‹ Heures perdues [microforme]Chapitre 40 sur 54 · RER · texte numérisé non relu

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Le riche accourt avec ses superbes offrandes, Et le pauvre à tes pieds jette son humble don ; Mais tes augustes mains, ouvertes toutes grandes,

Laiïssent pleuvoir sur tous la paix et le pardon.

Défilant sous tes yeux, la foule recueillie

T'acclame er un cortège immense et triomphal.

Et tu parais si grand que Rome entière oublie

Qu'il est un faible roi qui trône au Quirinal.

La couronne de fer des rois de Lombardie Sur son débile front pèse trop lourdement, Et la cendre du père à peine est refroidie

Qu'il tremble devant toi, vieillard doux et clément.

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Elle n'est plus à toi, la ville aux sept collines, Elle n’est plus à toi, l'immortelle cité, Mais pour la contempler, quand, le soir, tu t’'inclines,

De la reprendre un jour tu n’as jamais douté.

l'on esprit reconstruit les siècles en poussière, Le passé se déroule, et relevant le front, Tu vois les vieux Césars succomber devant Pierre

Et tu dis : Les nouveaux à leur tour tomberont !

Parn. ja multiiude immense qui se presse Afin de t'acclamer, vieillard aux traits sereins, Du monde partageant la commune allégresse,

Nous t’avons envoyé de pieux pèlerins.

Lorsque vers l’occident ton bras tremblant se lève, Sur un peuple au berceau daigne jeter les yeux, Et bénis notre race étonnante de sève,

Les travaux à venir, le repos des aïeux.

Comme les chérubins qui couvraient de leurs ailes

L’arche sainte cachée au sommet du Nébo, Nos prêtres ont veillé, gardiens toujours fidèles,

Sur la religion qui fut notre flambeau.

Et ceux-là qui voudraient de la foi des ancêtres Effacer pour toujours l'empreinte sur ces bords, Devront, fouillari le sol pour en devenir maîtres,

Jeter aux quatre vents la cendre de nos morts ;

é Semblables à ces Grecs qui, levant chaque pierre,

Sous laquelle dormait tout un monde éclipsé, Des tombeaux de Délos dispersaient la poussière, Pour enlever au sol les traces du passé !

a Bénis-nous ! Nous avons, exempts de défaillances,

Accepté vaillamment le sacrifice offert,

Pour conquérir nos droits, défendre nos croyances

Quel peuple à plus lutté ? Quel peuple à plus souffert ?

Bénis-nous ! Pendant que nos modernes Ninives fl

Voient leurs temples déserts et le Christ insulté,

Pour consoler ton cœur contemple sur ces rives

L’antique foi gardant la jeune liberté.

Bénis-nous ! Nous avons gravi notre Calvaire. Sans tache est le passé s’il n’est pas sans défaut.

Aux flammes du bücher notre berceau s’éclaire,

Et notre liberté surgit de l’échafaud !

t Mais sur nous maintenant plane la paix sereine,

Et fidèles au trône ainsi qu’à notre foi,

Hier nous avons dit : Gloire à l’illustre reine ! *

Aujourd’hui nous crions : Pontife, gloire à toi !

* Allusion au jubilé de la reine Victoria célébré l'année précédente

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