ENVOI
Et vous, ô noble femme, épouse, reine et mère, Devant qui s'inclinent les rois,
Qui payez noblement un pouvoir éphémère Par trois martyres à la fois ;
Qui dès le jour fatal oli s'écroulaît le trône Devant le Germain triomphant,
Avez sitôt pleuré d'abord votre couronne, Puis votre époux et votre enfant ;
Vous, cœur trois fois meurtri, que l'univers admire
En vos saintes afflictions.
Et qui restez toujours dans ce triple martyre
Grande devant les nations 3
Permettez qu'en ce jour une voix de poète Perdue aux bords du Saint-Laurent,
Salue avec respect du fond de sa retraite Les restes du prince expirant.
Ces vers vous apprendront qu'aux rives d'Amérique Un peuple a connu vos malheurs ;
Qu'au récit des revers d'une mère héroïque Nos mères ont versé des pleurs !
Ils vous diront aussi que sur la rive obscure
Du jeune Canada français, Quand la France est frappée on ressent sa blessure
Plus vivement que ses succès !
Et si la sympathie aux heures de souffrance Peut adoucir l'amer souci,
Agréez-la de nous, rejetons de la France, Car nous avons souffert aussi !
Juin Ï879,