‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 135 sur 145 · SÛTES · texte numérisé non relu

SÛTES

les commentateurs. Je crois être arrivé, par voie dtf’comparaison et sur l'autorité des manuscrits, à une double et importante restitution. Je mets d’abord ld tradnetion du texte vulgaire (donné par Bàie; Foës, Duret et Mack ) sous les yeux du lecteur ; il faudra ainsi une moins longue discussion pour joger de la valeur du résultat auquel je suis arrivé.— * Le spasme survenant dans la fièvre et cessant le jour même , c’est bon. — Le spasme survenant dans la fièvre fait cesser la fièvre le jour même , le lendemain ou le troisième jour; mais dépassant l’heure à laquelle il avait commencé, c’est mauvais. » — Si on ne considère dans ce texte que la suite des idées, on reconnaît immédiatement qu’il y a un très grand désordre dans la seconde sentence : qu’il n’y a nul rapport logique, et qu’il existe même une contradiction entre les deux membres de phrases qui la composent; car il est ridicule de dire que le spasme survenant dans la fièvre la fait cesser le premier, le deuxième et le troisième jour, et d’ajouter que s’il dépasse l’heure à laquelle il a commencé, c’est mauvais; mais si avec mes manuscrits et aussi avec lmp. Samb. et Calvus, on écrit : « Le spasme survenant dans la fièvre et cessant le jour même , c’est bon , mais dépassant , etc. , c’est mauvais ; » les idées se suivent parfaitement ; l’opposition que l’auteur a voulu marquer subsiste, et sa pensée ressort dans toute son intégrité. Le texte de cette seconde sentence établi , il reste pour la première : « Le spasme survenant dans la fièvre la fait cesser le premier, le deuxième ou le troisième jour, » mais le contraire est positivement établi dans tous les livres hippocratiques , et notamment dans Aph. II, 20 ; IV, 57 ; V, 5, 70 ; Coaq. 354 , 356 où il est dit, d’une part, que la fièvre survenant dans le spasme le fait cesser; et d’une autre , que le spasme survenant dans la fièvre , c'est pernicieux. Foës s’était bien aperçu de cette contradiction, mais il n’a pas osé la faire disparaître. J’ai cru pouvoir être plus hardi sans être téméraire. J’ai donc lu pour la première sentence Ttupsrô; ii cxzv/j.û , au lieu de ïTt xGft.bi iv 7rup£TSi , qui se trouve dans tous les imprimés et manuscrits. Cette inversion, du reste, est très explicable par le bouleversement que ces sentences ont éprouvé , et par la proximité de la seconde, qui commence et qui doit commencer par <7iras/£Ô; è» nuperü. Du reste , dans le traité des Lieux dans l’homme, on lit : « Si la fièvre survient par suite de spasmes [le spasme ] cesse le jour.même ou le lendemain. » Ainsi , j’ai rétabli la suite des idées dans la seconde sentence, la doctrine dans la première, et j'ai marqué l’opposition qui , dans la pensée de l’auteur, existait entre ces deux sentences, la première servant â constater un fait positif : la cessation du spasme par un accès de fièvre ; la se-

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conde servant à établir nn pronostic conditionnel. En effet, le spasme dans la fièvre étant essentiellement mauvais, il ne pouvait être considéré comme bon , ou plutôt comme moius nuisible, que par son peu de durée.

158e S. — 07. 2253 , dont je suis en partie le texte , a : Sont accablés et pâlissent.

100' S. —08. Ou, suivant quelques-uns, aiguë et passagère. Le mot en litige manque dans 2253 ; du reste , j’ai suivi le texte cfe ce manuscrit.

161* S. — 09. 2145 , lmp. Samb. et les manuscrits consultés par Foës n'ont pas àTtvphoiai-, quelques imprimés ont iv irupcroïst, contrairement aux Aphor. 5 , V ; 51 , VI ; BAlc a «ttu/s.

164' S. — 70. « Mais sont remplis d’ascarides (às-zstjîtowSsss Si ycvo/Mvoc) » se trouvait réuni à la sentence suivante; je lui ai rendu sa véritable place d’après 2253. M. de Mcrcy n’a fait que conjecturer cette restitution. Cependant, il a connu le manuscrit 2253 , dont il n’a nullement profité. — 2254 , 2145 n’ont pas cette correction , que Foës avait déjà signalée, et qui , du reste, s’appuie encore sur la 108' sentence parallèle du Prorrh.

