UN UT VK FO«X UN
pensées coupables j'ai fait naître dans ce cœur de feimne ! Ah ! ma raison était perdue t je n'étais plus son époux; je parlais , je sentais en amant; j'étais heureux de la séduire, dé la sentir venir à moi ; et si sa mère n'eût pas été là, j'aurais niis mon bonlieur a ime déshonorer!... Toutefois, mon esprit se vengeant de mon cœur, j'ai séparé les deux amans au plus fort de la passion , et voulant accorder toute satisfaction à Sàlvator, j'ai fait tuer par un rival jaloux le héros dé nion histoire. A ce dénouement imprévu, Clara fut attendrie .
— Ah ! je ne les plains pas, a-t-elle dit; ils sont morts , mais ils ont aimé ! . • . Et deux perles liquides ont coulé de ses jeux sur la table dé marbre qui nous séparait*., et j'ai recueilli ses larmes avec mon mouchoir... et je l'ai porté à mes lèvres avec un mouvement passionné.
Frappée comme par une commotion électrique, Clara s'est levée.
hM hxvmm iMES ^wmMÈâ. -^
^.^Ou vaflHrtt-doDcîloia demandé sa mère, qui faisait d6 la tapisserie dant Tembi^asuf^ d'une ci^oiséei» :.: ^ '
-n^ Moi^nlaman...» je D6>aift««*; j'aibéN.
s(»ii d*air!.... Je Tais... « je vais cueillir des fleuri pour renouirelér mt jardio^é/
Je voulais la suivre» — r Oh iiQn> m*a^t^a^ 4it eu éleudant la main vers moi. Et je suie resté debout t>res de la fenêtre, la suivaut de rame et des yeujc, et sérraut sdr monr çcpur ce uiQuchoir devenu si {Mrécieux/ ^ De^ laruties et du aang! voilà donc les!
seub gages d'amour que je possède !•••• se»
raitrce un présage, grand Dieu !•••• des l|û»nes et du sangié.. Un noir pressentie ment-agitail mon esprit. Elle sera malfaeu**' rçusê? *4 lnallieuiieuse>pirmaiiiutè'rme'di'^ saifr^; je n^ai pCHut eii moi ce qui pëut^ faire le. botiheur d'une fêmmé. * .Gfaira ! > chère Clara! n'y aùrait^il doue dans cette unioa contractée soos les auspices de la inort, que du saj^ et des larmes?. »•• Je
— vu BT mv l^OlfT Blf . **-
devrais parler •••• je dèvraift fermer un ^btme que ma jalousie a creusé BOtts tes pasf mais le repos de ma Tie entière serait anéaJDiti: carie doute ^ le doute rongeur, phi» àffineux peut-être que la certitude, me poursuxrràit jusque dans tes bras*
Clara est revenue ; désirant la ramener dans nos relations habituelles, |e lui ai adressé je ne sais quelle question oiseuse.
Elle m'a regardé avec une ei8:préssion...
c'était de Pétonnement, de la colère, du mépris.... du méprisa... Clara, pnends^y garde, je veux ta colère; mais ton iné*.
pris...# je ne le supporterais pas« Par uii sentiment de fureur j'ai porté mon pomg h mon front, Clara s'est détournée, mais dié a p&li ; et succombant kses 'émotions , elle s'est assise près^desa mèr^ en laissant édbapper des p6s de sa robe Manche la moisson de fleurs qu'ette venait de cueil<lir ; alors sa main s-est perdue dans les boucles de ses cheveux ; son regard est devenu
26) — LE UTRB BBS-FBIfBIW. —
fixe, et son âme s'est retirée daosce momie intérieur qui vit en nous.
J'étais heureux-; un silence tout plein ée pensées établissait entre elle et moi . je ne sais queb rapports mystérieux et doux , lorsquesa mère nous a jetés de ciel enterre, en lui disant : . .
— Je parié que tu penses encore à SaU yator?
Salvator ! ce nom est venu réveiller nion honneur qui sommeillait. Clara a treissailli comme une personne qu'on surpreîid en faute.. .. Non, ce n^était pas à son époux qu'elle pensait , c'était à son amant , c'était à cet infâme qui , abusant de l'hospitalité, est venu ternir son innocence , et troubler la paix de son cœur!. •• Que je le hais!...
Se peut-il que Clara ne le haïsse pas?...
Où donc est sa vertu , où donc est son honr neur ^ si elle ne se révolte pas Contre la plus insigne trahison ?»«. Quoi! celui qui se dit l'ami de son époux ^ ose la regarder avec
— UN BT UPf FOWT «M. —
amour ! et l'indignation ne brille pas dans ses jeuxt il ose recueillir ses larmes^ et die ne le chasse pas honteusement de sa présence! • • • Sans dou te elle attend ses aveux. • • elle^ les désire peut-être • • • Ëh bien ! je parlerai; je lui dirai : Je t'aime !••.. oui Glarai tu liras enfin dans mon cœur , tu me verrais gémir et soupirer à tes pieds ; mais tremblé en m'écoutant^ car ton.époux recueillera poiir la vengeance jchacune des faveurs qqe tu accorderas à ton amant . «tc
• » Il faut partir : Fernando m'écrit que les, négociations que j'ai entamées à Paris ne peuvent se terminer sans moi. Jamais devoir ne m'a pa^u si pénible à remplir^ partir sans savoir si le souvenir de l'époux, est un refuge suffisant contre les dan^ g^TS de Ts^bsence. Oh non ! ayant de quitter ces lieux îe^ veux lire au fond de son cœur.
. En recevant la nouvelle de ce départ
— Lft UYBK DBS rSIfllW. —
pKciphë , Clara n'a montré aucune imo^ fil». Plus libre dans la manifestation da ses 'senlimens y madame d' Anbi^pMUx s'est écriée «quelè séjour de la campagne allait leur paraître bien triste, et elle m'a faitpro* mettre de séjourner encore c(uek{ue ^emps dans les montagnes a^ant de retourner a Madrid* Clara n'a point ajouté un seul mot mm instances de sa mère ; mais elle a rougi quand j'ai répondu que bien certainement je ne repasserais pas les Pjrénees sans venir prendre les commissions de ces dames pour l'Espagne.
Cette soirée mVété douce. Recueillie en
elle-même, Clara parlait peu j sa mère^ se tÀontrait au contraire plus affectueuse que jamais. Au moment du départ madame d'Anbigneux s'est attendrie. — Je fCTiendrai
bientôt, lui ai-je dit en l'embrassant; puis
me tournant vers Clara qui , froide outre mesure , réyélait sa sensibilité par le soin qu'elle prenait de la cacher , J'ai l>albutié
VN ST «if FONT' 11». — 165
i)tf d<^es iimti «d m'inclinMt siir la main qu'elle iDe tendait; . ' ' ^
. J*ét>^ému 9 èi.cefpenàanty potir^moi an moim f \e momeiA des adieox n'était point arvivé* Ab ! ce b'est pas ainsi que je puii la quitter !r*^ nefeuttil pasqve je lui laisie ufi long souvenir? neXautNil pas que je lui révèle mon amour. • • tout mcHi amouv?*..
