‹ HévaChapitre 11 sur 14 · HÉVA. «OT · texte numérisé non relu

HÉVA. «OT

ne faut jamais qu'elle sache le procédé ingénieux que nous avons employé.

— Jamais 1 jamais I

— Il faut que rien, dans son idée, ne rapetisse la grandeur et le péril du dévouement, afin que vous en recueilliez tout le bénéfice.

— C'est cela I

Tout est donc bien arrêté, Gabriel T

Tout, Edward. Je crains que ce Chinois qui

fait des kiosques de fer ne soit parti. Un Chinois partir ! dans cinquante ans je le

trouverais encore, empaillé aur Tchma'-Bazttr, sous •

son parasol.

— Et lord CbrnwaHis; si..-

— Gabriel, point dé si de douter avec un Anglais V

— Pardbir, sir Edward'..*. C'est que ma vie est' entre vos mains.. ••

— Je vous la rendrai. Comptez surmoi. w

lî y eut encore quelques paroles insignifiantes échangées entre les amis ; puis sir Edward fit se» préparatifs de départ.

On trouva facilement un prétexte pour justifier l'absence de Elerbbs. Il allait passer plusieurs jours \ Madras, disait Gabriel, pour les aifaires de son maria!ge.

« Tant mieux ! avait dit Héva, ce jeafie homme, monsieur Gabriel, vous rendra léger comme lui. Nous causerons au moins dix jours de choses se-

tOS HÉYA.

rieuses.... Vous saurez que personne ne m'a encore apporté mes douze tigres.

— Ah ! Madame, avait répondu Gabriel, on est bien peu galant dans l'Inde. Moi-même....

— Taisez-vous, enfant I Voyez comme il prend un air sérieux en disant cela ! Je vous défends de faire une sottise ; c'est que je vous connais. Je vous défends d'être fou. »

En disant cette phrase, Héva regardait Gabriel avec ce sourire provocateur qui annonce chez une femme quelque vague intention de nouer une intrigue, par amour ou par ennui.

Gabriel se tenait dans une extrême réserve, comme un homme qui, voulant débuter par un coup d'éclat, ne veut pas compromettre son plan et son avenir avec des galanteries banales dont se sert le genre humain des amoureux.

Ainsi, les entretiens de Gabriel et d'Héva ne se renouvelèrent, pendant deux jours, qu'à de rares intervalles, et ils ne furent remarquables que par leur brièveté.

Vers la fin du deuxième jour, Gabriel reçut deux lettres de Madras : une de ces lettres était confidentielle ; mais il lui était recommandé de montrer l'autre, qui expliquait sa promenade à Madras. Voici ces deux lettres :

« Madras, juillet 18...

<( Mon cher Gabriel,

« Lord Gornwallis a été parfait. Je lui ai ex^ pliqué d'un air grave mes plans d'agriculteur et de colonisateur que j'avais empruntés à un savant de mes amis, et que je lui ai rendus en sortant; cette dette me pesait.

Le gouverneur m'a donné tout pouvoir sur papier officiel. J'ai couru chez mon Chinois, et je lui ai montré Tordre de Son Excellence et mon plan. Le Chinois n'a jeté sur mon plan qu'un œil oblique, et il m'a dit L Cet I signifiait qu'il comprenait tout le mécanisme du travail demandé, avec ses détails et accessoires, et qu'il serait prêt dans deux jours.

( J'ai fait une visite de politesse à l'attorney général. Il m'a reçu avec une froideur qui me dispensera d'une seconde visite. Cet homme mourra dans l'impénitence finale.

« VEvening Chronicle de ce jour renferme le paragraphe suivant sous la rubrique latest intelligence :

« — Le savant économiste sir Edward Klerbbs va faire des essais agricoles dans des terres incultes au nord de Madras ; le gouvernement a mis à sa disposi-

«10 HÉYA.

tion tous les mstruments nécessaires pour favoriser cette entreprise. C'est ainsi que Son Excellence répond aux aveugles écrivains de la métropole ! »

(( Toutes les choses de ce pauvre monde vont comme ceia, mon cher Gabriel.

« Demain, à quatre heures du soir, vous me rencontrerez au nord du lac avec tout mon attirail de chasse. J'élèverai un drapeau rouge sur le plus haut des palmiers du désert. Je serai à dix pas de ce drapeau* Yotre cheval, me servira pour mon retour.

« AdieU| à demain.

a Edvtaed Klerbbs. »

Autre lettre.

■ Madras, Juillet 18. •'•

« Mon cher ami,

tt Je vous écris, in greatest haste^ pour vous annoncer que mon futur beau-père est toujours furieux contre moi. Il prétend que le mois de juillet est conimencé, ce qui est incontestable, puisque, le mois de juin est fini depuis quinze jours. Je n'ai rien à répondre à cela, aussi je ne réponds pas.

« Mettez-moi au plus bas degré de l'autel où TOUS adorez la reine de llnde.

Je vous serrerai les mains au premier jour.

« Adieu I

«Edward. »

a P. S, J'avais oublié de vous dire que j'ai reçu i Madras une lettre de ce beau-père furieux. »

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