‹ Heures du soir: livre des femmesChapitre 8 sur 14 · IV. x · texte numérisé non relu

IV. x

}iiari!ImprudeDt^ GUra !»•• il est vl'al que le nom d'ami ^t venu atténuer rimpW' tance cle cet dveu* Mai< p6ut-elle $'y tromper ? 0$lK>n jamais Fami d'une femme de vingt ans?... Nôn^ Qara, non; il faut q^ tu )e sachets : }e suis ton amant, et c'est à ce titre que tu dois m'aeCueiUir ou me repousser. ••

...SédMClçur!.. séducteur de ma fem^ me !... ce seul mot me fait frissonner ; en le prononçant^ ma main se porte inrolontairement sur la garde de mon épée, et.

puis je ris de ma folie. . • Cependant j'éj^ouye une répugnance invincible à lui parler d'amour. Sa mère, sa di$prète mère , a toujours quelque ordre à donner dans 1^ cour^tnt de la jonr9ée r alors nouSr sommes seuls.. « Eh bien ! en ces momens^ j'ose à peine la regarder: il me semble que ma déclaration va flétrir sa couronna de

— B» ET vn rowT uif . — ^»

fiiBicée, qu'elle sen moins pure après ràvmr euten^ue... Et puis ^ j*ai pètÉr!^...

Si elle allait m'écouter sans colère ! . . . La présence de sa mère me rend mon courage : j'ose alors jouer de miHe maoiëres le rôle d'un amant discret. Hier^ en cueillutit une rose^ elle s'est piquée ; une goutte de son sang est tombée sur tine fleur î je m'en suis emparé , et je l'ai cachée dans mon sein. Sa mère n'a rien remarqué ; mais elle ! ... en vain aflfecla-t-elle de porter ses regards ailleurs; elle avftit vu!...

et je n'ai remarqué sur sa figure tii indi<gnation ni c<dère ; je crois même. . • oui , je suis sûr que sa voix était , en me parlant , plus douce encore qu'àTordinaire!..

estHce qu'elle oserait m'aifuer, laperfide ?.. » Si je le croyais !. . . Eh bien ! que ferais-tu , pauvre insensé? contre qui se tournerait ta tiBLteût d'époux?. .. Est-ce contre ton rital? mais tu ne peux* le frapper sans t'anéantir« Serait-ce contre ta femme? mais famant

retiendrait le bras de Tépoux !... Ncm^.

rhonoeur parlerait plus haut que Famour !••

Depuis que je Taime avec passion/ mes craintes et mes désirs forment (Èms mon esprit une confusion inextricable. Sa froideur me désole y et sa douceur me tue.

Mé repousse-t-elle , mon cœur se seire -/ m'accueille - 1 - elle avec un sourire > moa front se couvre de rougeur. Lorsqu'elle arrête sur moi son beau regard^ dans lequel je; crois lire tout ce que je seus^ un transport de joie me saisit^ et puis l'honneur vient> qui ^ comme un larron, me dérobe mes jouissances , et en fait des instrumens de torture. Quelquefois je voudrais » oui je voudrais m'inlroduire dans son cœur sans que son époux le sache. •• Mais il estlà^.

toujours là , ce juge sévère. Aussi, qu^^nd elle me parle avec sa voix si tendre qu'elle ressemble à une caresse, je suis prêt a lui

— UN fiT un FONT UN. —

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dire : Tais-toi , Clara, tais- toi... Salvator nous voit! Salvator nous entend I... Mais hélas! le charme, ou plutôt le supplice de ce soupçon d'amour, s'évanouit bientôt.

C'est la bonté de Clara qui s'intéresse à moi, ce n'est pas son cœur» Elle voit que je souffre; elle voudrait étendre jusqu'à moi le don de consoler qu'elle possède si bien. Mais que sa mère l'appelle ou qu'une occupation la réclame , elle me quitte sans regrets !... Non , elle ne m'aime pas, car elle ne craint plus de répéter devant moi , ^ qu'elle désire la présence de son époux.

