HISTOIRE DES GIRONDINS
Il y a ici un secret. La pensée était stagnante, l'opinion silencieuse, la France éteinte. On n'entendait plus bruire, dans le calme universel, qu'un léger clapotis d'intrigues. Les idées, les questions, les espérances prenaient rendezvous à je ne sais quel mystérieux lendemain. Ce livre paraît et l'air commence à frémir.
Une œuvre est un événement. Pourquoi, par quel art, quel miracle, cette œuvre plutôt que toute autre vient-elle remuer si vivement l'attention? Est-ce par le style? Non. Car tout merveilleux qu'il est dans V Histoire des Girondins, il n'éclipse pas les magnificences d'imagination que l'auteur a semées dans ses poésies. Est-ce j)ar le sujet? Non, car des historiens éminents ont abordé avant lui cette révolution qui pouvait dire d'elle-même, comme je ne sais plus quelle femme : Je suis enceinte d'un apocalypse. Ce
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n'est pas le lulent qui a manqué à ces historiens, ni même le succès, et cependant aucun n'a passionné à ce degré les esprits. Il y a donc un secret dans ce prodigieux retentissement de Vllisloire des Girondins.
Le secret, le voici : C'est que parmi tant de prodigalités de la Providence envers son génie, M. de Lamartine possède encore une qualité dernière qui dépasse toutes les autres qualités ; c'est la sympathie. La sympathie n'est pas seulement l'affection ; elle est une faculté plus générale qui enveloppe et embrasse tous les faits, tous les sentiments, qu'ils soient en harmonie ou en désaccord avec notre propre nature.
Lorsque la sympathie s'applique aux fautes elle se nomme charité; aux faiblesses, miséricorde; aux crimes, justice; aux vertus, vénération; aux supplices, pitié; aux souffrances, commisération ; aux croyances, foi ; aux peuples, fraternité ; aux besoins, philanthropie ; aux dévouements, enthousiasme; aux grandes choses, admiration.
Elle est la liaison médiate ou immédiate de tout homme avec tout honmie, (juol (juc soit d'aill(>urs le gouffre de vices et du vertus, d'actes ou de pensées qui sépare celui-ci de celui-là, car jamais de l'un à l'autre l'humanité, notre chaîne commune, ne saurait <^tre rompue. C'est par là que l'historien jieut s'incliner, à travers les siècles, vers ses autres frères du passé.
Elevée à sa hauteur religieuse, la sympathie est la loi de communion que nous a léguée le christianisme, loi de rachat et non d'exclusion, qui ne jtroscrit, qui ne rejette, qui ne renie personne, mais qui absout, comprend et associe tous les éléments de l'histoire.
La sympathie est donc la qualité souvcraini' de M. de LnmartiiK'. Nulle p.irl, ni dan»; If pa^^sé, ni dans le présent,
aucun historien n'apporta plus de candeur devant les hommes et devant les faits de la révolution, ne répudia plus résolument toutes les haines, toutes les injustices, toutes les réminiscences , qui transpiraient , comme de sombres vapeurs, sur la fosse à peine fermée de l'immense cataclysme.
Du fond de son célibat volontaire pour toute opinion exclusive de parti, il ne pouvait se sentir poussé que par l'aiguillon de la vérité. Montagnards, Girondins, Royalistes, Robespierre, Danton, Vergniaud, Louis XYI, soldats de Lyon ou de Jemmapes, victimes ou bourreaux, n'importe la diversité du principe ou la couleur de la cocarde, l'homme est toujours pour lui l'homme ; il le cherche, il le dégage de l'événement pour lui restituer son véritable caractère. Ce n'est pas le parti ni le système qui condamne ou absout les individus, c'est dans le parti et à travers le système qu'il va saisir directement les mérites ou les crimes des individus. Faiblesse, entraînement, violence de ceux-ci sur ceux-là, épidémie de sentiments, il sait tout reconnaître, tout mesurer. Sa balance n'a pas seulement un plateau : il fait la part du bien et du mal, des intentions et des impatiences. Ainsi, jusqu'à présent, le jacobinisme n'a jamais été qu'un fantôme qui fuyait sur un nuage de sang, dans un reflet Hvide du crépuscule de la république ; c'est un apôtre , écrivait l'un; c'est un scélérat, écrivait l'autre.
