vol. in-8, London, Swan Sonnenschein and C
— de rapprocher les hommes sincères de différentes croyances, « afin qu'ils devinssent plus capables de comprendre leur point de vue respectif et de se rendre justice les uns aux autres; » ce qui rentre éminemment parmi les buts que poursuit la religion éthique. Cette pensée apparait plus nettement encore dans le choix de la citation placée en tête du recueil, et empruntée à un récent article de l'Universal Review sur le progrès humain : « Un nouveau catholicisme s'est levé sur le monde, Toutes les religions sont tenues pour essentiellement divines; elles représentent les divers angles sous lesquels l'homme regarde vers Dieu, La nouvelle tolérance fait envisager comme divines toutes les croyances qui ont aidé les hommes à dominer leur appétits bestiaux par la contemplation des choses spirituelles et éternelles, »
On ne pourrait mieux définir le terrain sur lequel se place la propagande de la South Place Ethical Society. Cependant ni la plate-forme de l’Association, ni l'espèce de promiscuité religieuse dans laquelle allaient se trouver les divers conférenciers, n'a empêché ceux-ci de répondre à l'appel qui leur était adressé, sans distinction de secte ni même de religion. On a vu ainsi se. suivreà la tribune, nous allions dire dans la chaire de South Place Chapel, — en même temps que quelques savants et littérateurs bien connus, — des anglicans, des méthodistes, des quakers, des indépendants, des congrégationalistes, des baptistes, des swedenborgiens, des unitaires, des guèbres, des juifs, des néo-bouddhistes, des théosophes, des théistes, des agnostiques, des positi= vistes, des sécularistes et même des catholiques romains, — sans compter les gens de la maison, — venant exposer chacun. les vicissitudes et les titres de sa croyance ou de son Eglise particulière, avec une complète sincérité de conviction et une pleine liberté de langage.
La conférence, placée à juste titre en tête du recueil, comme une sorte d'introduction, sous le titre de : « Terrain commun du sentiment religieux » (The Common Ground of Religious senti-: ment), est l'œuvre d’un écrivain distingué, appartenant au christianisme libéral le plus avancé, M. Edward Clodd. Il y montre que ce terrain se trouve « dans le sentiment de vénération que
la science approfondit et dans la rectitude de conduite qu'elle rend possible, »
Vient ensuite un groupe de travaux respectivement consacrés aux croyances des Assyriens par M. le chanoine G. Rawlinson (The Religion of the Assyrians); — des Babyloniens par M. W.St. Chad Boscawen (The Religion of Babylonians), — des anciens Chinois par M. James Legge (Confucius the Sage and the Religion of China); — des Taoistes par M. F. H. Balfour (Taoism) ; — des Hindous par sir Alfred C. Lyall (Hinduism) ; — des Sikhes par M. Frédéric Pincott (Sikhism); — des mithraïstes par M. John M. Robertson (Mithraism); — des mahométans par M. G. W. Leitner (Muhammadanism); — des anciens Germains par M. F. York Powell { Teutonic Heathendom), ete.".
On ne pouvait mieux réussir dans le choix des savants chargés de vulgariser le résultat des dernières investigations sur les diverses religions historiques. Sans doute, la plupart de ces éminents conférenciers ne nous ont guère fourni qu'un résumé d'études déjà publiées par la plupart d'entre eux. Mais ce sont des résumés qui ont l’avantage d'être faits par l’auteur lui-même et, en conséquence, de nous offrir la condensation exacte de sa pensée.
Les conférences se rapportant aux sectes actuelles et aux groupes « philosophiques » comprennent plusieurs études relatives à l'influence exercée sur le développement religieux des âges subséquents par quelques grandes personnalités, telles que Dante (The Religion of Dante) par M. Oscar Browning; — Spinoza par sir Frédéric Pollock; — Chalmers, le principal fondateur de l'Eglise libre d’Ecosse par M. David Frotherimgham. — Jei encore on peut dire que les organisateurs on eu la main heureuse dans le choix de leurs auxiliaires.