Gbaque matin ^ pjur ordonnance du mé'decin , ma Clara va prendre le lait dans une ferme peu distante du çhàtq^iu. Âjant i3u occasion de rendre service |iu fermier > j'irai demain sous le spécieux prétexte de lui offrir de nouveaux s^ours* O^h Clara /der?
main pour la première foi# tu l^ras dax^s w cœur qui , t'appartimit ; den^ftin tu entendras sprlir 4^ mes lèvres le langi|ge de , U passion la plus ardente qui fut î^xiafis^ ,
J['ai parlé ! ... et tous les. tourn^eos 4e Tenfer sont dans mon sein ! J'ai parlé , et je
suis le plus malheureux des bommes! L'amour y la jalousiç y les regrets , la ci^inte , le remorclsy^outes les passions enfin, semblables à une meute en fùrîe, s'acharnent après moi ; elles me poursuivent , elles me W^cèlent, elles me dévorent le ceeur!,».
Gkra! ingrate , insensible Glara! devais^tfi me.traiter ainsi? . ^ .
Itorsque j'arrivai à la ferme, elle venait de se retirer dans une salle basse , et cache parun rideau de verdure, j'ai pu la eôntem-' piersans être vu d'elle. Insensé! n'allai-je pas m^imaginer que c'était mon départ qui soulevait son sein , que c'était mon départ qui causait la tristeskse profonde répandue sur ses traits! Encouragé par ces trompeurs indices, j'ai osé pénétrer dans cette chàmbre où elle était seule. Dieu ! quelle terreur l'a saisie en me voyant parsdtre!
—Don Âlvar ! . . . vous ici! s'est-elle écriée. EBe se levait pour me fuir; mais les forces
lui ont manque... elle est retombée sur un siège.
— Oui madame^ c'est moi! c'est don Àlvarc^ui^ prêt à tous quitter^ peut-être pour toujours^ n'a pu se contenter de vos froids adieux. Quel que soit le sort qui m'at-
tend, j*ai besoin de votre compassion, j'ai besoin d'imprimer encore une fois dans mon âme , cette voix , ces regards , ces traits Jont le souvenir ne me quittera plus.
— Don Àlvar . ... ce langage ....
— Est celui de l'amour le plus vrai, le
plus tendre Àh ! ne me fuyez pas
Ecoutez-moi , Clara ; il j a si long-^temps que j^aime et que je me tais !
Et tombant à ses pieds, j'ai laissé s'écbapper de mon cœur tout ce que peut inspirer une passion long-temps comprimée.
En ce moment , j'en jure par le ciel , toute idée d'épreuve s'était évanouie ; je n'avais qu'un désir, un sentiment, une pensée !
Etre aimé de Clara. .. être aimé pour moi-
2&a — LE LIVBB DES FEMMBS. —
même ! • . . Mais elle ! • • . forte <)e son indi^^ férence plus encore que de sa vertu ^ elle s'est levée grande et fîère , el d'une voix, émue d'indignation :
— Don Alvar , levez-vous , m'a-t-elle dit. Je me suis levé le cœur glacé par ces froides paroles. — Sortez, a-t-elle ajouté ; et je suis sorti humilié 9 confondu, désespéré.... Où donc cette timide jeune femme a-t-elle pris Ces regards , ces accens , qui m'ont atterré?.... Je ne sais, mais il est
certain que j'ai tremblé devant elle.
Mon cheval m'attendait à la porte de la ferme ; je me suis jeté dessus, et lui laissant la bride sur le cou , j'ai franchi com^le un fou les rochers, les torrens , les précipices, demandant à coups d'éperon à mon bon andalou de m'affranchir de la vie par un faux pas. Mais le noble animal ne m'a pas compris, et son ardeur baissant avec le jour> je me suis retrouvé , sans savoir comment ,
— «M ET U« tONT UN. -^ 259
rendu au gîte ^ doot son instinct lui avait 'indiqué le chemin. ••••..
Elle ne m'aime pas!.... Que faire maintenant de la vie ? Elle ne m'aime
pas ! • . . Insensé ! tu la voulais for te^ et voilà que tu pleures!... Eh bien oui! je pleure des larmes de sang! Qui peut expliquer les inconséquences , les bizarreries du cœur? — Hélas! la frénésie de mon amour a étouffé cette autre frénésie que je tiç conçois plus.... L'honneur, la vertu sont sauvés, maisle bonheur est à jamais perdu.
Elle ne m'aime pas ! . . . .
Me voici sur la route de Paris. Chaque tour de roue qui m'éloigne d'elle augmente mon découragement. Il j a des instans où je suis tenté de faire tourner bride... L'élœgnement, c'est conune l'avenir: on'
n'ose s'y fier.... Mais, hélas! pourquoi Jàbas plutôt qu'ici?.... Irai-je m'exposer encore à sa colère , à ses dédains P. .. . Je sais bien que je n'ai qu'un mot à dire pour être reçu en maître; mais Salvator est-il tombé si bas, qu'il ne puisse être aimé que par contrat?.... Réclamer cet^ foi jurée, cet amour de devoir qui ih'attend, cela serait sage peut-être ; l'orgueil deGlara serait satisfait.... Mais le mien, mais mon cœur qui rêvait le bonheur du ciel. . .0 mes douces illusions! vous m'avez gâté la réalité ; un sentiment raisonné ne peut plus me suffire, et j'abjure tous mes droits, s'ils ne sont pas concédés par l'honneur ! • , • • •
Rien n'avance, rien ne se termine ;
enchaînée depuis plus de deux mois à une vaine formule , ma vie est comme suspen-^ due.,.. Mais dans une question où la di-
gnilé de mon souverain est engagée, je ne dois pas céder. Qu'il me tarde de m'aflfranchir de ces chaînes dorées si lourdes à porter ! Autrefois mon orgueil eût été flatté des honneurs qu'on m'accorde ici; maintenant tout ce quineva pas à mon cœur ne m'inspire que du dédain /
Eh ! que niHmportentà moiies intrigues des grands ou la bassesse des petits? Que m'importent les grâces , les faveurs et les déceptions des cours? j'ai mis ailleurs mon ambition !
Ces Français, ils s'étonnent de mon si^ lence , de me^ gravité. Pauvres gens tout en dehors, vous ne soupçonnez pas les orages qui se cachent sous ce sérieux de costume ! ceshonmies qui s'échauffent à froid, qui suent de la glace , ils ressemblent à ces rivières qui coulent pour tout le monde.
Moi, je suis un de ces volcans' qu'on ne connaît que lorsqu'ils font explosion. Gomme ils riraient , ces habiles moqueurs , s'ils sa-
362 — LB LrVEB DE9 FEMMEfT. —
vaieot que mon âine^ cette âme si fière^ est emprisonnée dans une pensée ; s*iis savaient que moi 5 qui regarde en pitié 'leurs petites passions ^ leurs petites intrigues ^ JQ suis passionnément amoureu^^ et de qui?...
dema femme!*., ils diraient que je suis fou... Eh bien! oui, je suis foui... Mais allez donc dire à cet ambitieux qui rêve le pouvoir, à ce t auteur qui postule Tacadémie, à cet étudiant qui vient d'enfanter un système ; allez leur dire que leurs projets sont faux, ilspoursuivrontleurs projets, sanss'inquiéter de votre opinion; et ils feront bien, car eux seuls connaissent la force de l'impulsion qui les fait agir
. . .Grâce au ciel, tout est termine: j aipns hiermon audience de congé; je paiîs demain.