Apôtre et scélérat, répond à son tour M. de Lamartine.
Contradiction, diront les critiques. Eh ! sans doute, contradiction ; n'est-ce pas elle, en effet, qui est l'essence de l'homme? On l'élève, je l'abaisse; on l'abaisse, je l'élève. Et où sont donc les caractères d'un bloc, parfaitement uns, parfaitement simples, qui rendent toujours, sous le choc des faits, le même son, comme le cuivre? Il n'y a que l'en-
fflnce (le Tnit qui piiissn nous donner l'hommo (ont crime ou fout vertu, régler et numc^rotcr le monde r-nninie un |)npier de musique. Je ne connais encore que la calomnie qui, dans la distribution des fautes, soit toujours logique, toujours conséquente avec elle-môme; elle juge sur un à priori, el d(''<luil un ear.'iclère avee la rigueur de l'algèbre.
Mais la nature humaine telle que le christianisme l'a faite, avec ses alluvions innombrables de sentiments, d'idées, d'attractions contraires, ses flux et ses reflux de forces en sens inverse, n'a pas ces complaisances que nos historiens lui prôtent pour les besoins de leurs classifications.
Est-ce que chacun de nous ne porte pas en soi cinq, six et sept personnages divers? est-ce que notre Ame n'est pas une scène obscure où des acteurs, toujours en lutte, succombent et triomphent tour à tour? Nos aspirations ont-elles toujours été nos actions? Hélas! vous ne pouvez pas vous arrcMer une seule minute sur vos chemins, et prêter l'oreille, que vous n'entendiez murmurerl'éternelle dispute de votre conscience.
L'identité des natures n'existe doiM f|iie dans la fletinn ; mais, dans la vie, c'est la conlr.uli( lidu (pii est la vérilf'-.
Ce n'est qu'au jugement dernier (jue le bouc et la brebis, l'ivraie et le blé, le damné et l'élu seront complélemenl, entièrement séparés. Jusqu'alors il y aura en toul liomiiie nn mélange de boue et de brebis, de blé et d'ivraie, d'élu et de réjirouvé. Re^'ardez dans la rue le jiremier venu. Voyez-vous passer cet honnne? C'est im ( rilifiue, c'est un pliilosophe. (liiez lui, comme on la dit spirilu«'llement, le [thénomène a dévoré la sulistance. C'est la pensée obè.sc. C'est la métajihysicpie d'Hegel nageant dans le corps de Silène. Silène aigri, mécontent, nn sourire amer sur la
lèvre. Eh bienl quelle tête a jamais mieux vacillé, ballotté sur une poitrine? Quelle contradiction n'a passé par cette cervelle, où le lendemain jette continuellement l'injure à la veille, le saint-simonisme à l'éclectisme, le républicanisme au saint-simonisme et la conservation maintenant à toutes les formes de la pensée.
Il ne s'agit donc plus de nos jours et historiquement de pétrifier tel ou tel homme en tel ou tel type, ici de crime, là d'héroïsme. Ces fausses répartitions de grandeur ou de bassesse sur des noms propres ne sont que des fantaisies de notre esprit : elles mentent comme des épitaphes. C'est la conciliation des qualités et des infirmités humaines, c'est leur équitable graduation qui constitue la véritable théorie de l'histoire : voilà la poétique de Shakspeare aussi bien que de Lamartine. L'éloquent orateur de la jeune démocratie ne sacrifie pas impitoyablement la Gironde à la Montagne, ni la république à la royauté, ni la royauté à la république. Il ne recommence pas, maintenant qu'il est jour, l'erreur de cette nuit sanglante qui a fait que tous ces hommes se sont injuriés, méconnus, frappés dans les ténèbres. Oui, la Gironde eut les lumières et les bonnes inspirations, mais elle eut aussi ses intrigues et ses faiblesses. Yoilà pourquoi elle tomba. Oui, la Montagne eut son patriotisme et son courage, mais elle eut aussi ses fureurs et ses taches de sang sur son écharpe tricolore. Voilà pourquoi elle tomba. Il n'est pas une de ces mémoires qui n'appelle la réprobation par un côté, l'absolution par un autre, bien que toutes ne puissent pas être également absoutes ou réprouvées.