Le bouddhisme devait tenir une place considérable dans cet exposé des phases que traverse la pensée religieuse contemporaine, En dehors du néo-bouddhisme occidental, mis en relief par un des Pères de la théosophie (Æsoteric Buddhism par M. A. P. Sinnett), nous avons trois conférences respectivement consacrées par le Rév. Samuel Beal au bouddhisme chinois (The
1, Citons encore parmi les conférences qui n'ont pu être publiées dans cette première édition The Religion of Egypt, par le prof. J. Estlin Carpenter, The Religion of ancient Greece, par M. Andrew Lang, et The Religion of ancient Rome, par le D' G.-C. Zerfi.
origin of the spiritual activity developed in Buddhism as il exists in China); par M. Arthur Lilie à l'influence que la discipline, les dogmes et les légendes du bouddhisme auraient pu exercer sur les rédacteurs des Evangiles (Buddhism in Christianity); enfin par Mme Fréd. Macdonald à l'histoire proprement dite du bouddhisme et de son fondateur (Buddha and Buddhism). Cette dernière étude est surtout à signaler par la clarté du style, l’étendue des connaissances et une sûreté de méthode où l’impartialité scientifique n'exclut pas un effort sympathique, pour faire à la religion du Bouddha la part qui lui revient dans le développement religieux de l'humanité.
On conçoit que nous ne puissions analyser ici tous ces travaux. De dimension et parfois de valeur inégale, ils sont surtout intéressants par leur juxtaposition et, plus encore, par la pensée qui en constitue le lien. C'est, en effet, un symptôme intéressant et significatif que tous ces conférenciers, si divers de dénomination et de doctrine, ont, presque tous, justifié le vœu de la préface, non seulement en se rapprochant du terrain commun à toutes les religions, mais encore en se témoignant réciproquement un esprit de tolérance et de justice qu'on n’est guère habitué à constater dans les rapports entre représentants de diverses Eglises.
Que cet esprit se soit rencontré chez les orateurs du protestantisme libéral, de l’unitarisme, du théisme, du positivisme et de la culture éthique, c’est là une conséquence naturelle et logique de leur position doctrinale. Tout au plus v a-t-il à constater qu'ils ont été particulièrement heureux dans la façon dont ils l'ont exprimé: «Les Unitaires », dit le Rév. W. H. Croskey, pasteur d'une des congrégations unitaires les plus importantes de Birmingham, dans sa dissertation sur l’Unitarisme (The Unitarians), «croient qu'une noble vie est la suprême exigence du Dieu qu'ils vénèrent..….. Un homme peut être un païen, un juif, un chrétien, un confucéen, un bouddhiste, un mahométan, un je ne sais quoi, catholique ou protestant de n'importe quelle secte; il peut être un sceptique, un agnostique ; bien plus, il peut déclarer qu'il n'a pas de motif pour croire à une religion quelconque. Cependant, s'il est honnête homme et s'il s'efforce de faire son devoir envers ses semblables, je le tiens, du fond du cœur, pour un saint accepté
par Dieu. » — Le Rév. Ch. Voysey, qui quitta. il ya quelques années, l'Eglise anglicane pour fonder l'Eglise théiste de Londres, tient un langage non moins large dans sa conférence sur les doctrines du théisme (T'heism). — De son côté, M. Frédéric Harrison, l'écrivain distingué qui passe pour le principal disciple d'Auguste Comte en Angleterre (Humanity) affirme à son tour que les positivistes (ou plutôt les comtistes) « se sentent en sympathie de but avec les autres Eglises, car l’objet de toutes les religions est le même. » — « Le positivisme, ajoute-t-il, peut presque s'exprimer dans les mêmes termes que toutes les autres religions sur la folie et le danger de vouloir étouffer le sentiment religieux. » — Il n'est pas jusqu’à un athée militant, M. Foote, qui, tout en revendiquant le droit de « détruire » ce qu'il regarde comme des superstitions, ne reconnaisse, dans son exposé du mouvement séculariste (The Gospel of Secularism), que « le sécularisme, à proprement parler, n’est pas irréligieux, mais seulement anti-théologique, en ce sens qu’il repousse la théologie comme guide et autorité en cette vie. » — « Sans doute, déclaret-il, beaucoup de sécularistes sont athées: néanmoins d'autres sont théistes, et ceci prouve la compatibilité du sécularisme avec une attitude soit positive. soit négative, relativement à l'hypothèse d’une suprême intelligence de l’univers. »
