‹ Heures effeuilléesChapitre 7 sur 13 · PE ESS · texte numérisé non relu

PE ESS

Notre heure...

“Oh! n'achevons jamais cette heu où je rêve, ce que je Vois...” Lucien Ron

Je sais un doux endroit caché dans les buissons, Où l'heure du couchant est toute poésie,

Où le rêve est en fleur... un endroit où la vie, Dans le calme des soirs n’est qu’amour et chansons.

C’est là qu'avec un bruit de perles caressées,

La vague meurt, tout-bas, comme on parle d'amour, Et c’est là que les fleurs, lorsque s’éteint le jour, Dans la lumière d’or sont toutes enchassées.

... Poète, nous irons si tu veux, — quand le soir, Effeuille ses morceaux de lumière fanée —

Sur le roc dont l’écharpe de mousse est baignée, Par les feux du couchant nous irons nous asseoir.

LES HEURES CHERIES 103

Et, grisés seulement d’un chant dans une branche,

Sans dire un mot d'amour, sans nous prendre la main, Nous oublierons hier, nous oublierons demain,

Et nous vivrons tous deux une heure calme et blanche.

Et nous écouterons se glisser jusqu’à nous,

Par les chemins du ciel faits de lumière et d'ombre, Le soir, l'amour, le rêve, et les chansons sans nombre, Des vagues qui viendront mourir à nos genoux.

Et, lorsque nous irons vivre cette heure chère, Ami, j'emporterai dans mon coeur tant d'amour, Tant de claire gaieté qu'après la fin du jour,

Mes yeux te deviendront des sources de lumière.

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