HUMBLE VŒU
1 sentier de la gloire est difficile et rude.
Courageux qui le tente, heureux qui le gravit
Et qui, doué du ciel et formé par l'étude,
Au delà du tombeau dans ses œuvres survit.
Autour de son grand nom jamais la solitude :
Morne ne planera. Dans la mémoire il vit
Plus longtemps que le marbre où de null gs
L'égoiste rumeur toujours s’évanouit.
F Moi je n'ai pas la gloire et pourtant je veux vivre ! ] P £
Jamais par un exploit, jamais par un beau livre
Aux siècles à venir, hélas ! je n’atteindrai !
Toi seul, Ô mon enfant, toi seul dois me survivre, Et vainqueur de la mort qui des maux nous délivre,
Ayant vécu pour toi, par toi je revivrai !
FRANCOPHOBIE
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| MIS, entendez-vous ? Ainsi qu’une marée Mugissant sous l'effort de ses flots révoltés, Sur nous se précipite une race exécrée i
— Mais ces gens-là sont effrontés !
Ils entament déjà notre plus cher domaine, Ils avancent par bande ainsi que font les loups,
: Sous les yeux vigilants de la louve romaine...
— Mais ces gens-là sont des filous !
Prescott, Russell, Essex râlent sous leur contrôle ;
Carleton et Renfrew sont envahis par eux ;
Encore une poussée et l’on nous jette au pôle.... P ] P
— Mais ces gens-là sont dangereux !
Comme une tache d’huile on les voit se répandre
Des bords de l’Acadie aux champs américains,
Et ce qu’on leur refuse ils savent bien le prendre... q P
— Mais ces gens-là sont des coquins !
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Voyez ces porteurs d’eau ne révant que conquêtes,
Nous dire, sans façon : Messieurs, déguerpissez !
Il nous faut vos prés verts et vos villes coquettes..,,
— Mais ces gens-là sont bien pressés |
. Dévorés'du souci d'être propriétaires,
Ces vils envahisseurs viennent en tapinois
Avec de beaux écus nous enlever nos terres...,
— Mais ces gens-là sont des sournois !
Défendant un par un tous les droits qu'on leur nie,
Par des œuvres de paix répondant aux affronts,
Quand nous soufflons la guerre, ils prêchent l'harmonie. .
— Mais ces gens-là sont des poltrons !
Qu'on leur jette l’insulte, et que pour les confondre On les traite de gueux, de chinois, d'étrangers, Ils vont droit leur chemin sans même nous répondre...
— Mais ces gens-là sont enragés !
Grâce à l’inique appui de nos lois arbitraires q ,
Ils se disent amis et se font dictateurs ;
Pour mieux nous dominer ils nous nomment leurs frères...
— Mais ces gens-là sont des menteurs !
Et pour vous démontrer jusqu'où va leur audace,
En face des vainqueurs ils font les conquérants,
Et se croient tous issus d’une héroïque race....
— Mais ces gens-là sont ignorants |
Ils ont des écrivains qui se mêlent d'écrire F
Non contents de la prose ils font même des vers !
dre... En sauteux ? en français ? Je ne saurais vous dire... — Mais ils ont donc tous les travers 1 - Is ont des orateurs puissants qui ne le cèdent À nul de nos meilleurs, et même, les rusés !
frères.
Notre langue et la leur également possèdent...
— Mais ces gens-là sont bien osés !
Sous la verge de Rome et sous lé fouet jésuite
Se courbent tous les fronts, rampent tous les partis !
Pas un seul n’a pleuré la liberté détruite. …,
— Mais ces gens-là sont abrutis !
Tout en se proclamant bons sujets de la Reine, Ils nous pressent partout, nous disputent nos droits Au lieu de nous céder la palme dans l'arène...
— Mais ces gens-là sont maladroits !
Ils veulent comme nous leur part de patronage ;
Etre dans la milice un peu plus que sergents,
Et partager aussi la poire et le fromage...
— Mais ces gens-là sont exigeants !
Ïls vont plus loin ! Ils nous volert, les misérables !
Jusqu'à nos plumpuddings et nos roastbeefs fumants !
Profanant sans remords ces mets si vénérables..
— Mais ces gens-là sont des gourmands !
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nants !
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Ils sont prétentieux : même je les soupçonne,
Les naïfs ! de se croire en tous points nos égaux,
Nous qui représentons la race anglo-saxonne !
— Mais ces gens-là sont des nigauds !
De leur ambition ils ne font nu! mystère,
Et si l’on en croyait leurs discours imprudents,
Un des leurs serait chef du prochain ministère.
— Mais ces gens-là sont impudents !
De robustes enfants leurs chaumières sont pleines,
Ils essaiment partout, passent fleuves et monts,
Ils abattent nos bois, ils labourent nos plaines...
— Mais ces gens-!à sont des démons !
Vandales d'Amérique, excités par leurs prêtres,
Sûrs des nouvelles lois et forts des vieux édits,
Ils s'emparent du sol pour devenir nos maîtres...
— Mais ces gens-là sont des bandits !
Le croirez-vous ? J'ai vu douze enfants par chaumière !
Même au lieu d’en rougir ils en sont triomphants !
D’excès si monstrueux la race est coutumière....
‘— Mais ces gens-là font trop d'enfants !
Ils parlent une langue inconnue et barbare,
Trop vulgaire et trop rude aux gosiers écossais ;
Voilà pourquoi chez nous la parler est si rare...
— Mais ces gens-là sont des français !
S'ils n'étaient que Français ! mais ils sont catholiques,
Ils entendent la messe et disent l'oraison,
Au lieu de s'inspirer de nos œuvres bibiiques. ..,
— Mais ils ont perdu la raison !
Pour comble de scandale, ils vénèrent leurs prêtres,
Ils s’attachent au sol où sont couchés leurs morts ;
Loyaux à la Couronne, ils ignorent les traîtres
— Ces Canadiens ont tous les torts !