Mais, dans l'histoire de M. de Lamartine, je retrouve tous les miens, et c'est par là que je m'identifie à ses nobles inspirations, car les miens, les nôtres, dans la révolution, ce sont tous ceux qui ont combattu, souffert pour l'idée, ce
sont tous ceux qui, dans un camp ou dans un autre, ont élevé le niveau du caractère national par le martyre, l'héroisme, la sainteté de leur vie ou de leur mort : Bailly, la reine, Louis XVI, madame Elisabeth, la princesse de Lamballe, madame Rolland, Charlotte Corday elle-même; oh I sois notre sœur dans le ciel, noble amnistiée de nos cœurs, ce n'est aucun de nous qui te reprochera aujourd'hui ce coup de poignard, bien que ce coup de poignard ait été un crime ; mais ce crime, ton sang l'a maintenant lavé.
Et qui donc voudrait se plaindre de ce que la veine généreuse du pays ait versé à flots, en si peu de jours, tant de lyrisme d'actions et de pensées, et que dans cette tragédie chaque personnage ait sa part d'intérêt? L'Ame de l'homme n'est pas seulement croyance, elle est aussi émotion. Le poêle a raison de s'attendrir et nous attendrir avec lui sur les vaincus, bien qu'il accepte l'idée des vainqueurs. Ce n'est pas cela une fatalité à rebours qui n'a de bonnes paroles que pour les victimes.
C'est la proclamation d'un nouveau principe : la révolte du sentiment contre la géométrie , la mansuétude dans la liberté. Et c'est en pressant ainsi sur toutes les touches de notre sensibilité, en prodiguant la pitié, en ramassant la démocratie, cette épée tombée à terre, couverte d'une rouille de sang, pour la remettre h la forge, que M. de Lamartine a pu entrer dans les esprits, rassurer les uns, attirer les autres, pacifier les colères et réconcilier les diverses écoles de la démocratie.
Et d'où serait venu, sans cela, le succès de ce livre? N'est-ce pas que s'élevant au-dessus des opinions et des injustices du monicnt, il a été vrai de l'unique^ vérité (|ui correspondait réellement h l'état des intelligences?
Nous autres, héritiers de la révolution, sons être les com-
plices de ses misères, qui vivons de son esprit et par son esprit, nous ne pouvions affirmer ni renier entièrement notre origine. Nous avions deux parts à faire de l'héritage commun, l'une d'acceptation, l'autre de renoncement. Ne nous reprochons donc pas l'attendrissement que M. de Lamartine nous fai" répandre sur l'échafaud de la royauté. Cette larme nous acquitte. C'est par le repentir que l'homme rentre en possession de tous ses droits et de toutes ses grandeurs.
Ce qui a fait l'infériorité du xviii® siècle et en fin de compte sa cruauté, c'est que de toutes les facultés humaines il prêcha la plus aride, la raison. Il oublia que tout le monde sent à peu près, mais que tout le monde ne pense pas, et il laissa en dehors de sa religion toutes les imaginations, toutes les piétés, toutes les tendresses, toutes les délicatesses, et par là il fut condamné à (Mre débauché, sceptique, railleur dans sa maturité, et, dans sa vieillesse, fanatique, farouche jusqu'à la cruauté. Notre œuvre, à nous, est de prendre ce qui n'était chez lui que raison et de le faire amour, de réhabiliter le sentiment et de le répandre largement sur toutes les couches de la société. C'est là le travail de M. de Lamartine. C'est là son mérite, car personne n'a eu plus que lui cette sensibilité communicative, cette fleur du cœur, qui parfume autour d'elle tout souffle de l'atmosphère.
