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Barnows. Parliament of Religions, t. 11, pp

dent leur rang numérique. L'augmentation a été surtout sensible chez les juifs et chez les catholiques. Mais, parmi les premiers, elle est due, exclusivement, et parmi les seconds, principalement, aux renforts amenés par l’émigration européenne. Il est assez piquant de constater que de toutes les Eglises recensées, la plus faible est cel'e qui s'intitule l' « Eglise de Dieu. » Mais il ne s'agit que d'une variété évangélique, fondée vers 1850, par John Winnebrenner sur une théologie plus ou moins umitaire.

Les Unitaires.

Les unitaires ne sont pas plus de 75.000, s'il faut en croire la statistique ci-dessus. Cependant, on aurait tort de mesurer à leur nombre leur influence dans le passé et dans le présent. Descendants directs des puritains qui colonisèrent la Nouvelle-Angleterre, mais s'étant graduellement émancipés des dogmes calvinistes, ne voyant plus dans la Bible qu'un livre d’édification parsemé de vénérables légendes, et dans Jésus que le sublime iniliateur d’une profonde révolution religieuse et morale, ils n'ont Jamais compté qu’un nombre restreint de congrégations (actuellement près de cinq cents). Mais ils se vantent — et non sans fondement — que sion dresse la liste des Américains les plus éminents dans les lettres, les arts, les sciences, le droit, la politique, pendant les deux derniers tiers du xix° siècle, les quatre cinquièmes des noms y relèvent de l'unitarisme. Presque tous les écrivains et les réformateurs dont la réputation a atteint l’Europe, de 1840 à 1860, étaient des unitaires, Boston, l' « axe de l'univers » (fhe hub of the world), comme disaient plaisamment les cités rivales, fut longtemps leur principal centre, pendant l’époque où la culture américaine y Jetait son plus vif éclat. Ils dominent encore aujourd’hui à Harvard, la plus ancienne et la plus considérée des universités américaines.

D'ailleurs, l’unitarisme s'étend bien au delà des Eglises qui en ont adopté le titre : les universalistes, les quakers progressistes, les protestants évangéliques allemands, une grande partie des communautés congréganistes, enfin, les juifs réformés, se placent sur le même terrain théologique, et, dans les autres confessions

— sauf peut-être au sein de l'Eglise romaine et de quelques autres organisations essentiellement conservatrices — les esprits les plus avancés, tant parmi les ministres que parmi les fidèles, sont, en réalité, des unitaires qui jugent inutile de rompre avec leurs anciennes dénominations. « Les vues de Théodore Parker, » disait, en 1904, le rapport annuel de l'American Unitarian Associalion, « sont acceptées désormais par des centaines de ministres, dans toutes les confessions protestantes, C’est à peine si on trouve encore, dans une chaire urbaine un peu en vue, quelque trace de la vieille orthodoxie. Il n’est pas rare de rencontrer, dans les journaux religieux, un article de fond rempli d'idées umtariènnes, côte à côte avec une attaque contre l'Eglise unitaire. » Sous ce rapport, l’unitarisme a surtout agi comme un levain.

Les unitaires, pas plus d'ailleurs que les congrégationalistes, ne possèdent d'autorité centrale pour définir leur foi. L'Association américaine unitaire, fondée en 1825 à Boston « pour répandre la connaissance et favoriser le progrès du pur christianisme, » n'est pas une fédération d'Eglises, mais une association libre de ministres et de pasteurs qui s'est simplement proposé de fournir un centre à la propagande de l’unitarisme.

S'en suit-il que les unitaires n’ont aucun lien doctrinal? Leur dénomination impliquait simplement, à l'origine, une protestation contre le dogme de la Trinité. Cependant, dès le début, s'aflirmait, sous cette attitude négative, le désir de se créer une théologie répondant aux besoins nouveaux de la raison et de la conscience. « La vérité, proclamait Channing, c’est que notre suprême autorité (our ullimate reliance) est et doit être la raison... Je suis plus sûr de tenir de Dieu ma nature rationnelle que de trouver dans un livre quelconque l'expression de sa volonté. » L'unitarisme est graduellement devenu non plus seulement la doctrine de l’unité divine, mais encore celle de l'unité de l'univers. D’où sa préoccupation constante de mettre sa théologie en harmonie avec les synthèses les plus hardies de la science contemporaine. Un des principaux docteurs de l’unitarisme, le Rév. Minot J. Savage, qui fut un des premiers disciples d'Herbert Spencer aux Etats-Unis me disait, lors de mon der-

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