Mais ce qui est remarquable, c'est de retrouver un langage analogue, ou du moins des tendances à peu près aussi larges chez des représentants autorisés d’'Eglises orthodoxes. Voici le Rév. Edw. White, ancien président de l'Union des Congrégationalistes anglais et gallois, qui n'hésite pas à déclarer (/ndependency or local Church Gouvernment) que tous les hommes de bien craignant Dieu sont intérieurement semblables les uns aux autres, et que telle est la leçon qu'il a tirée de ses quarante-sept années de prédication active. « On a le sentiment, ajoute-t-il, que, si les âmes de ces hommes pouvaient être extraites de leur Corps — spécialement des corps religieux ou non religieux auxquels elles appartiennent — elles pourraient former ensemble une Eglise catholique et apostolique, propre à combattre eflicacement les puissances des ténèbres dans les Eglises, aussi bien qu'au dehors. »
Le président de l'Union des Baptistes, le Rév. John Clifford (The place of Baptists in the Evolution of British Christianily),
n’est pas resté en arrière des déclarations précédentes. « L'existence et l’œuvre des Baptistes, dit-il, forment seulement une part utile du christianisme britannique pour autant qu'ils représentent un des degrés à franchir par l’esprit humain dans le développement logique de la vie religieuse. Les services rendus à l’humanité, tel est le critérium suprême de la valeur des Eglises ». — Même le chanoine anglican Georges H. Curteis, après avoir retracé l’histoire de l'Eglise anglicane (The Church of England), n'hésite pas à reconnaître que les «rites et les cérémonies n'ont guère d'importance réelle » et que la charité est tout, c’est-à-dire l'esprit de sacrifice pour le bien d'autrui, « un esprit d’amour serein et généreux. »
Nous ne relevons ici que les paroles les plus caractéristiques en ce sens. Si nous sortons du christianisme, nous retrouvons la même tendance dans la description du parsime par M. Dadabhaï Naoroji, ancien ministre du Gaikwar de Baroda (The religion of the Parsis) ainsi que dans les deux conférences consacrées au judaïsme, l’une (The Jews in modern times), par le Rév. D. W. Marks, rabbin de la synagogue de Londres-Ouest, l’autre (Jewish Ethics) par le Rév. Morris Joseph, ancien rabbin d’une synagogue de Liverpool. « Le but final de la religion, dit ce dernier, c'est la moralité. Voilà la vérité centrale du judaïsme... Dans chaque étape de son développement, le judaïsme a enseigné que la foi et le rite sont seulement des routes qui mènent à la rectitude, et que, bien au-dessus de l’obéissance à la loi cérémonielle, au-dessus même de la possession de la vérité théologique, se trouve la pureté du cœur et la sainteté de la vie. »
IL faut remarquer que ce côté éthique des religions est également celui sur lequel insistent le plus MM. Legge, Balfour, Samuel Beal, Alfred Lyall, F. Pincott, G. Pfoundes et G. W. Leitner dans les études purement scientifiques qu'ils consacrent aux religions de l'Orient. « Un jour viendra, conclut M. Leitner, où les chrétiens honoreront davantage le Christ en honorant aussi Mahomet... Il y a un terrain commun entre le mahométisme et le christianisme, et celui-là est un meilleur chrétien qui vénère les vérités énoncées par le prophète Mahomet. »
Un fait qui prouve pour l'esprit tolérant des catholiques anglais, c'est que deux de leurs écrivains les plus distingués, MM. B. F,
C. Costletoe et W.S. Lilly, n’ont pas hésité à se commettre au sein d’une société aussi éclectique pour donner leur note dans cette symphonie des religions. Ilest vrai que, chez le premier des deux, cette note est assez discordante. En effet M. Costletoe. qui à donné deux conférences (The Church Catholic et The Mass), s'est constamment efforcé de démontrer à ses auditeurs qu'en bonne logique il n’y avait pas de terme moyen, ni même de point intermédiaire, entre la vérité et l'erreur, c'est-à-dire entre une soumission sans réserve à la doctrine de l'Eglise romaine et l’acceptation du matérialisme ou plutôt du nihilisme le plus absolu, en morale aussi bien qu'en philosophie et en religion.