Fernando ira porter à Madrid les dépêches dont je 5uis chargé^ et pu^sf il reviendra atr
— WN ET UN jrONT VH. — • %ùi
tendre mes ordres à Bajonne..* Je vais donc ni'eniyrer encore de ses regards^ de ses accens!.* Je tremUe en songeant que ces qudqiies jour» que j'aiccorde à ma faiblesse seront peut-^tre les damiers i;- ea^ mon parti est pris , irrévocablement pris.
Si mon retour ne lui cause abcune émotion, sielle reste insensible devant ma tristesse, s'il n'^dste enfin dans son cœur aucun intérêt, aucune sympathie pour moi, je m'éloigne en sflence, et Clara ne saura jamais que j'avais le droit d'exiger un amour qu^ je nfai pas su lui inspirer.
. Je sème l'or, je brûle le pavé. Accoutumé à mon âegme espagnol , Fernando, s'étomie dk l'irritation que me ^n^ le moindre rietard. AJb , Fernando ! tq ne sais pas que ma' vie est au bout de cette route que je dévore de la pensée... Va jporterà Madrid ce traité qui sans doute me vaudrait
354 — LB LrVM D«8 FEMMES. —
de nouveaux honneurs, si je voulais poursuivre la carrière diplomatique, et dis^leur que Salvator, dégodié du monde et des cours, ne veut plus rien, n'attend plus rien des hommes 1
«..Je Tai revue !••• et le ciel a permis que notre première entrevue se passât lom de tous les jeux. Je l'ai revue ! ; . • Je frissonné encore en songeant à mon émotion, lorsque je l'aperçus au détour du sentier qui circule sur la montagne où est assis, comme un géant de pierre, lechâteaud'Auhigneux.
Voulant surprendre les impressions de Clara, je n'avais pas fait prévenir ee& dames démon retour. J'allais donc, tout rempli d'elle, me rappelant un mot , un regard, un soupir, et puisant dans me$ souvenirs je ne sais quel espoir d'amour. Tout à coup , je crois voir... je vois une femme élégante et svelte se détacher sur le flanc vert de la
— VJi ET UN FOJXT UPf. —
2fî5
montagne : j 'approche douceitient... A demi couchée sur la bruyère en fleurs , une femme confiait à des tablettes je ne sais quek pensers qui faisaient couler ses larmes« Je ne pouvais distinguer ses traits ; mais des cheveux blonds qui s'épandent sur un cou blanC; une taille élégante ^ un petit pied qui soulève les plis d'une robe. . . C'est elle ! ... • c'est ma Clara ! • • •
Palpitant de crainte et d'amour, je m*é-lance à ses pieds. «..^ O bonheur! ce n'est pas de l'effroi que je lis dan§ ses yeux, c'est .de la surprise, c'est du plaisir.
— Don Alvar! quoi! c'est vous?... vous enfin ! ,Ah î je n'espérais plus vous revoir. Et se penchant Tcrs moi, elle cachait sur mon épaule la rougeur qui couvrait son front. Moment d'éternel souvenir! Elle était dans mes bras, cette femme adorée ; son cœur battait contre le mien; je respirais son âme, et Clara ne me repoussait pas !...
Ab \ je pouvais mourir, j'avais vécu!... Des
idées confuses de ciel ouvert , d'ange «ir terre, et d'amour sans fin, traversaient mon e^rit... C'était un enivremeat trop fort, un bonheur trop grand pour ce monde :*un nuage couvrit mes jeux; mes hras cessèrent de la soutenir i ma tète défaillaate tomba sur ses genoqx!... Sa voix, sa douce voix me. rappela dans la vie.
— Don Alvar, qu'avez^vous? s'écriaiteHe ; oh î parlez , je vous en supplie ! — J'élevai mes regards vers elle : Est-ce bien vous, Clara?.,. Oui, c'est vous qui daignez m'écouler sans colère, qui ne m'accablez;{dus de V0& mépris!
* ' Bn reportant son esprit au jour de nos adieux, ces mots avaient fait évanouir la joie qui brillait sur son ' visage ; un ntràge pas^a sur son front; son maintien devint sévèrfe ? elle ouvrait la bouché pour me répondre...
— Ne pariez pas, 'Clara, ne parlez pas,..
VOUS allez m'ôter mon bonheur. Illusion ou réalité, laissez-moi croire que vous m'avez pardonné, que vous me plaignez, que vous...
— A quoi bon rappeler un moment d'er^ reur que je veux oublier? Don Alvar , vous le savez , je ne m'appartieqs plus««* mais si je dois repousser avec sévérité un amour qui m'offense, je puis avoir pour vous la tendre affection d'une sœur... Pourquoi rejeter ma main? pourquoi ce regard sombre et ce sourire dédaigneux ? Est-ce que vous ne comprenez pas tout le charme de cette sainte amitié, de cette pure alKance des âmes que je vqus offre ?... J'ai longtemps désiré un ami pour le rendre dépo-^ sitaire de mes peines , de mes ennuis , de mes plus secrètes pensées : don Alvar , soyez cet ami , ce guide , ce mentor dont nia faiblesse a peut-être besoin.
Et tandis qu'elle s'exprimait ainsi , la vertueuse confiance de l'innocence éclai-
268 — f.E LlVRi: BES FEMMES. —
raiisOD front ^ et ses yeux levés au ciel; semblaient le prendre à témoin de la pureté de son cœur ; et quelque chose de céleste faisait succéder le respect aux sentimeos impétueux qui m'agitaient.
Clara , lui répondis -je en soupirant , cette union que vous peignez^i douce^ elle peut suffire à un ange ; mais croyèz-voiis qu'un homme puisse embrasser une telle illusion?
— Pourquoi non î les hommes ne doivent-ils pas nous donner l'exemple du courage? Ah ! le noble Alvar ne trompera pas mon espoir ; il saura étouffer un coupable amour ; il sera digne de l'estime, de l'amitié que je lui offre. Si vous saviez/ pour* suivit-elle avec exaltation , si vous saviez quelle joie douce et pure j'éprouve en ce moment ; si vous saviez comme mon âme est calme , cOmme mon cœur est heureux , vous n'hésiteriez pas à échanger vos re-
mords contre la paix d'uae conscience sa^ tisfaite.
Désirant fortifier sa sécurité , je promis tout ce qu^elle voulut : d*étouffer mon amour , de Taimer en frère , de lui donner des conseils pleins de sagesse ; mais tout en promettant, je couvrais ses mains *de baisers ardens, et mes regards s'inscrivaient contre mes paroles. Clara s*est levée.
— Don Alvar , il est temps de retourner au château • . . Ma mère aussi sera bien contente de vous voir; venez!
J 'obéis.Satisfaite de ma soumission, Clara s'appuyait sur mon bras avec cet abandon qui semble dire : je te confie ma vie ! Deux ou trois mouvemens de terrain me permirent de presser une main que je sentis frémir dans la mienne. Concentrés en nousmêmes y nous ne parlions pas ; mais que de choses étaient dites et répondues dans le silence ! Ah ! quel que soit le bonheur que
.270 — LBXIVBK DBS FEMIIBB. —
j'espère 5 cette heure, da .ciel rie s'^effacera jamais de ma pensée.
Nous arrivâmes. Les domestiques nous ayant aperçus de loin avaient instruit ma* dame d'Aubigneux de mon retour ; elle accourut les br^s ouverts : je l'embrassai avec transport; etl'intérétavec lequel elle écouta les longs récits du voyageur, me fit connaître tolitlecharme que je pourraisgoûter • -
dans l'intimité de la famille.