1 68" S. — 71. B piy/ix, le sinciput, le verte, r, est la région supérieure moyenne antérieure cl latérale de la tète , formée par les pariétaux , qui sont appelés quelquefois ftpiy/ixTa. (cf., entre autres, Ttaéoph. , p. 129, I. 17; et Adnot, de Greenhill , p. 301). Hippocrate, qui désigne le crAne par to ii-io-j rf; /.t?sùfc (voir aussi note 39 du traité de Y Art), emploie le mot ppiypx, non pour désigner un os particulier, mais une région : ainsi, il dit dans son traité des Plaies de tête (§. 2, p. 188, t. III, texte de M. Littré) : « Le point où l’os de la tète est le plus faible et le plus mince est le fipiy/ix-, c’est dans cette région que l’os de la tête a sur lui le moins de chair et la moins épaisse , et c’est aussi dans ce point qu'il recouvre la masse la plus considérable du cerveau.... C’est au ppi-jy-ct que le cerveau ressent avec le plus d’intensité les lésions qui surviennent aux chairs et à l’os. » C. Aurélianus ( Chron.pass., 1 , 4) et Hésychius appellent Ppiypz le milieu de la tête. Homère, bien avant Hippocrate, avait distingué le ppiyyx ; il dit ( II. V, 587, éd. B.), en parlant de Mydon tué par Antiloque : Kvfxëxxoç £•> xov6i«v èid pp;-/y.6-i tî zaî üyij; , il tomba de son char la tète la première sur le sinciput et les épaules.

172* S. — 72. « Chez ceux qui ont un affaiblissement de la vue avec de la rougeur aux yeux et un prurit au front , une hémorragie spontanée ou artificielle est avantageuse. Ce cas est simple. — Quant aux douleurs de la tète et du front produites par l’imprcssiou

NOTES

d’un grand vent ou celle du froid après qu’on a eu très chaud , clics se guérissent surtout complètement par le coryza. On est cniore soulagé par l’éternumeut et l’excrétion , soit spontanée , ce qui est de beaucoup préférable, soit artificielle, des mucosités nasales; mais le coryza n’est complet que lorsqu’il s’y joint de la toux. — Des douleurs opiniâtres dans toute la tète, qui arrivent sans cause apparente chez des sujets grêles doivent faire prévoir pour l’avenir une maladie plus redoutable. — Si, abandonnant la tête, la douleur descend au cou et au dos pour remonter de nouveau à la tête , c’est encore plus fâcheux; mais ce qu'il y a de plus terrible , c’est qu’elle occupe à la fois la tète , le cou et le dos. On peut dans ce cas espérer quelque soulagement d'un dépôt, d’une expectoration purulente, d’un flux hémorroïdal, d’un exanthème universel; une dartre farineuse à la tête est également avantageuse. — Il est des individus qui éprouvent des engourdissements et un violent prurit qui occupe soit la tête, soit une partie seulement , avec un sentiment de froid souvent répété ; si ce froid parcourt toute la tête, sachez si le prurit s’étend jusqu’à la pointe de la langue; s’il en est ainsi le mal est à son comble , et la guérison sera très difficile : dans la supposition contraire, clic sera facile. Le seul moyen de soulagement serait, comme je l’ai dit plus haut, la formation d'un dépôt; mais les dépôts sont ici plus rares que dans les autres cas. — Quand il y a des vertiges ténébreux avec ces douleurs, la guérison est difficile, et c'est un signe de manie ; cet état affecte souvent les vieillards. — Les autres maladies de la tète, chez les hommes, bien que violentes et opiniâtres , sont sans danger. Elles affectent les jeunes garçons et les filles du même âge , surtout aux approche des règles. Quant aux femmes , elles éprouvent dans les céphalalgies les mêmes choses que les hommes; mais elles ressentent moins qu’eux les prurits et les accidents de l’atrabile, si ce n’est après l’âge où les règles ont complètement cessé. » ( Extraits du Prorrh. , liv. II , p. 138 , éd. de Mark. ) — Celsc (II , 8 ), a très élégamment traduit une partie de ce passage.

173e s. — 73. Ce passage est tout à fait altéré. Les manuscrits et les imprimés ne m’ayant fourni aucune restitution satisfaisante, j’ai suivi la leçon adoptée par Mack, déjà signalée par Focs d'après Opsopœus et confirmée par te manuscrit 2115, qui porte : ys và ôipyii fJ.ri tütouac , OU licil de y. 5 . vr,SlO\>7r,( OU vyj5\JOjar,i que FOêS traduit par inexliausla sili.

175' À'. — 74. Les Cod. reg. de Foës, 2145 , cl lmp. Samb. ont «y/noiïoc au lieu de ûaâ/pnvot. Cette leçon est conforme à la 38e sentence du Prorrh.

DES COAQÜES. Ukl

180* S. 75. Bâle, Foës impriment oupoosi nénovi. Avec Mack, j ai lu inmovoif , c’est-à-dire : qui causent de la douleur en sortant. En effet, des urines cuites (irirtofft) ne sont jamais regardées comme un mauvais signe et ne se rencontrent pas d’ailleurs avec le concours des symptômes que l’auteur a groupés ensemble.

