‹ Hiérosophie problèmes du temps présentChapitre 46 sur 66 · IT · texte numérisé non relu

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üfique moderne » montrent qu'il y a là « une période de recherche

anxieuse d’un nouvel équilibre entre la religion et la vie. » Le R. P. Allo:

Nul geste, si « magnifique » qu'il soit, ne doit éteindre aucune des lumières de la conscience; il faut seulement, par les clartés de la pensée libre, les dégager de leurs ombres. :

On ne peut que regretter de ne pas trouver ici les appréciations de M. l'abbé Loisy et de M. l’abbé Houtin.

Tout ce mouvement d’émancipation sera-t-il arrêté par le récent Syllabus de Pie X? Je n’oserais me prononcer.

Dans l’affirmative, ce sera tant pis pour l'Eglise; mais, dans la négative, que deviendra l'autorité papale, qui est présentée de plus en plus comme la pierre angulaire du catholicisme? Y a-t-il une troisième issue ?

B. — Dans les limites du christianisme.

M. Frank Puaux, l’ancien directeur de la Revue chrétienne, affirme que, loin de s’affaiblir, les Eglises chrétiennes sont en pleine évolution et en plein progrès :

Evolution scientifique préparée par le travail de géant de la critique religieuse qui, étudiant le problème des origines de la religion, en a

maintenu le principe. Evolution sociale, tendant à séparer d’une

manière définitive la religion de la politique et concentrant son action dans le développement moral et religieux par la lutte contre toutes les iniquités sociales au nom du Christ.

D'autre part, un publiciste hollandais, M. Vanden Bergh van Eysinga, — tout en déclarant que « de même que Beethoven constitue une limite que ne peut dépasser une certaine musique, la religion parfaite est le christianisme, » — ajoute que l'évolution de celle-ci sera sans doute accompagnée d'une dissolution de l'Eglise.

M. Baldassare Labanca, professeur d'histoire religieuse à l'Uni versité de Rome, formule ainsi son jugement :

D'un côté, on voit se dissoudre en grande partie dans la religion le passé dogmatique, liturgique, ecclésiastique, parce que la science, la

critique, la philosophie, la recherche historique et la politique combattent la théologie, le dogme, le culte de l'Eglise... Mais, à côté des parties, qui se dissolvent, existe dans la religion — surtout la religion chrétienne — un courant d'idéalisme moral et social qui en constitue l’admirable fond intrinsèque et l’évolution.

Des conclusions analogues sont formulées par le comte de Romanonès, ancien membre du cabinet libéral d'Espagne; le baron Hans von Wolzogen, directeur des Bayreuther Blaetter, le compositeur Bourgault-Ducoudray, MM. Robert Saleilles, professeur à la Faculté de droit de Paris; Bonet-Maury, professeur à la Faculté de théologie protestante de Paris ; Paul Seippel, professeur au Polytechnicum de Zurich; enfin, M. Charles Gide. Ce dernier écrit :

On peut constater certainement une évolution dans l’idée religieuse et dans le sentiment religieux, ou plutôt l'idée tend à évoluer en sentiment. L'idée religieuse tend à s'évader des formules dogmatiques dans lesquelles autrefois elle cherchait à se fortifier.... Mais, en même temps, on tend à remplacer la préoccupation individualiste du salut et du ciel par la préoccupation du salut commun. Toute une école ardente de jeunes pasteurs répète la prière : Que {on règne vienne, en déclarant que cette parole doit être désormais entendue en ce sens : Ton règne sur {a {erre, et n’admet pas que le christianisme puisse être autre chose qu’un christianisme social.

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