Qui peut se flatter de comprendre quelque chose au cœur des femmes?. •• Hier le trouble de Clara , sa joie naïve, ses promesses d'amitié, préludes d'amour chez les femmes, me donnaient l'espoir d^étre aimé; je me reprochais de n'avoir pas payé par un aTeu complet l'accueil qu'elle m'a fait:
mon bonheur n'a duré qu'un jour!..^ Hélas ! ce n'est pas moi qu'elle aime ! Un acte de folie , un mouvement ^l'enthousiasme
— UN ET Unr FONT UN. — 271
irréfléchi a frappé sa jeune imagination ; elle s'est fait un héros^ un dieu qu'elle ad6re sous le nom de Salvator. Quant à don Alvar ^ eUe le voit sans illusions j elle connaît ses défauts^ elle les4uge avec sévérité. •••
Elle ne l'aimera jamais !
C'est le hasard qui in'a fourni ces funestes lumières. Cematin^ avant d aller au château , j'ai voulu revoir cette place où Clara m'apparut hier , si bonne et si tendre; et doucement bercé par mes espérances ^ je me prenne ttais un bonheur prochain^ quand ma main rencontra ^ous la bruyère les tabl6tt€;3.que dans soû trouble Clara y avait oubiiéies la veille. Je frémis en pensant que mes incertitudes pouvaient cesser^ qu'il ne tenait. qu'à moi de lire au fond de son âme... Cependant j'hésitai pendant- quelqm^s, instans... Ma délicatesse souffrait à surprendre ainsi ses isecrets; mais l'espoir de lui dérober l'aveu d'uot- amour sans lequdiiîene'puîs {^U9 vivre^ l'emportant enfin
LE LIVHB DBS FBMIIB8. ^
sur mes scrupules , . j*bùyris les fatales tablettes... Ah! jamais iodiscrétion ne fut plus cruellement punie.
JBXTBJlIT BBS TAB&BTTBB SB OLAMA.
« ..... Mon attachement pour Salvator est né près du lit de douleur où il reçut ma foi ; rbéroBme de son courage^ sa tendresse pour son père ^ la patience et la douceur avec lesquelles il supportait lés souffrances les plus aig^uës , Ini ont ga^né mon cœur.
Oui, je suis fière et heureuse d'être Tépouse de Salvator. ., » . ^
« .... Où est-il, que fait ^il, tandis que je l'appelle, qne je l'attends ?... Pourquoi me fuit-il?. . . Je sub trop jeune , dit-on !. . . Mais il viendra ; ne suis-^je pas sa femme ^
— IJlf KT UN rOJf T Ult. — * 373
sa Clara?. •• N'est-îl pas mon Salvator?...
Il Tiendra réclamer la foi jurée^ û Tiendra. • • et je Taimerai tant y qu'il sera fier de m'aimerunpeu... »
« Don AlTar est ici depuis deux
jours; sa présence deTrait animer notre solitude y et je suis plus triste qu'avant son arrivée.. • Il est jeu&e, il est bettu; inafis l'autorité de sa parole y la noblesse de ses traits^ la dignité de sob maintien^ m'inspi'rent uneisorte de crainte*. • Son regard, qui «eioGible ploagter dans mon âme, m%timide etœaglaoe!..^ Que me veut-^fl?... Est-il chargé par Salvator d'étudier' mon caractère?. .. Je ne sais, mais je tremble; un . pressentiment nie dit que.cetbomme doit exercer sur ma destinée une^influence fu* Aestel**. ^>
« Don Alvar est généreux, mais il
soulage plus qu'il ne console ; il est fier et ne sait pas ménager Forgliâfl ;des autres ; il ne souflFre aucune contradiction , et ses
274 — LB.141»P Dit FKMHM. —
moindres avb âont des loû qu'il fant sui'-»
vre. C'est, ye le crois, un homme sopérienr; lû^is j0 Bft^ seos géoée'eii sa prémùce; il me semble qu'il cherche à me dominer , à m'^^ej^Tin*»* Et de quel droit ?••. Il est Tami de Salvitor ; mab SalTator n'a pu loi déléguer sou autorité* A mon épouit > jjé dois amoiHf , soumission , obéissance ; à dbn Alvakr je né dois rien. • • a
« ..«ito Depuis quelquei jours de noirrel^ les pensées m'agitent et me lôurmentent* Ënthouaiaflte de toutes les gloires de sott pajs, doil Altar m'a récité les roûiiinoes du Gid: le feu de ses regards y lé tremblemiettl de sa voix, Tecaltation d» l'amottr de Ght«.
mene> toiit:cda a fait nattré m iboî des sensations que je ne çonaaifliais pas^«*'j0 me sens envie d'être heureuse... <heuktsliM de Ce bonhi^t de l'Aine que dl>n. Alvar peint^^ bieni.. Ah I «SsdvaliDr» quand yisn«^ dras^tu m'itiitîer à celle vie qtte je révèaana la coianprettdf è?. • »
— VN i*r UN foN* vn> ^ vn
« .•••Cette rose j elle «st faune comme fAoi $ ccMomie moi négligée, die mônrra
^vec ses parfums. «• lUes joarsy mes trislee
jours se détachent iin à tm cornine les pé<* tâles de cette fleur •• • »
« ...•« Don Âlvàr est parti. .«Mes «près** ^nthnen» ne m'avaient • pas trompée ; il mfaime!*** On peut donc m^aimer?.. Ah> Salyator! deviese^vousin'exposer au danger d'entendi^ \tn antre me dire : Je t'aimei . < . »
41 "Quel poison ! quel eimui I H m'accable , il me tue ! 1^ attendre rien ., n'espé^rerrien^.. rienw* pas même un malfaevr pour rompre Tassommante uniforaâité de ma vie!#«* Selever.*. mardier«.é soupirer!
Est-ce Tiyre?.«. £t je n'ai pas vingt ans!..* Mais on meurt à tout âgé... »
« .,•«. Pauvre caméléa^ si beau alcirs que le soleil brillait; tu languis^ tu soufires»
privé de chaleur. Ah ! le froid té tuera.. •»
« •«.*• Il est mort, monbeau oaméléa^il est miort!.*. Je Tai pleuré!*.. C'est un cha-
27ti — LE IsTVWat DES FEMMES.
^/nn d'enfant;* mais on $*attache où l'on peut !« • . l'ainiais sa corolle élégante ^et soô éclatante Uaneheur , ijue faisaient rassortir qùel<jues^ gouttes de sang. • • Moi aussi , il y aune goutte de sang dans ma vie!«««^ Hér las ! je crains bien qu'elle n'ait terni la pureté de mon âme!. •• Don Âlvar.«. Pas de lettrés 9 pas de nouvelles.. • Ah! je suis comme le caméléa^ le froid aie tuerai... »
M ...«rt'Je souffriei>> ma sa^té s'altère, et. ma mère s'inquiète< Qu'as^tu? me.dit-eile souvent.. -*n Hélas! ma maladie ; c'est rtiùa cœur <^i m'agite, qui me tourmeonte...
Don Alvar ne revient pas..; Mon .sort est d'être abandonoéel... Il jurait pourtant ;de m'ain;iter toujours !^... Est-ce qu'on aban* donne les gens qu'on aime?... Etre aimée d'amour ! moi ,1a femme d^ Ssd vator i . • .
