‹ Hiérosophie problèmes du temps présentChapitre 48 sur 66 · Voir, plus haut, XVIII · texte numérisé non relu

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tence de Dieu sont en train de perdre leur prestige et leur validité, tandis que la religion de sentiment continue à représenter avec une force irrésistible : l'héritage accumulé du passé — la conscience organique de la race — le réservoir de l'hérédité — la sagesse instinctive, souvent supérieure à tous nos raisonnements — le facteur déterminant de notre caractère et de notre personnalité — notre lien avec l’ensemble de la nature et avec les lois du cosmos. — Je le veux bien, mais en fait, si cet « arrièreplan » est le réservoir des expériences et des impressions accumulées dans la suite des générations, il est susceptible de s'ouvrir également aux influences sceptiques de notre époque qui peuvent rapidement en altérer le caractère. On peut se demander, d'ailleurs, si l’auteur n'a pas été entraîné à trop déprécier le rôle de l'intelligence. Si celle-ci, comme il l'admet, est la dernière née de l’évolution, il faut bien, à moins d'y voir un élément régressif, qu’elle constitue un organe mieux adapté à la recherche de la vérité et dès lors les conceptions qu'elle nous fournit doivent comporter, jusqu'à preuve du contraire, une validité supérieure à celle de l’intuition. Cette dernière peut devancer, provoquer et même guider le raisonnement dans une certaine mesure ; mais la raison doit avoir le dernier mot et c’est elle que les psychologues prennent pour juge, alors même qu'ils concluent à sa propre infériorité.

L'auteur, au début du volume, met en scène un habitant de Mars qui, descendu sur la terre pour étudier le genre humain, se rend parfaitement compte de nos arts et de nos industries, mais qui, comme il ne possède pas notre « arrière-plan » héréditaire, n'arrive pas à comprendre comment la presque totalité des hommes dans le présent et le passé ont pu croire à un Etre qu'ils n'ont jamais vu et dont ils ne savent rien de certain. — Or de deux choses l’une : ou bien le Martien est incapable de raisonner, et alors il ne comprendra rien de notre civilisation, si même il à quelque curiosité de la connaître. Ou bien il est un être doué de ce que nous entendons par raison, el alors il n’y a aucun doute

qu’il ne comprenne — si même il ne les a déjà formulés — les

syllogismes par lesquels l'esprit humain essaye de justifier — à : , ’ a

à tort ou à raison — sa croyance en l'existence d’une Cause

première et d'une Cause finale, d'un absolu qui sert de sup- III, — 20

port au relatif et d’un Pouvoir qui travaille pour l'ordre de l’univers. Ici, à défaut de la conscience marginale, c’est la raison qui nous fournirait un lien cosmique avec notre frère extra-planétaire.

Ces réserves n’enlèvent rien aux mérites d'un ouvrage qui mérite d’être recommandé à tous ceux qu'intéressent les progrès de la psychologie religieuse. L'auteur déclare, dans sa Préface, qu'il a voulu écrire à la fois pour les spécialistes et pour le publie. I1 a réussi à ce double point de vue et ce n’est pas un mince compliment que de reconnaître à toutes les parties du livre des qualités de clarté et de style trop souvent négligées par les spécialistes de la science mentale.

” OX6toc Üc T4d' Üruréy entyÜoviuy, avbpuruwv, (Hymne homérique à Déméler..)

La Franc-Maçonnerie est une des associations contemporaines dont on parle le plus et qu’on connaît le moins. Ses membres se tiennent pour obligés de garder le secret sur ses faits et ses gestes ; ses adversaires, qui dès lors ont beau jeu, ne se font pas faute de la travestir et de la calomnier devant le public. Il est bon que, de temps à autre, des esprits compétents soulèvent un coin du voile pour la traiter comme elle doit l'être — que ce soit du dedans ou du dehors, — avec l’aide des méthodes objectives et historiques. Tel est le cas de deux publications — nous ne pouvons pas dire de deux révélations — qui viennent de paraître à peu près simultanément et sans que leurs auteurs semblent s'être donné le mot, Elles sont dues respectivement à deux de nos compatriotes bien connus, aussi estimés pour leur caractère que pour leur science, occupant de hautes fonctions dans la magistrature belge : MM. Ernest Nys, conseiller à la cour d'appel de Bruxelles, et Pierre Tempels, auditeur général honoraire. Ni l’un ni l’autre ne dissimule sa qualité de Franc-Maçon ; mais il ne faut pas pousser bien loin la lecture de leurs commentaires pour y retrouver les habitudes de clarté, de sincérité et d’impartialité que donne la pratique consciencieuse des fonctions judiciaires. Leurs publications se complètent l'une l’autre — celle de M. Nys, parue dans la Aevue de droit international et de législation comparée, sous le titre de : Idées modernes, Droit international et Franc-Maçonnerie, trai-

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