Tout autre est l'esprit dont s’est inspiré M. W. Lilly dans sa conférence sur le Mysticisme, c'est-à-dire sur le sens du suprasensible, le sentiment d’une communion avec le divin (Mysticism). M. W. Lilly, ancien fonctionnaire du gouvernement anglais dans l'Inde, n'est pas le premier catholique venu : collaborateur fréquent et distingué des principales revues anglaises, ilest actuellement secrétaire de l'Union catholique de la Grande-Bretagne. Cependant, il n'hésite pas ici à reconnaître une valeur aux religions même les plus grossières, dans la mesure où elles élèvent l'homme au-dessus de la vie des sens et tendent à lui inculquer le sentiment de l'idéal : « Dans la maison du Père spirituel, dit-il, il y a beaucoup de demeures. Que celui qui habite les fempla serena des hautes pensées, ne méprise pas les fétichistes dans leur sanctuaire, les Peculiar People‘ dans leur tabernacle, les Salutistes dans leur caserne. Inconsciemment, passivement, ils sont peutêtre en possession de cette synthèse supérieure que nous peinons pour acquérir. » Non content de citer élogieusement à cet égärd Carlyle, Emerson, Mathew Arnold, Amiel et même Schopenhauer, il place, à côté de l'assertion d'Herbert Spencer, que, même dans les doctrines les plus fausses, il y a « une âme de vérité », — cette remarquable parole du cardinal Newman « qu'aucune religion n’est fausse, de quelque somme d'erreurs qu elle puisse être mélangée. »
Le volume se termine par deux conférences, qui ont peut-être
1. Littéralement : Gens à part, une des sectes les plus excentriques du protestantisme anglais.
été placées intentionnellement à la fin, en guise de conclusion. C'est d’abord une définition de la Culture éthique (The Ethical Movement defined) où M. Stanton Coit, naturellement désigné entre tous pour cette tâche, explique sous quel rapport ce mouvement diffère à la fois, d’une part des Eglises même les plus avancées, d'autre part des différents groupes connus sous le nom d'agnostiques, de comtistes, de sécularistes, de socialistes, etc. « Nous ne sommes pas, dit-il, une Eglise, nous sommes accessibles aux membres de toutes les sectes, mais nous espérons que, sous notre influence, ces membres arriveront à faire de leurs Eglises respectives des associations poursuivant un but analogue au nôtre, c’est-à-dire plaçant le lien religieux dans le désir de poursuivre le bien de l'humanité. »
Le dernier essai : À National Church, par M. Arthur W. Hutton, peut sembler, au premier abord, un corollaire du précédent. L'auteur voudrait qu'au lieu de supprimer l'Eglise oflicielle ou plutôt les rapports entre l'Etat et l'Eglise anglicane, on se bornât à transformer celle-ci en une vaste association d'éducation morale et humanitaire. A cet effet, il propose d'abord de supprimer le credo obligatoire, auquel doivent encore souscrire tous les ministres anglicans, ensuite de remettre la nomination de ces derniers aux mains d'autorités administratives directement élues par le peuple, telles que les conseils de comté. Nous n'avons pas à discuter ici les détails de ce plan. Il est certain que la suppression des « XXXIX articles », constituerait un grand soulagement pour la majorité du clergé anglican et un progrès sérieux dans les voies de la liberté religieuse. Mais, quant à la combinaison électorale de M. Hutton, on peut se demander si elle n'aurait pas pour principal résultat de faire entrer, à un degré aujourd’hui heureusement inconnu en Angleterre, la religion dans la politique et la politique dans la religion.
Plus conformes à l'esprit général du recueil, et même aux tendances générales du protestantisme anglo-saxon, nous semblent les conclusions de M. J. Allanson Picton, ancien ministre indépendant, aujourd'hui membre du Parlement, lorsque dans sa con: férence sur le Non-Conformisme (Non Conformity), il fait valoir les services qu'a rendus à l'Angleterre l'indépendance ou plutôt le self government des groupes religieux. « Si je devais résumer,
dit-il, les avantages que notre pays a retirés du non-conformisme Je dirais qu'ils sont surtout compris dans la revendication de la tolérance, dans l’alliance de la libre pensée avec l'esprit de révérence, enfin dans l'exercice des arts du self government... La variété des formes qui ont prévalu parmiles non-conformistes, les sacrifices qu'ils ont appris à faire pour leurs opinions religieuses, le frottement qui s'est opéré entre leurs diverses convictions et la charité qu'ils ont été amenés à exercer les uns envers les autres, toutes ces influences se sont combinées pour produire, moins un régime de tolérance qu'un esprit de tolérance. Bien plus, elles ont concouru à engendrer la conviction que toutes les religions ont leur signification et que toutes ont été de quelque utilité au genre humain. Voilà pourquoi, dans ce pays, le progrès de la libre pensée n’est pas seulement destructif, mais constructif aussi. »
Telle est bien, en effet, la conclusion la plus claire de la tentative que nous venons de décrire. Cette tentative procède d’une pensée essentiellement moderne, mais l'application qui en a été faite est tout anglaise ou plutôt anglo-saxonne. Il est douteux qu'on eût pu trouver, ailleurs qu'en Angleterre ou aux Etats- Unis, les éléments d'une pareille série de conférences. En supposant que ni les organisateurs, ni les conférenciers, n1 les auditeurs n’eussent fait défaut sur le continent européen dans quelques grands centres de culture, croit-on que les hommes les plus compétents tant en histoire qu’en religion auraient aussi facilement consenti à apporter leur concours? Enfin, l’eussent-ils même accordé, reste à voir s'ils seraient entrés dans l'esprit de la combinaison, comme la plupart des conférenciers dont nous venons de relever les déclarations concordantes.