Mais je l'ai .repoussé, cet amour coupai Ue ! »; . Salvator , tu n'as rien à me . repro^ cher. Pourquoi donc ne'¥iens-tuipas.m'ar^ raeher à moi-même?.... Dieu! n'4>9^
— - tm KT Vit FONT UPf. — 577
rêver , ni chercher -^lé bonheur , dans ^ fa. cràitite dé le rencontrer !•;..;' C*est af*freux!...» ....
« .• ... Il ne vîent pas K C*edt petit^étré mal de désirer son retour; mais j'ai tant besoin d'un ân^i!/^^ D'uiei ami, entendez^^ tous; don Âlrar?... Plus de cet amour qui
m*éflSràye . . • • De l'amitié . , • Ah ! la mienne sera si tendre/ je vous plaindrai si bien tjue vous ne serez plus malheureux !... »
Que de camdeur dans le^ épan<â)feni^9 de cette âme de femme ! Eii les lisaïit , je nie suis senti tour à tour blessé , apaisé;,
irrité, attendri Ahf l-âme de Clara V
c'est le printemps tout rempli' d*espé-:
ra^ncesi. ^ : Qô^ît «erait doux d^êtrô sa seule et unique pensée , sa joie, son espoir^, son bonheur K.. v^ :;
Mais ce n*est pas mùi qu'elle 'aime ;*c*«st
SalTatér; ou -plutôt c^eat «a.^tra de rai-' 8<m /<fii*elle se .pklt à OTfier de foutes Iw rèrtas. Impérieux et fier^ don AlVa^ q'cisI !b<mf tootaQ p)u9^ qji% Mr^ un 9m, ^^ «oofîdéiitI*«t» Moii le coixfiitelii d6 eoa amour pour wt autre !%^^ Gi^la peut^Sl 9^ suppwi6r?éM N0d| certe»! je ne tue sem pii9 £ufc peut les seconda rèlas : son. iMÛtié «M^ Un oubrage ; il sofi faut sga ceiaauir ! .«#
Blessée par Tappaorent oubli de scm époux, Clara éprouve pour moi je ne sais qii«U($«jQO)pa^«Qii u2^ed^M€<>piiAi3saDce, ^i bi faiis«4t d^ifer mon rHomi Q^ïC^ point ass^K i pour wrk r^pm , iewwiQ pooit le mien , U faut- qu'elk m'aw»*»t il feut» «tpié JQ wis ceif tain d'être aimé*. .
U ja> j<^ lesaw^.de la bafl^Mie^jLà vour loir intqfnrar à c^tte £9mBpie al.pwre un
amour qu'elle se reprochera qQ)3im&' uH eïïkm i sm^ en attaquant les d»oit« 4« : ré-
— VM JKr tJB FONirilN. *— 37^
pom^ j« l«s floutÎMis, je les protège; car ft Mt oertaw <;tie .â elie ne m'aimé pas»
«Nb lie Battrait l'aimer^ et alors que deirien-* cbra-t-«Ue y lorsqu'elle retràaiyera dpns Sat* vator les défauts dedon Alvar?*.. N'est-il; pas à craindre que ^ trompée dans son espoÂr; di^ ne ckeMlie afllews ee type de perfeetion qsi iu'eaciste que dam mn inuN ^Qatiofi?;«« Cette pensée est un. outrage y je levais y j'en géims«*. Mais enfin cette ja-^ kiuste^ cette infernale jaloiusie'qui me po»' aède , ce n^t pas moi qui me la «uis faite . . • G^est uBr vice ide ma iiature y une infirmité de mon ànie. • * Clara seule pourrait m'en guéiirl Le YOiidra-l>-clfe?..i.. M^aimera^ trelle assez pourmesamfiw sa chimère?. •« ]il'aiin0ra--t^e assez pour tomber dans mes bras* pair la seule force de sa rolonté?.. « M'aimcm^*tH9l]e assez pour me pardonner cetie dernièràépreU'Te?... Hélas ! jelayou-* draia exigeante et jalouse» Oui > je pourrais retirer le poignard de mon sein , et le por^
— LM UVAI 1»BS FmiMSS. ^
ter à'mes.lèrresV si; sa nmn m'avait frappé! Mon âme,, ma vie^ nia pemée, tout n^oi est à. «Ue ; . el- je neiui demande eni» ^e ce-que je h»i ai f dooinë;
Ëiitrainé hcMrs lies liiaites delà fHrudeooe par la Tiolencede me&sentimeDs et deiÉe^
désirs., je ne sais plus cadbei^ ce 'que j'é-:»
prpuye* Gldra est, avec méi d'une sëvénté qpi m'indi^pcie : pas la moindre faveur y paa le moindre, regard, qui puisse souteb»
mon eourage. Madame d'Aubigneux corn-* Qience à soupçomier la cause de naa tri^ tesse; son amitié jEAKir-mbi n'^n paratt'pas altérée : maiseUe m'observe aivee une atten*' .tioik quime»fetigue , et^elle évite iiiam£e^ natii de. me laisser seul aVee sa fiHe. Pduyre femme! la prudence 4e :vieht> trop tard!
Oois^'tu donc pouvoir éteindre un- volcan en soufflant déssusi?.;*i6'esi»*la'premièrb étincelle, de ce feu* qfu'ilnfeUait étovrferj
— liir BT VN FONT UN.
loiffiqu'il ne s'agissait qtte de mon orgueil , je pouvais ^parlef; à pï'éseîit il s*agit de mon bonheur.' Je saurai metaire, et pour-^ auivm mesiprojets en, dépit de ta sunreil^
...Enfin, je me suis trouvé seul aveo elle... Demandée en toute hâte par un mi^urant;, xnajiame d'Aubïgneux a été forcée :de se, rendise, ou la charké l'appelai t. Clara y0ulait;la,suiyre ;' mais sa m^re, oraignâutTair contagieux de la fièvir^^aexigé qu'elle restât. Quelques mots semblaiet^t m'ii^^viter à lui offrir ; iQOn bras ; jVi f^int de ne nasdes^çomiprendir^ e^-elle est partie,.ein jetaot ^i|f moi des reigsird^ di^tn^ lesquels j'ù cru lire une expr^sion ^i^guUèro* G'étaiçii^ de lai prièrti , » de Tat .çonsip^siap , dw Jôfw^ çhê*h«fMai^Avais*j(& le temps d.'aaaly^ertoui cela. Clara était seule avec moi ; iptepîdil^ et ti|oub)é?i>. die! semblait voulçw R'iabsor-
bep/damlaomitéittpUtibii il'un vâeiixpOT-* ttait' qu'assarésoéiit elle lie voyait pas*
J» xne ams approché d'elle ^ et mettant Hû gvnou eà tsiré , j*ai imprimé sor sa main un de ces baisers qui vont à L'âme parce qu'ils en viennent.