Ce n'est qu'en épousant le sentiment qu'une idée devient universelle. Platon, avec une dissertation, ne fonde qu'une école ; le Christ avec un mot d'amour fonde une religion. Et cependant, qu'est-ce que le christianisme? Le platonisme allumé, de la main de Dieu, au feu de la charité.
Longtemps la révolution, exaltée ici, était abhorrée ailleurs. La lutte était sortie des faits pour rentrer dans les
esprits. La France demoura ainsi divisée, par une frontière d'airain, en deux nations dont l'une acceptait et l'autre repoussait la démocratie. Révolution et contre-révolution : ce furent deux principes longtemps en présence. Mais, peu h peu, la paix s'est faite, les rangs se sont rapprochés. Les uns ont apporté leur deuil, les autres leur principe. Chacun des deux partis a rompu le pain de l'autre. Celui-ci s'est élevé en intelligence, celui-lh en moralité. Tous ont tiré leron de leurs fautes, et de cette communion, de cette pénétration ré( iproquc d'idées et de sentiments, il s'est fait un esprit nouveau — plus complexe et plus conciliateur — dans les fortes générations renouvelées, éclairées, équitables de notre pays. Car l'Ame humaine est une résultante où les forces même les plus contraires ont leur action. Qui que nous soyons, ennemis reposés et refroidis de cette longue bataille, nous avons tous fini par nous repasser quelque chose de notre pensée; nous portons tous en nous luie révolution et une pitié dans la révolution.
La pitié a germé la première. La révolution se réveillf ù .son tour. L'ouvrage de M. de Lamartine en est le plus irréfutable symptôme. Voyez plutôt. L'intelligence du pays semblait démissionnaire. La France avait même cessé de s'ennuyer; elle dormait. Ce n'étiiil pas même le sommeil; c'était le marasme. Partout, d'une courbe de l'horizon à l'autre, aussi loin que plongeai! le \ol de l'hirondi-lle, un ciel terne et bas roulait et promenait la nuit sur nos têtes: une lourde et sourde atmosphère pesait aux poitrines ; tcuit était triste, soml)re et mort. Celte histoire paraît, et une illuminatif)!! soudaine é(l;ile (lan> le mi.iL'e. L'électricité, que l'on croy.iit éteinte dans la nation, — écoulée, évanouie, jaillit, cinuh; au contact d'une seule étincelle. Le fluide ne meurt donc pas plus dans les esprits que dans les
airs. Il peut dormir sur les vents, invisible à tous les regards; mais qu'un aimant l'appelle, il s'allume aussitôt, et la voix de Dieu passe dans les éclairs.
Si donc l'influence de cette histoire, est irrésistible, instantanée, si elle a communiqué à tous et au même instant la secousse, c'est qu'en elle toutes les émotions saintes, toutes les hautes prophéties de notre époque ont pu se reconnaître. Elle est notre âme révélée à elle-même. Après ces derniers quarante ans de réflexion et d'expérience, M. de Lamartine a su trouver le compromis providentiel qui s'est opéré dans chaque intelligence par le fait de la révolution.
Sa conclusion est véritablement la conclusion da pays.