La cruelle ! ne disait - elle pas hier qu'elle voulait aller le rejoindre.

— Croyez - vous ; me demandait-elle , que Salvator blânierait une désobéissance , qui lui prouverait le besoin que j'éprouve de vivre sous sa protection ?

— Madame , ai-je répondu , ce n'est pas sans motifs que Salvator se prive du bonheur de vous appeler près de lui. Honoré

lie

— XS UTAB.DS8 FSMMII8. —

de la confiaoce de son souverain^ ii est, depuis un an, cbar^é d'imiportaiitesK mis^.

sions ^ui le tienaent ^oi|y^iit;^l0igQé^de MBbdrid'; et vo^s compreueif qu'il ne. serait pas copvc^nable.qiie Vou^.arriTassiez chet |ai.dçinsuittèQipS'OU;U est absente - -

— Mon Dieu! qu'il Tienne dooe! a ren pris Qara eb laissant tomber ses bras à ses ^tës ; mon coura^ s*use à rattendre* Autrefois j'étais confiante : cbaqne matin, [e m'éyeiltais aree un .sentiment de joie de renaître à l'espérance^ Siepoicr: quelque temps j'ai perdu cet eèpoir qui remplissait jpon avenir des ré?es les plus doux, ie né.

sais pourquoi , mais il me semble que je sui$ coûdïiinnée à soufirir!..» à souffrir long- tenais* •• Quelquefois je voudrais, mourir..» Mon orne est pure^ je serais heureuse , et Salvator serait libre.

Ces douces plaintes penétraiedt iu fond de «(lOD coeur; ^es y elcitaientla pitiés le. iNçniôrds , et qui sait )usqu'oè m'ëûfc enri

— Vfi E» UN FO*T «W. —

traîne le besoin de la c<^soleF, si sa mère n'était venue se jeter entre elle et nioi !

Exaspérée par la tristesse de Clara ^ madame d'AuMg^tix s'est répandue en reproches amers contre Salvator ; à Tentenàpe c*èst tin bati>are , un tjrran indigne de |a tendresse de sa femine. Elle a gémi,

efie a pleuré sur là jeunesse de sa fille condamnée k 1 -obscurité. En vain Clara /séur tant tCHite rinconyenance de cette scëne , s*efforçait«elle de Tinterrompre ; les digues de sa colère étaient lâchées. Loin de crains dre mcu indiscrétion ^ elle m'a pris.k part , me traduisant devant tnoi-méme/et me demandant si sa fille méritait les dédains d'un époux.

Peu disposé k soutenir une longue dis^

cession sur ce chapitre, je me suis contenté

de répondre, que Salvator viendrait sans doute bientôt justifier sa conduite , et j^ai ajouté qu'en bonne justice on ne devait pas le condamner ayant de l'avoir entendu.

— LB LIVRJB fiS» FSUMEI. —

. • . Hier Clara était tr&te e4 souffr^te ^ $« pâleur, ses yeux demi-clos, lu i prêtaient dési grâces nouvelles. Jamais je ne l'avais trouvée si belle : plpiigé en une sorte d'ex:tase, je. laissais peser m^ regards sur elle , et je me plaisais à voir son âme sç débattre contre l'espèce de. fascination que j'exerçais. Ppuir si^ sousjLrairç à une ppsition dpnt elle sentait pe u t-é tre ledauger, elle me pria de lui conter quelque vieille légende espagnole*. J'obéis i et pour la première fois , ' Clara entendit

sortir de ma bouche le langage.de cette passion qu'elle d,pit lire dans mes jeux. Ob \ comnie son sein s^agita^it ! quelle ardeur colorait ses j^oues , lorsque je lui peignis la force , le dévouement , la sublimité du véritable amo.ur! avec quel intérêt elle in'écoutait! avec queUlç éloquence ses yeux redisaient après moi : Oui, l'amOur, c'est la vie de la vie ! l'amour , c'est le ciel sur la terre ! l'amour , c'est le bonheur!

Misérable 1 quelle source d'idées et de

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