— Don Alvar , esî-^e ainsi que vous te- ME vos promesses? m'ap^^elle dit en retirantsemaib. v**
' Ce geste m'a blessé •;£» quoi donc 7 ai** \e B(iaoqué? lui ai-je demandé avee ircmm; ne suis * )e pas calme / tranquâie , heù-* reuit?. • . FTai^je pas pour vous Famitié d'oo frère?* ■"•••-
— Si vous êftes heureux , ^pourquoi ce rire amer , et ce^ ttiots piquans , qui , Men souvent me déchirent le cœur; pOl3lr^ quoi ces soupirs^ ces regards qui troiiidënlr h paix de monftfiae^.w Eb! dOn'iUvar, eM^e tï cette «mitié que vous m'aViez promàse?-' ••^'
^^^ biteh non! fcW de Vamoui*^ o*est
UN ET «N vont' w: ^ '
lia
do la cdière , c'est du malhcfnr. •« Vous Toâr restov imUfiiÉrente derant nie» tourméus ^ cek mHmte , cela m'indigne. . Clara, il faut que voua m'aimiez ou que je meure ! . « ^
*-* Ne 5viis«)e pas votre amie , votre sœur?
— Laissona là ces subtiles distinâtkms ; disque tmoa'aimes^ et e'èistasseï;!...
-^ YouÀ oubliés qu'un autre est mon épouxl
: -«^Ti» épouxlé*. Non! Salvatôr.esl un monatrè^ c'est un tjrrauy indigne de ton amouri défife^toi de lui... defie^oi de mpi!4M Je hais Salv^tor! je me hais^ et pwfois. je te hais toi-même , paurre vio^ time qui né sait que pteucer el aouftpir ! i ( ^Don Alvar, vous m^iotfrayez; il y â de Tëgarement dans voa jeaax ^ du dâift dans vCiSi paroles* «it Bon iAIvarui Mm âmi ,
' M-»Ti Âb! voua a(V«^ itaîsou , m^n coter e^t eu id^fii«e; «aon esprit «si pei^u > ma
raison «at morte;.. Si tu savais;... si In. sa-» Tais ! . . . Tieos ! dis-moi je t'aime ^ et Torage s'apaxsêra... dis inoi je t'aime , et tu assu-^ rei'as par uD^eolmot ton konbeur etle mien .
- — , Du- bonheur, en est-3 avec des femords ?
: "^ EL ! pourquoi des remords ?
. -*- Pourquoi ?. .v II lé demande. . . JMbi^s songez, donc ; Alvar', que je suis l'épouse de Salvator ; songez donc que rien ne peut Sûre que Salvator ne soit pas mon époux l . •'*— Toujours: ce Salvator î toujours' ce Gslntême entre toi et moi!... Eh bieà doiif^l aÂmenlé, et tu attendras en vain son^sre^ tour ; f ainie - le y «t tu passei^as ta jetmesse dans lés larnaes et dam^ l'abandoa ; ;aiiûè« le > ett tu' cônbaftras à ton -tour le supplice d^âimerbans^ espoir >! — ' i-^ '•'•• , i»**^D0iî Alvar.^^e^'aipa^ attendu vob cruelles prédictions pour lire ^âdils r«t^clî> qoi m^est oréservé ^ maiâ quela qufe sb(elI^les sentimekis «que renferme- m^n cœur> j^kime
— UN mr UN FONT pnf. — M5
Hiieux mourir malheureuse que de vivre coupable. *
' --^ FdBme insensible ! • . . Ainsi donc , fièré -de • ta vertu , tu resteras pour moi froide et muette comme la tombe ! '
r-* Insensible ! a repris Glara^ insensir blej ah! don Àlvar^ vous êtes bien aveugle si voHç ne voyez pas tout ce que je souffrje!'... CrOjez-moi^ mon ami^a-t-elle ajouté en posant uibe de $e^ mains sur les miennes ; il est des tristesses* cent fois plus amères que le désespoir. Ce il'est pas quand U douleur s'exprime qu'elle est plus à plaindref,; c'est quand elle se tait^ c'est quabd eUese co&cenireiaafondldu cosur, c'est qbandonen mqart. ::;
<Ën a'ehe^ant cea mots elle est sortiey ea cachant dans ses mains sa figure inondée de larmes/ et je. suis resté scmis le poids. de càtte>dciukuï pro£oQde« f ; , ^ :
DepuiS'nBatre.entiretien)^) j'observe^aveé.
tenreur . la pAleur de Clara ^ , ^t son regard
— LB LIVRS »Bt FBHim. —
éteint, et m UiUe amiacie, et sa Tnix fsdble et douce comme un soupir •«•« Grand Dieu ! si cette ftme si pure fiiyait défaut le remords ! si cet ange outragé retounaait aa ciel sans atoîr connu le bonheori Clara, je t'en supplie , ose m'aimer , et )e te vendrai la sécurité de la vertu; ose m'aimcHr, et nous serons à jamais heureux , et tu me re^ merciwas de n^avoir pas Touki que la chotue du mariage pesftt de touf son poids ^sur noire amour !». •
L'épreuFe est terminée. • • Tu as vàin« eu, Clara!... Aussi vertueuse que tendre^ tu as su convaincre ton amant de toii amour, et tu es restée pure aux yeux de ton époux.
... C'était hier, assis pràs de Gara} je méditais sur les moyens d'obtenir eti&n des preuves irrécusaUes de ^ sentiment qui oè doit rien craindre , rien calculer ^
^ UN KT un Foirr «nr. .— W7
rkn préiFoir. En U voyant êi Mime et si * maîtresse d'elle^tnéme, je me disais : T
aara-tHÎl dans cette Âme asses de passion , dans ce cœur assez de dénouements dans ce» bras assez de force pont m'encMoer à la vie?... Placée à quelque distance , ma* dame d'Aubigneux méditait aussi , et les reg'ards qu'elle attachait sur sa fflle^, iudi^ qoaibftt assez que Tobjet de notre préoccur pation était le même. . ^
Tout à coup . continuant ^ans dopté sa pensée t
~: Y a-t-il long - temps, don Alvar, me dettfâttdft^-t^-elle en attachant sur mtd des yeu^' scrutateurs s y M-il long -tenipç que tow «'avez reç«^ des nouvelles de Sâl- ^vator?
-^ k cette question Glttra tressaillit, et sBdt-^ttiéme..* Mais surmocttant mon étno^ tîoh' : . " ' - ;
^'Madaitie > tî-^fe répondu ; U ne «h'ft pas écrit depuis mon arrivée toi.
1>M • — LE ftif SB un FBMMK9. —
— Voilà qm.est «ingulii^! a repris ma« liame d'AubigneUx avec un peu d'aigreur ; à défaut d'un, autre sentiment > il me sem**» ble que la euriostté -devrait lui faire dési- Fer de savoir comment sa femme supporte rëternel exil auquel il parait l'avoir condamnée.
-^ Que voulez^vous ; madame! ai-je*dit ici -en affe<;tant un ton léger , Salvator est sau^e,insociable,bkârPe... C'est «n homme* d^hopneur^-mais si étrange , Sii per^^ sonnel... J'ai appris récemment que , te-* nonçant à la cour^ au monde, ^il avait rompu- tout commercé avec ses meilleurs amis^ et je ne serais pas étonné de lui voir sâiprifioi: l'avenir le plus dou::^;, à la crainte d'aliéner son indépendance.
. — ; Don Alvar , interrompit avec liaiitèur madame d'AulHgnei|x> si tel est en effet le caractère de M. de Lostervos, toutpeuts'ar- |ïaiigen::le$ \i»m. qui j^ttachent ma 'Me h son époux p .ne aO0t pMr4ell^nent serrés ^
— UN mv uif rowT «yn. — tB9
qu'ils ne ptiissent se rompre et si Clara j consentait...
— Jamais ! s'est écriée Clara , qui ? moi accuser mon époux ; moi , proclamer ses torts et mOQ malheur ! Non ma mère ^ nou^ .
