De Beneficus, B. 1v, c
fut la provenance, comme des agents, des intermédiaires des hypostases de la Divinité unique. Ils allèrent même jusqu'à proclamer l’équivalence et par suite la relativité de toutes les religions. Maxime de Tyr explique que les hommes, s'étant trouvés impuissants à saisir la Divinité dans son essence, ont pris l'habitude de la désigner par ce qu'ils connaissent de plus auguste, de plus beau, de meilleur; ici, par les chefs-d’œuvre de la statuaire, là par des êtres vivants; là encore, par divers symboles et de nombreux noms!.— En d’autres termes, comme l'enseigne Proclus, toutes les religions figurent des efforts partiels et imparfaits pour réaliser un idéal commun.
Ce point de vue, très favorable à une étude scientifique des religions, était malheureusement faussé d'abord par l'arbitraire des identifications qu’on prétendait établir entre les divinités les plus dissemblables sur la foi d'un attribut commun ou d'une étymologie fantaisiste, ensuite par la préoccupation de retrouver au fond de tous les cultes l’écho d'une philosophie déterminée. Enfin les écoles théosophiques qui marquèrent la fin du paganisme s'étaient empressées de rouvrir la porte au merveilleux parleur théorie des bons et des mauvais démons dont les révélations se seraient trouvées à la source de toutes les religions.
Avec le christianisme, l'étude scientifique des religions fit plutôt un pas en arrière. Après les vaines tentatives de quelques sectes gnostiques pour amalgamer les traditions religieuses de l’époque . dans des synthèses où l'imagination tenait plus de place que la préoccupation historique, l'Eglise victorieuse retourna contre les anciennes divinités la démonologie que les néo-platoniciens avaient élaborée dans l’espoir de régénérer le paganisme. Quelques Pères de l'Eglise semblent encore admettre que les dieux du paganisme étaient la divinité suprême considérée dans ses multiples manifestations : « C'était un même Dieu, écrit saint Augustin, qui, dans les sphères éthérées, était appelé Jupiter; dans la mer, Neptune; dans le feu, Vulcain ; dans la vendange, Bacchus; dans les forêts, Diane; dans la science, Minerve? ». Eusèbe, en qui M. Andrew Lang a justement reconnu un de ses précurseurs,