‹ Heures perdues [microforme]Chapitre 38 sur 54 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

TEST TARGET (MT

Lé

Fait crouler les autels, et la sibylle antique

Aux humains ne dit plus ses oracles menteurs.

Les disciples, errants au fond des catacombes,

Se pressent autour d’eux et peuplent de leurs tombes Les vastes profondeurs de ces sombres caveaux. Mais bientôt ces héros se partagent le monde,

Et, noble écho des cieux, leur parole féconde

Souffle dans tous les cœurs l’espoir des jours nouveaux.

Leur pas fait chanceler les dieux au pied d’argile ; Pour annoncer la loi du divin Evangile, Leur voix par l’univers sonne comme un clairon.

Quand Rome épouvantée en tremblant délibère,

dd

Ils tomberont, bravant la fureur dé Tibère,

La cruauté de Claude et le bras de Néron.

Qu’importe que le peuple en émoi crie : « Aux bêtes !»

nbes Que sur le dur pavé rebondissent leurs têtes ! Que leurs corps soient broyés sous l’essieu lourd des chars ! Ils volent au trépas, la figure sereine, Car ces torrents de sang qui rougissent l'arène

1veaux. Emporteront demain le trône des Césars !

Et les Romains, troublés au milieu de leurs fêtes,

Disaient : D'où viennent.ils, ces étranges prophètes ?

Nommez-nous donc ce Dieu qui nous est inconnu !

Ce Dieu, son nom bientôt luira sur toute cime,

Et le juif vagabond, châtiment de son crime,

Un jour sera le seul qui l’aura méconnu.

Pierre en tremblant l’épèle, et tout l'Olympe croule ;

La tourbe des faux dieux dans la poussière roule :

Ainsi tombaient jadis les orgueilleux Titans. Le ciel calme et serein des chrétiens s’illumine. Dieu veut que par la croix Rome encore domine

Et plane sur les flots, les peuples et les temps.

Ainsi que l'ont prédit tous les iivres bibliques,

Trônes ruisselants d’or, austères républiques

S’effondreront au vent des révolutions.

O royautés d’un jour, superbes dynasties,

ile ;

mn a mn

Dans le gouffre des temps vous êtes englouties ;

La poussière d’un siècle a comblé vos sillons,

La lierre grimpe aux flancs noircis du Colisée.

Les Césars ne sont plus, et leur cendre pesée,

O néant ! peut tenir dans la main d’un enfant.

Charlemagne endormi voit crouler son empire.

Ephémère grandeur, Napoléon expire ;

Et, seule, de l'oubli leur gloire les défend.

Mais ainsi qu’au désert les hautes Pyrimides,

Etonnant le regard par leurs formes splendides,

Survivent, seuls témoins d’un temps évanoui,

De même, survivant aux plus sombres naufrages,

L'Eglise, toujours jeune, à travers tous les âges

Luira, phare immortel, sur le monde ébloui.

Car il est ici-bas, il est une couronne

Que le Très-Haut soutient, que l’amour environne, Qui du temps destructeur n’a pas subi l’affront. Tombé des mains de Dieu, ce noble diadème

Est le seul qu'ici bas le Christ porta lui-même

Et que des fronts mortels sans faiblir porteront.

O pontife suprême ! 6 successeur de Pierre !

Pape des premiers jours et de l’heure dernière,

Toujours rayonnera ton regard paternel.

Tout passe, tout s'effondre, et toi seul tu demeures, Car au cadran du Temps les siècles sont des heures

Pour celui qui remplace ici-bas l'Eternel !

Sn SE

Tu n'as ni fiers archers, ni puissants capitaines ;

Et quand pour un peu d’or sur des plages lointaines

Rugissent les canons de nos modernes Tyrs,

O Prince de la Paix, tu n'as pour tous tonnerres

Que les accents émus de tes missionnaires,

Et tes droits sont scellés du sang de tes martyrs |

Gloire à toi, Léon Treize! immortelle figure

Qu'un siècle sans rival marque en traits rayonnants !

Esprit au vol puissant dont la vaste envergure

Plane sans nul effort sur tous les continents !

mme mm

Oh ! jette avec orgueil un regard sur ce globe ; Du haut du Vatican que domine la croix, oi qui portes la paix dans les plis de ta robe,

Vers toi vois accourir les peuples et les rois.

A l’aurore, au couchant, des monts et des vallées,

Un hymne universel s’élance vers les cieux.

Immortel festival, les cloches réveillées

Sonnent par l’univers l’alleluia joyeux.

Temples aux vieux piliers, modernes basiliques, Voyez ! La foule accourt sous vos sombres arceaux. Le murmure imposant des prières publiques

Fait s’éveiller les morts, tressaillir les berceaux.

es,

Page 1