Salvator peut me fuir , mais jamais il n'aura le droit de me mépriser !
— Malheureuse enfant ! mais tu veux donc mourir de douleur et d'ennui dans ce triste château ! . . . Ecoute - moi , Clara., pendant lés trois années qui viennent de
s'écouler, j'ai beaucoup souffert; mais, tu le sais , étouffant le ressentiment qui fer*» mentait dans mon 'cœur de mère, -je me suis efforcée de soutenir tes espérances.
Maintenant mon courage est épuisé , et plutôt que de te voir mourir comme une victime dévouée, je sais ce que je dois faire.
— Maman , vous m'effrayez. . . que vou- . lez-voris? qu'espérez-vous?
* — Je veux que ton sort se décide; je
^90 . — LE UVRS DKS FEMMBS. —
^veux qile Salvator renonce à ses droits, ou qu*il vienne les réclamer. •
— Vous me faites frémir ! ah ! ne compromettez pas mon repos par une dé* marche que je serais forcée de désavouer !
, — Je m'attendais si peu à être désavotiée par ma fille dans une circonstance à laquelle je crois son honneur attaché, que je n'ai point attendu son consentement pour agir, a repris madame d'Aubigneux avec sévérité* Ecrivez donc, Clara, écrivez à don Salvator que c'est sans votre aveu que votre mère a réclamé pour vous la protection d'un époux. Mais hâtez* vous, car ma lettre est partie depuis long - temps ; et s'il reste au cœur de M. de Lostervos quelque sentiment de justice et d^honneur , il ne saurait tarder à m'apporter sa réponse «
— Lui ici ! lui ! . • . don Lostervos ! ; . . ma mère , qu'avez-vous fait ?. . .
— Mon devoir, mon enfant , et j'espère que vous saurez faire le vôtre. En achevant
— UN ET m FONT U». — 291
ces mots', madame d'Aubigneux est sortie d'un air solennel , et Clara s'est écriée hors d'elle-même :
— Ainsi donc tout ce que j'aiine senable conjuré contre moi.... Salvator en ces lieux .... Salvator venant réclamer ses droits !.. .ah ! don Alvar, qu'allons-nous devenir r
Et succombant sous le poids de cette douleur imprévue , Clara est tombée dans mes bras, et je l'ai serrée sur mon sein en l'appelant des noms les plus tendres; et mes baisers ardens ont rappelé la vie sur ses lèvres froide* et décolorées...
— Don Alvar! s'est-elle écriée en s'arrachant à mes étreintes, don Alvar! pitié pour une pauvre femme!... Songez qu'il va venir! songez que je suis son épouse!
— Non ; ma Clara , non , c'est moi qui suis ton époux; ton cœur a répondu aux battemens du mien : mes lèvres^nt touché
292 — Lk LIVRB DÛ FSMMES. —
tes lèvres vierges encore. •• Ya, mes droits sont cent fois plus sacrés que les siens I
— Oh! ne dites pas cela, vous me^ faites mourir de hopte ! -
r— De la honte! à toi, mon ange! mais pouvais - tu , dis - moi, échapper à mon amour ? Pouvais - tu , toi , si bonne et si tendre, te soustraire à cette passion qui t'arrivaït avec mes regards , avec mes soupirs, avec l'air que tu respirais?
-r- Hélas ! il est trop vrai , don Alvar, je vous aime ! • • • mais au nom du ciel ! em*
portez loin d'ici un aveu. qui fait mon mal-* heur,
•^ Moi ! te quitter ! jamais !
— Jamais. •• et'que direz - vous à Salva*.
tor , lorsqu'il vous demandera : Pourquoi donc est-elle si pâle ?. . .pourquoi si triste?. . . pourquoi se meurt-elle?. . i
— Que parles -tu sans cesse de Salvator?
Aime -moi bien fort , ma Clara , et le souvenir de Salvator ne sera rien pour toi.
— • «Bi Kt BK FOUiT' UN. -i- 293
QûaQd rame . est dans te ciçl^ ,le corps ne sent plus ses cbaines.
-^ £l}6$ existent cependaiït^ et nous retiennent sur là terre <
— La puissante main de Tamour saura les briser!... ,
— Les briser!... Don Alvar, que vou-, lez-vous dire?
— Que tu m'appartiens, que tu es a moi, tout à moi , rien qu'à moi!
— Mais c'est le désbonneur que vous m'oflPrez!... Ah ! don Âlvar> je. ne l'aurais pas cru!
— Le déshonneur ! . . . crois-tu m'effirayer par un mot?... Eh bien ! oui, je veux que tu m'aimes assez pour me sacrifier jusqu'à rhonneur !..^ Clara, ma bien aimée Clara ,
je t'en supplie à deux genoux., ne me re-r pousse ^pas ; c'est ma vie ! c'est la tienne que je- te demande... Est - ce que tu pourrais vivre sans moi ?. . .
— LE hltUM D» FBMMSS. —
— - ACeux vaut la in(M*t que le désAtotineur !
— Clara ^ ton amour est bien faible/^ tu peux résister à mes larmes , à mon désespoir!
— Je puis mourir ! Que voulez- vous de jJius?
— Que tù te jettes dans mes bras , que tu m'abandonnes ton sort, que tu te fies en
mon honneur ! . . •
— : Votre honneur !... Osez-vous bien
parler d'honneur ^ vous qui voulez me
perdre , m'avilir ! . . .
— T'a.vilir!.'.. toi, Clara!... Dieu du ciel! si un autre eût osé proférer ce blasphème, tout son sang né suffirait pias pour laver lin semblable outrage ! . . . Ange , je te le jure', mon amour ne peut tVvilir. . . Mais songe donc à, tout ce qu'il y a de grandeur , de noblesse, de dévouement dans la passion!
soDge que l'âme qui en est atteinte , s'élève au-dessus des hommes et du monde, qu'elle
— vu. Et UN »ONT.IÎN. — ît>5
les prend en pitié'! . t • Ah! loin de t'avilir^ ton amour fera ta gloire. •• Tu seras fière de le sentir y tu seras heureuse de le prouver.*. Tu détonnies la vue... Tune me réponds pas; Clara,- tu ne m*aimes donc pas?... •
- — Quels semiens pourraient convaincre celui gui doute de tout, même de la vertu?
— La vertu ! . . . C'est le refuge des cœurs faibles d'amour ! La vertu , c*est l'obstacle qu'on oppose à ceux dont on veut se débarrasser... Crois-moi; Clara, l'amour pro* -fond, l'amour réel, c'est encore la vertu!... Mais }e listlans ton cœur de femme... Tu attends $alvator.^.. tu veux l'aimer! tu l'aimeras ! . . . Allons. . . coAviens->en , sois de bonne foi ; dis que tu veux l'aimer , et je m*éloigne pour toujours!...
— Salvator ! . . . Plût au ciel ! . . . .
— Plût ,au ciel ! . . . Tu désires l'aimer !
Eh bien ! je pars. . . A moins que tu ne me dises, reste... Tu ne disHen..» Adieu!*-,
— LE LIVRK usa FSVMKft. —
Te <{uiUer ^ c'est U. mort ! mais qa'impointe!... Adieu!
— La mort !... Non , don Alvar ! non ', vous. ne mourrez pas ! vous ne voudrez ipeks, me laisser seule aii monde , aVec le remords et le désespoir. • . . Don Alvar ^ dites y ah ! 4ités . que vpus ^e mourrez pfas !
