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C'est qu'en ces jours bénis où la terre flétrie Se ressouvient du ciel, le chrétien, consolé Des deuils de son foyer, des maux de sa patrie, Salue avec transport l'immortel jubilé,.
Tout se tourne vers toi. L’auguste souveraine, Qui depuis cinquante ans préside à nos destins, Avec grâce honorant ta majesté sereine
Fait tomber à tes pieds un de ses ducs hautains.
Comme jadis on vit les bergers et les mages À l'enfant du miracle apporter leur encens, O vieillard, en ce jour, tu reçois les hommages
Des plus humbles tribus, des rois les plus puissants.
Fontaine aux pures eaux, source jamais tarie,
Où viennent s’abreuver les peuples altérés,
La Pologne en lambeaux et l’Irlande meurtrie
Ne lèvent que vers toi leurs bras désespérés !
En cet étrange siècle où la force stupide
Plane audéssus du droit, déchirant les traités,
Tu fais entendre seul ta parole intrépide,
Seul ton front resplendit des célestes clartés.
N'ayant que Dieu pour maître et libre de servage,
Souverain sans armée et toujours obéi,
Tu parles, et l’écho, de rivage en rivage,
Répète à l’univers l’émortale Dei.
Tu parles, et ta voix comme le verbe roule
Et confond les projets des plus fiers potentats,
Et ta lèvre inspirée enseigne d’où découle
L'autorité des rois, le bonheur des états,
L'Eglise est sous ta garde, et seule ta main touche
Aux tables de la loi que le Christ nous donna ;
Et lorsqu’à l'univers il parle par ta bouche,
Dieu ne fait plus tonner les foudres du Sina.
Quand du monde affolé les nations tremblantes,
Voient leurs droits conservés sur de vieux parchemins
Détruits par le boulet : que leurs veilles sanglantes
Ne font place aujourd’hui qu'aux mornes lendemains,
Ta voix douce leur dit : « Hommes, vous êtes frères !
« Pour mon cœur paternel vous êtes mes enfants. »
Et qu’ils tombent meurtris sous des lois arbitraires,
Toi seul tu les soutiens, toi seul tu les défends.
Plus heureux que le Christ au jardin solitaire,
Toi, vieillard sans palais, sans trône et sans soldats,
Tu vois tournés vers toi tous les vœux de la terre,
Et tu n’as pas subi le baiser de Judas !
Captif au Vatican, étranger dans ta Rome,
Epiant dans les cieux l'étoile des beaux jours,
Si loin que puisse aller l’activité de l’homme,
Ton zèle, 6 grand pasteur, la précède toujours.
Devançant sur les mers les plus fiers capitaines,
s,» Enfants de Dominique ou fils de Loyala,
res, Votre sang répandu sur les plages lointaines Fait dire au voyageur : « L'Eglise a passé là ! » L'Eglise a passé là, noble consolatrice,
lats, Semant sur son chemin l'espérance et l'amour.
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Nuls pleurs qu’elle ne sèche, et nulle cicatrice
Que son baume divin ne ferme sans retour.
Aussi, Pontife saint, les peuples te bénissent,
De partout vois venir les petits et les grands.
Dans un vaste concert toutes les voix s'unissent,
Se fondent tous les cœurs, se mêlent tous les rangs.
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