Sans doute, ce serait une exagération de s'imaginer que, même en Angleterre, les sectes, voire les religions, soient prêtes à tomber dans les bras les unes des autres pour se vouer ensemble à leur œuvre essentielle de charité et de moralisation. Mais c'est déjà beaucoup d'y trouver, au premier rang des principales communautés religieuses, un groupe croissant d'esprits généreux qui ont le sentiment d'une communion supérieure à toutes les divergences doctrinales et qui se sont réunis pour le proclamer haute-
ment vis-à-vis les uns des autres. Si jamais ce point de vue venait IIT. — 10
à se généraliser, il amènerait, non seulement dans les rapports réciproques des Eglises, mais encore dans leur conception de la valeur relative de la vérité religieuse, des modifications tellement profondes qu'elles équivaudraient à l'avènement d'une religion nouvelle, Celle-ci pourra dire que les Conférences de South Place auront été son premier Concile.
Sans prévoir aussi loin, nul ne peut se refuser à reconnaître que ces conférences ont pleinement répondu à l'attente de leurs organisateurs, et leur réussite est de bon augure pour quiconque croit à la possibilité d’une paix religieuse basée sur la connaissance plus exacte des religions et sur l'appréciation plus juste de leur rôle.
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The subject can be approached either from an historical or a theoretical point of view.
In the first case, it includes two main questions (a) What has Christianity borrowed from other faiths? (b) What has been the attitude of Christianity towards these faiths ?
Religion is a growth. No religious reformer ever made away with the past or even pretended to do so. Consider the lowest degrees of religious development and you will see therein, under the rubbish of superstitions, as Herbert Spencer says « a soul of truth » capable of blossoming under proper treatment into something akin to the highest forms of religion. On the other hand consider these highest forms as they now stand, and they will show some elements which can be traced back to to the lowest systems of worship. Not only is there a connection between the two stages, but the progress from one to the other can be traced step by step and this progress has generallv been effected by pouring new wine into the old bottles.
Nobody, therefore, can be surprised if Christianity has preserved some vestiges of the whole series of religions that had preceded its rise. The immediate antecedents of Christianity are in Judaism and Hellenism. Its relation to Judaism is sufliciently known. In truth at the starting point it was Jewish in its essence as well as in its birthplace. Its spirit ran in the same channel as the inspiration of the Prophets, disentangled from the expectations of an earthly Kingdom. Its communities were
1. Extrait de À course of lessons on (he various Failhs prepared by the University Association and edited by Edmund Buckley. Chicago 1898.
modeled after the pattern of the synagogue with a stronger propensity towards asceticism. Its rites were the prescriptions of the Mosaic Law, more or less thrown into the background by the prevalence of the ethical standard and the importance attached, according to the teaching of Christ, to the idea of Love.
But when Christianity expanded among the western nations it quickly introduced into its theology and liturgy the methods and tendencies of Greek thought, soon to become a cosmopolitan faith in a form more Aryan than Semitic.
Those who wish to trace the respective influence of these two religious streams, must first study Judaism at the beginning of our era, and this can be done, as Kuenen has pointed out, only by a careful study of the origins of the Israelitish Religion. Besides, we have to take into consideration that the old Testament has passed, as a whole, into the Christian tradition. With it have been incorporated some elements which the Jews themselves had borrowed from preceeding or parallel worships, and thus Christianity may find itself connected, although in indirect way, with the religions of the Canaanites, the Egyptians, the Assyro-Babylonians and even the distant Accadians or Turanic Proto-Chaldæans!.