«— Ma vie est dans tes mains, sache la psendre, ou la rejeter avec courte !
— Alitar .! • . ^ Mais c'est a&eux de vouloir m'entiçainer daus l'abîme par la terreur 1
— Tu as -raison, rameur seul doit se faire, entendre. Ecoute-moi, Glata; en te quittant, je pars pour Bayonne ; j'y resterai trois jours* Sonde ton cœur, et si tu peux vivre à toi seule , laisse-moî poursuivre ma route, sans t'inquiéter du but où elle me conduira ; mais si tu sens que mon âme. est ton âme., si tu sens que n5aj vie est ta vie , si tu sens enfin que tu m'aimes comme j'ai besoin d'être aimé, 'écris-moi, revien$ /et
— VJ( ET Vn VOftT UN. —
je tele j ure , piar tout; ce qu'il y a de plus sa-! cré , tu ne te repentirai jamais d^an^oir placé en moi ton amtour > ton honneur et taconêance...*.
'. — r Don Alvar ! avabt de -me quitter, ju-
'-^ De t'aimer jusqu'à là mort; Q^ast tout ce que je puisi promettre.
, Et m'arrachant d'auprès d'elle , je partis^ l'esprit égare , la tête en feu , sans songer à faire mes adieux à madame d' Aubigneux.
Arrivé chez mon hôte , je demlandai des çheyaux de poste; puis laissant à mon domestique mes ii^tructions écrites ,. je pris le chemin de Bayonne, incertain , irrésolq^ et roulant dans ma tête plus de pensées que ma Toiture ne faisait jaiUir d'éûncellels sur la. rOMte inégale et pîeiteuse que je parcourais
..Il fut pénible et long le combat que
je me livrai. Irrité de sa résistaBce, j'accu-* sais Clara d^ngratitude... Mais au fond de mon cœup^ j'entendais ce cri de soq âme :
Alvar! qu'allons-nous des^enir?^.% Blessé par ses refbs , je voulais croire à son indifférence ; mais je sentais encore sur mes lè" vres •' brûlantes rimjiression de son premier baiser]... Elle m'aimait ! elle me Tavait 4it ! je le sentais ! • . . Cependant elle avait repoussé mes prières... elle m'avait laissé partir! Et tour à tour je m'irritais de la faiblesse de son amour , et je m'enorgueillissais de la force de sa vertu . Enfin y un rayon du ciel éclairant tout- à coup le cbaos d'idées dans lequel je me perdais^ je m'écriai : Je suis un ingrat, un barbare!.. Elle... c'est un ange!... Oh! ma Clara ! ma femme ! mon ange outragé , ma vie suffira-t-elle pour expier tous mes torts?
Fernando connaît tout mon bonheur; Il va me quitter ; il faut qu'il retourne à Madrid , préparer .les fêtes brillantes que je yevtx, offrir à ma femme!... QoêlestentureS; que les meubles, que lés livrées^ soient reDOtivelés^ que lès diamans, le luxe et la grandeur Tiennent entourer ma Clara; que la cour , que mes amis , apprennent la prochaine arrivée de la duchesse de Lostervos! . • . Fier de son amour , de sa vertu, de^a beauté,, son époux consent à la mon^ trer un instant au monde ; et puis , loin des regards envieux, il^ ira dans. la solitude -jouir en paix de son bonheur. Je pôssëde au fond de l'Estramàdiire un vieux château situé au milieu des montagnes; le pât{*e seul, et la biche sauvage , en savent les chemins. . C'est là, c'est dans une atmosphère toute remplie desoleil, de fleurs*, de parfums , que je veux cacher mon trésor ; ià, Clara sera tout à moi, et je pourrai retremper
dans son âme mon âme fatiguée par les passions^* -
D'i^nrà» mes ordr^ , J^ustinv mon dcK mestique , ne doit pas me rejokicke saos m'apporter une lettre d'elle. • . Quel que soit le courage . de ma Gl^ra y il est inipossi^ ble qu'elle ne laisse pas échappet, au milieu de ses adieux, quelques, tendres regrets^..
Aussitôt je cours , je yole ! et rien, plus rien au monde ne peut nous séparei^ ! Qael mto^ ment que celui où je lui dirai : Ife pleure pas /Clara, je suis Salyatorî*. Ne pleure pas f jamais une pensée coupable n'a terni la piireté dé ton âme; jamais ton cœur n'4 battu que pour ton époirx!/..
'.•••• Justin! enfin le voici*. •;« Il tient
une lettre !••.. Il n'a pu venir plusr tôt
On l'a feit attendre..... Que dlexpKca-
— TJW ET UN. FOMT un. — 901
tîoQs{«*.* Prends cette bourse étsors../..
Sors doDC; misérable laisse«moi déro*
rer loîn de tous les yeux le premier bille.t d'amour que je reçois d'elle !•••.
C'est le coup de la mort!..w Je
n'ai pas le droit de me plaindre, j'ai mérité mon sort !.... Oui, Clara a raison de me haïr , de me mépriser , de m'abandonner à jamais..... Je conçois son ressenti^ ment, j'épouse son oiSense, et je me charge j dé la venger !
Depuis plusieurs jours sa mère savait mon secret: une lettre de mon intendant en réponse à celle qu'elle lui avait adressée, pour s'informer du lieu que j'habitais, l'avait instruite de mon séjour en Friance:
d'autres circonstances ont achevé de l'édairer; et lorsque Clara, dans son désespoir,
s'est jetée dans ses bras, après mon départ.
302 '— ."LIE UTliE DES FEMMB8. -—
madame d'Aubigneux lui a réyélé mon ia digne conduite*
LETTRE DE GLABA à. DON SALTATOR DE LOSTERTOS.
« Je sais tout ! Celui qui devait ^ider » ma jeunesse a voulu Tégarer ; celui qui » devait protéger mon honneur a voulu le » flétrir; celui qui pouvait réclamer les » droits d'un époux a foué près de sa femme » le rôle d'un vil séducteur ! *
» Placée par vous dans upe position ùni- » que, je saurai conserver sans tache le nom » que vous m'avez donné : mais je doi3 re- » noncer à vous appartenir ; je ne saurais » séparer don Alvar de don SalvatOrx et
» quel que soit celui des deux qu'il vous » plaise d'être désormais , je ne puis faire » son bonheur ; car l'époux a le droit de
— UN ET un FONT DN. — 303
» se plaindre ^ et l'amant n'est pas satisfait* » ; Bleçsée , outragée , méconnue y il n'est
» plus pour moi de repos; vous ni'avez
» enlevé jusqu'à la paix- de ma conscience;
» épargnez-moi la hoiHe de rougir devant
» vous.
» Femme et veuve , libre et esclave , je
» resterai près de ma mère jusqu'à ce que
» la mort vienne m'affrancliir de la haine. . .
» de l'amour que j'ai, pour vous ! »
Quel sort est le mien J . . . Qu oi ! il existe une femme assez vertueuse pour résister à la passion la plus ardente ^ assez généreuse pour cacher à tous les yeux lès torts de son époux , assez noble pour repousser loin d'elle l'ingrat qui a pu l'outrager ! Cette femme est la mienne , et je la perds au moment où ^ soumis et repentant, j'ouvrais mon âme à l'espoir le plus