«... Pardonnons-nous, dit-il, fils des combattants ou des » victimes. Réconcilions-nous sur leurs tombeaux, pour » reprendre leur œuvre interrompue : le crime a tout perdu » en se mêlant dans les rangs de la république. Combattre y> ce n'est pas immoler. Laissons son cœur à l'humanité. » C'est le plus sûr et le plus infaillible de ses principes, et » résignons-nous à la condition des choses humaines. » L'histoire de la révolution est glorieuse et triste, comme » le lendemain d'une victoire et comme la veille d'un autre » combat. Mais si cette histoire est pleine de deuil, elle est » surtout pleine de foi. Elle ressemble au drame antique » 011, pendant que le narrateur fait le récit, le chœur du » peuple chante la gloire, plaint les victimes et élève un » hymne de consolation et d'espérance à Dieu. »
Cet appel a été entendu. Il y a quatre ans qu'il a retenti en nous pour la première fois. Nous devions à des sympathies qui sont les gloires des humbles d'avoir été admis aux premières confidences de l'écrivain, à moitié route alors de son ouvrage. L'hôte obscur d'une même espérance n'a pas
oublié CCS journées voilécé d'automne où il écoulait , au penchant d'une colline, les légendes de la révolution. C'était à l'époque des vendanges, les feuilles des marronniers tombaient une h une et rentraient au creuset de la grande alchimie. Les bœufs, lents et la tête basse, charriaient la grappe du vignoble au pressoir, et une forte haleine, échappée du bouillonnement des cuves, répandait autour de nous un parfum d'ivresse.
C'est à ce moment du crépuscule de l'année, où la terre reprend les éléments de vie qu'elle a prêtés, pour les soumettre d d'autres élaborations, aux derniers adieux d'un soleil mourant, sous les franges déjà flétries des pampres, que la voix du poète nous ramenait à ces grandes vendanges de l'histoire, où les institutions, les croyances, les lois, les fortunes étaient jetées dans la cuve de la révolution, et du fond de ces récits nous sentions monter aussi l'ivresse de la pensée.
Et au sortir de cette hos[)italilé, dans une même idée, nous nous sentions devenir plus révolutionnaire; et en allant le long des chemins nous nous surprenions à crier : Vive la révolution !
Oui, vive la révolution, car celle histoire est la preuve de son immortalité; car elle a été écrite sur la pierre même du foyer où la révolution est allée saisir un jour le père et la mère du poète pour les traîner <\ réchafaud, et intercepter peut-être d'avance sa plus glorieuse histoire , à une génération au-dessus de la tête de l'historien.
M. (le Lamartine devait entendre un jour deux voix dans sa conscience : l'une était la voix du berceau et lui criait : Haine à la révolution. Mais il ne pouvait marcher dans le sièclo sans rencontrer sur son chemin la démocratie, Ame de toutes les âmes appelées à jtenser. Alors la foi de nos
pères illumina son esprit, et une seconde voix lui cria : Gloire à la révolution !
La révolution, à dater de cette heure, lui fut expliquée. Il avait trouvé le mot de cette opposition première entre son cœur et sa pensée. 11 comprit que la démocratie française, au moment de son explosion dans le monde , portait , comme la théogonie manichéenne, une double révélation de bien et de mal, de bien dans l'idée originelle, de mal dans le crime superposé à l'idée.
Cette distinction , si logique qu'elle semblait devoir accourir d'elle-même sous la plume de l'histoire , avait cependant échappé à la plupart des historiens de l'autre génération. Les uns avaient rejeté l'idée pêle-mêle avec le crime; les autres avaient gloritié le crime par l'idée, de sorte que la révolution, au lieu d'être une croyance, une aUiance dans un principe commun, était en réalité la discorde, continuée après coup , d'une lutte finie.
En voyant ce contre-sens d'une époque, M. de Lamartine dit au fond de son cœur : Je veux faire dans mon temps la conciliation que j'ai faite dans mon esprit. Je tirerai sur le passé révolutionnaire une ligne de démarcation. D'un côté je mettrai les actes, de l'autre les doctrines. Je laisserai tomber dans le temps ce qui fut du temps, et je retirerai de la boue sanglante de la terreur, l'àme immortelle de la révolution pour la rendre à son immortalité. Lamartine l'a dit; il l'a fait; et le lendemain du jour où son livre a paru, un souffle a passé sur l'Europe, et dans ce vent de passage une voix criait : Vive la révolution ! L'Italie l'entendit la première.