Turning to the second current of religious thought which made itself felt in the development of Christianity, we will observe that the Greek religion of the period was no longer the polytheistice mythology of former Hellas. This imaginative and esthetic creed, after having absorbed the more sober and ritualistic worship of the latin race, had come to terms with the old faiths of Syria and Egypt on the basis of the equivalence of the gods, while, under the guidance of the leading philosophical schools it was rapidly becoming a vast and elaborate syncretism, striving not only to assimilate all the different religions of
4. It is easy Lo understand that I must here leave to the student the task of making himself acquainted with the history of these religions, if he has not done so already. I will only recommend from the standpoint of this syllabus : AKuenen's « Religion of Israël » London 1875: and, as shorter treatises, especially bearing on the question of the relations between the religion of Israël and the worships of the surrounding nations : Heber Newton's « T'he Book of the beginning » New-York 1854; Sayce's « Higher Crilicism and (he Monuments » London 1892; Charles Edward’s « The witness of Assyria » London 1893; and W. Robertson Smith’s Lectures on the Religion of the Semiles London 1894.
the Roman Empire, but also to combine the monotheistie creed of the new theology with the increasing mysticism of the people.
Philo had paved the way for the blending of the Jewish ethicism with the new Greek theosophy, which began to act on Christianity as early as the composition ofthe fourth Gospel ; but it was not until the beginning of the third century that Hellenism really got hold of the Christian theology through the Alexandrine Fathers. At the same time the simple worship that remained, after the prescriptions of the Mosaic Law had been discarded by the followers of the apostle Paul, took a new departure from its contact with the Greek Mysteries, which not only opened the Christian Church, at least for a time, to the practice of esoterism, but also impregnated its ritual with their own symbolism!.
Yet this is not all. Among the ideas and customs that have passed into Christianity from the preceeding religious systems, some are anterior to these religions themselves and are to be traced back to what may be called the most primitive forms of religions. As these elements have undergone many changes in the course of their evolution they cannot be properly understood unless we replace them amidst the surroundings where they originated — surroundings which are still to be found in the mental and social conditions of uncivilized peoples. Thus, to reconstruct the past, even of religious culture, history must be
supplemented by ethnography *?.
1. Here again I can only refer, for a knowledge of Greek religion, down lo the times of the Roman Empire, to the general literature on the subject — especially to Renan’s «History of the Origins of Christianity, London 1888. — From our special point of view the most (hcrough and trustworthy work is perhaps the Hibbert Lectures of the Rev. Edwin Hatch « Znfluence of Greek Ideas and Usages upon the Christian Church » London 1890. — For the development of the Church organization see Renan’s « Influence of the instilulions, thought and cullure of Rome on Christianity » London 1885,
2. Sce Edward B. Tylors well known « Primilive culture » 2d edition 1892, and my own Hibbert Lectures « Origin and Growth of the Conception of God as Illustrated by Anthropology and History » London 1891.
It has often been alleged that Christianity was largely influenced by the religious thought of India, and particularly by Buddhism. A close and careful examination of the parallel cases affords the conviction that possibly there have been a few and secondary exchanges of traditions and sayings between the two religions, especially in regard to the incidents in the life of their respective founders, but also that both faiths have grown independently of each other in their theology and ethics as well as in tneir Church organization and forms of wor-
2. Next comes the question of the position assumed by Ghristianity towards other religious systems. Historically, this attitude has nothing that we can be proud of. It has been characterized from the first, not only by antagonism, but by hatred, and soon by oppression. Now and then there has been, especially among the Alexandrine Fathers, an admission that « those who live according to the Logos are Christians, though you may call them atheists; such among the Greeks were Socrates, Heraclitus, and many others » a saying of Justin Martyr, boldly taken up, centuries afterwards, by Zwingli, who, for such audacity, was branded as a heretic by both Calvin and Bossuet, for once in agreement.
