal est une propriété, une méthode est une propriété, une invention est une propriété ; eh bien ! toutes ces propriétés existeraient-elles sans une classe affranchie par le capital, qui ait le loisir d'acheter des odes , de lire un journal, d'écouter la musique, de passer la moitié de sa vie à perfectionner sa pensée ?

Toute cette grande et difficile question tant débattue de nos jours, tant obscurcie de ténèbres, se réduit donc à ceci: l'histoire, par un arrêt de la Providence, ne réahse que siècle par siècle et classe par classe, à l'aide de la propriété, l'aisance, le bien-être et l'instruction dans l'humanité. Mais la propriété est indéfiniment expansible et progressive, elle corrige d'elle-même ses injustices, ou plutôt ses nécessités, pour admettre à son hospitalité un plus grand nombre de convives. Générations qui souffrez, posez le fusil et prenez confiance dans le travail : la propriété vous attend.

On le voit donc, nous partageons pleinement les opinions de M. Thiers sur l'inviolabilité, sur la légitimité, qu'on nous pardonne le mot, sur la sainteté même du capital. Mais son Dieu n'est pas tout à fait notre Dieu. Il ne voit dans la propriété qu'un fait fatal, éternellement constitué au même caractère. Son symbole n'est qu'un manichéisme. Il ne voit dans la société qu'un enfer et qu'un paradis, séparés en quelque sorte par un mur d'airain. Les pauvres ne sont que des paresseux châtiés de leur paresse, les riches des élus récompensés de leur vertu,

et les choses iront toujours ainsi, tant que l'humanité tournera sur la rotation d'un atome. Voilà sa doctrine. Ce qu'il adore sous le nom de propriété, c'est ce Dieu-Borne que les anciens plantaient à la porte de leur jardin. Nous adorons, nous, au contraire, dans la propriété, cette puissance de progrès qui convie, de siècle en siècle, un plus grand nombre de déshérités à ses bienfaits.

Si la doctrine de M. Thiers pouvait passer dans les esprits, si, par je ne sais quel caprice de la destinée, la propriété est fatalité et n'est pas progrès, alors taisons-nous, et cachons h tout jamais une si effroyable vérité, car elle appellerait indérmimcnt les révolutions sur la richesse.

Le problème du temps est donc bien moins de prouver la légitimité, la nécessité du capital, qui se justifiera et se défendra, de lui-mr-mc, contre toutes les discussions et toutes les agressions, que d'ouvrir aux classes laborieuses des perspectives d'épargnes et de bien-être qui écartent du pavé de nos villes l'éventualité des jacqueries.

Eh bien ! loin d'ouvrir ces ])erspectives, M. Tliiers les ferme au contraire aux regards du prolétaire, par sécheresse d'entrailles, nous ne voudrions pas le dire, mais par sécheresse d'esprit. M. Tliiers a une iiimiciise (jiialilé pour certains succès : il a cette iicriiéluclle banalité d'idées qui est la politesse du talent h l'ignorance. 11 ignore lui-même, ou il oublie beaucoup, mais il rachète ce défaut en aflirmant jjeaucoup. Un jour, par exeniiile, en réfutant les doctrines (le M. Proudhon, il dit à la tribune : « Il faut bien tolérer tout»,'.s les doctrines, de peur (ju'en voulant arrêter Spinosa on n'arrête Platon : » et il oublie que l'Iaton a précisément enseigné 1<' < oiiimuiii^iiie.

Par son livre sur l.i proprii'lc'. il croit devoir dofiner une leçon h Mnnlesf|iiiew. « Moiilcsriuicii. dil-il, (h'-liiiit les lois

les rapports des choses. J'en demande pardon à ce grand génie : les lois sont la permanence des choses. » Eh! mon Dieu, nous en demandons pardon à M. Thiers lui-même; il confond ici toutes les notions de philosophie. La permanence des choses est l'être même des choses, et n'a rien à démêler avec la loi, qui est la relation des êtres entre eux et de chaque être avec l'ensemble de la création. Ainsi, la pesanteur est la relation de la pierre qui tombe avec le centre d'attraction, et nullement la permanence de la pierre ou du centre de gravité. De même, dans la société, la loi n'est nullement la permanence de l'homme, mais le rapport des citoyens entre eux et de chaque citoyen avec l'État.

Une autre fois encore, M. Thiers affirme que toute association agricole est radicalement impossible, et il oublie les communes associées du moyen âge, les associations fruitières de Suisse, les corporations rurales de l'Agroromano, les colonies allemandes de Crimée, les associations pastorales de Lombardie, et enfin , les associations plus ou moins rudimentaires des vignobles de Bourgogne, des salines de l'Ouest, d'une foule de contrées oià la part est substituée au salaire.

Nous pourrions multiplier les exemples de cette témérité d'affirmation que M. Thiers apporte à chaque instant dans sa polémique. Mais à quoi bon? M. Thiers a voulu défendre la pierre même du foyer. Nous lui savons gré de l'intention. Il aurait pu apporter à cette question plus d'étude, plus de modestie, plus de sérénité de pensée. Il aurait dû y apporter surtout une plus grande austérité de style, car il n'y a pas de mari si propriétaire de sa femme qui ait le droit de dire comme M. Thiers, veuillez, mesdames, ne pas lire cette phrase : Après une journét de travail

l'homme a besoin de satisfaire ses sens auprès d'une épouse choisie. Mais enfin, M. Thiers irrité, indigné des folies de je ne sais quel babouvisme posthume , a cru qu'en un trait de plume il aurait raison de certains paradoxes développés de nos jours à coups de fusil, et il a écrit un livre tantôt bien, tantôt mal inspiré. Nous lui tenons compte des bonnes inspirations, nous oublions les mauvaises, et nous déclarons que cette grande doctrine de la propriété attend encore son philosophe.

GUXZOT.

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