But the main doctrine of the Church has been that all the Pagan worships were the work of the devil, and that the slightest deviation from the orthodox standard ought to be suppressed by sword and fire. Ï am sorry to say that, for a long time, heretics themselves were of the same opinion ; it was only a question of who should get the upper hand'. And what is more serious, it cannot be contended that this intolerance is alien to the very spirit of Christianity. It is the inheritance of the impulse that moved the Prophets of old to wage war in the interests of truth and morality. Hellenism only made the matter worse, when it introduced into Christianity the notions : (a) That the simple theological creed of the first communities had to be defined and enlarged till it covered the whole ground of metaphysics and philosophy; (b) That in this matter, absolute truth depended upon the decisions of a majority, sometimes a political majority ; (c) That these decisions do not only correspond to mental and spiritual needs of the age, but bind as final all
generations to come, in spite of the discoveries of science and the progress of human ideals.
ship — at least until the comparatively recent time when the Buddhism of Tibet came into contact with the Nestorians of China.
Âs to the legends and customs which our western Churches have borrowed from the old mythology of the Celts and Germans, their adaptation belongs to a later period, and concerns, moreover, Christian folk-lore, rather than Chrislian religion.
1. Those who wish to become acquainted with this lamentable history have only to read Lecky's History of the Rise and Influence of Rationalism in Europe » London 1887; or F. May Holland's « Rise of Intellectual Liberty from Thales to Copernicus « New-York, 1885.
Yet there is still another lesson to be learned from the history of Christianity, provided we study it not in any one period nor in one particular Church, but in all its offshoots and in the different aspects of its development. It is that Christianity shows itself more than any other known religion, essentially plastic and therefore progressive and adaptable, although sometimes after a struggle, to the wants of the times.
Missionaries, since they can no longer resort to the secular arm to force pagans into belief, have been led to study more carefully and more impartially foreign religions. They tend, consciously or not, to treat these faiths as normal expressions of the universal religious feeling and to acknowledge whatever good they find therein ; they also seem to realize more and more that the acquiescence of the heathen to the creeds and rites of the Church counts for little, if not accompanied by the practice of Christian virtues.
Within the pale of Christianity, while the most advanced communities are seeking their spiritual bond in uniformity ofreligious feeling rather than in conformity of creed, we see growing, even amidst the most conservative and ritualistic dénominations, the number of those who place conduct before belief.In this respect, the Parliament of Chicago, more than any other religious manifestation of the age, has revealed the progress made by Christianity firstly towards the recognition of what is true in theother religions ; secondly, towards the desire of heartily cooperating with those religions for the advancement of morals and the welfare of mankind.
One can look forward to a time when the best and most enlightened representatives of Christianity will see in every religious community — without and within the different shades of Christian tradition — so many branches of one universal Church worshipping under different names with different rites, the « Eternal Power, not ourselves, that makes for Righteousness, » the one « Sovereign God, whom men invoke under many names, and who rules alone. »
À. Thomas Wentworth Higginson « The sympathy of Religions » Boston, 1876, also « Religious Systems of the world » a collection of addresses delivered at South Place Institute, London, 4890. « The world's Parliament of Religions, Chicago, 1893.
LES PRÉLIMINAIRES DU PREMIER PARLEMENT UNIVERSEL DES RELIGIONS A CHICAGO!
Les Eglises ont souvent tenu des assemblées pour régler des points de discipline ou même des questions de dogme. Tels ont été les grands conciles du bouddhisme et du christianisme; tels sont encore, chaque année, les assemblées synodales, les conférences, les conventions, les congrès ecclésiastiques qui mettent à profit la facilité croissante des communications, pour se réunir, l'été, tantôt dans une ville, tantôt dans une autre, surtout au sein des pays protestants.
IL s’est produit également, à plus d'une époque, des réunions contradictoires où les théologiens des Eglises opposées tâchaient, soit de se convaincre les uns les autres, soit surtout de gagner à leur foi respective le public qui assistait au débat et, en particulier, les autorités temporelles qui les avaient convoqués. Telle était la fameuse dispute d'Elie et des prophètes de Baal, sur la montagne du Carmel, où les adversaires argumentaient à coups de foudre ; telles ont été encore les édifiantes controverses entre brahmanes et bouddhistes, si fréquemment invoquées dans les ouvrages de ces derniers; — les tournois oratoires entre païens et chrétiens, entre moines et rabbins; — les colloques, entre catholiques et protestants dans les premiers temps qui suivirent la Réforme. Sauf dans les légendes dorées, il est rare que ces discussions aient jamais amené la conversion de personne, bien que chaque parti ait invariablement réclamé la victoire. Si elles ont parfois abouti à une décision des arbitres officiels, c’est