183* S. — 76. Tous les manuscrils que j’ai consultés, sauf 2253 et les imprimés , portent : « il se forme au visage des tumeurs avec coma. » Je me suis guidé sur la 165* sentence du Prorrh., et j’ai détaché ps rà xùps nos de la 183e sentence des Coaq., pour la mettre au-devant de la 184*. Peut-être faudrait-il lire xaùparoç au lieu de xd> paroi, si l’on conservait la disposition du texte vulgaire.

185* — 77. Ce mot manque dans 2253, dont j'ai d’ailleurs

suivi le texte j celui des imprimés étant irrégulièrement construit. L. de Villebrune , sans connaître ce manuscrit, s’est en partie rencontré avec lui.

186* S. — 18. 2253 ne donne pas le sens interrogatif des imprimés, — Pour rapprocher celte sentenee de la 92* des Prorrh., L. de Villebrune affirme que tous les manuscrits ont : « Quand il y a chaleur vive, » au lieu de: « Quand il y a coma. » Il a contre lui l’autorité de 2253.

187* S. — 79. 2253 réunit la dernière phrase de la 1 87* sentence à la 188*. 2145 en fait une sentence a part. — Galien (de Eoc. a/fecl., 1. II, t. VII , p. 92) dit qu’on n’était point d’accord sur l’acception du mot afxxs).oi , et qu’on l’employait dans les différentes significations de douleur vive et forte , d’inflammation violente qui fait craindre la gangrène, de gangrène même ou de corruption de la partie enflammée, de tout spasme en général, de spasme des parties1 nerveuses manifesté ou prêt à se manifester à la suite des grandes inflammations, de tension forte ou de putréfaction.— Ainsi, le mot <rysa*io{, appliqué au cerveau , ne doit rien faire préjuger sur la nature anatomo-pathologique de la maladie qu’il sert à désigner, et je ne saurais dire quelle idée les anciens y rattachaient. Peut-être voulaient-ils exprimer l’acuité de la douleur; peut-être aussi s’imagiuaicnt-ils que dans les maladies qu’ils appelaient de ce nom, le cerveau , vu la gravité des symptômes, devait avoir subi une altération notable, une sorte de corruption. Du reste , dans les passages suivants que je mets sous les yeux du lecteur, on retrouvera des symptômes qui appartiennent soit au ramollissement du cerveau, soit à l’aracbnitis suraiguë de la base, soit à une violente congestion cérébrale, avec d’évidentes complications d’affections graves du cœur.

« Sphacèlc du cerveau. Quand le cerveau se sphacèle, on sent des douleurs à la tête, au rachis et au cardia. On a des défaillances

NOTES

IM

avec sueurs, des insomnies, des hémorragies du nez, souvent même des vomissements de sang. Le cerveau tombe dans le sphacèle , quand il est échauffé ou refroidi outre mesure , quand la bile ou la pituite s’y portent avec excès. Toutes les fois que cela arrive , la inoeîle épinière reçoit trop de chaleur. De là proviennent les douleurs àü rachis. On tombe dans des défaillances, quand la bile ou la pitaite se portent vers le cœur. On meurt ordinairement le troisième ou le quatrième jour. » (De Morb., II, éd. de Foës, p. 403.) — « Sphacèle du cerveau. Quand le cerveau est sphacélé, on sent à la tète des douleurs qui se portent au cou et à l’épine ; on perd l’ouïe. La tête devient froide , tout le corps enfle; on perd subitement la parole ; le sang coule des narines ; la peau prend une couleur livide. Si la maladie n’est pas forte, on est soulagé par l’hémorragie ; quand la maladie est violente , on meurt promptement. » ( De Morb., III , p. 488 , éd. de Foës.) — * stulre maladie. Quand le cerveau se sphacèle , les douleurs s’étendent de l’occiput vers l’épine : le froid s’empare du cardia. Il s’y joint des sueurs fréquentes. Le sang sort par le nez, et souvent aussi on le vomit, et l’on meurt dans les trois jours. Si on arrive au septième jour, on guérit ordinairement. Si on vomit le sang ou si on le rend par le nez , il ne faut point faire de lotions chaudes et ne point administrer de boissons tièdés , mais faire boire du vinaigre blanc , coupé avec de l'eau. Si le malade est faible ,on y joint la ptisane. Si le vomissement du sang ou l’hémorragie du nez sont excessifs, on boit de l’eau blanchie avec de la farine. Pour l’hémorragie du nez , on applique des compresses sur les veines du bras et sur celles des tempes, et l’on bande fortement. Quand il n’y a aucun de ces deux symptômes, et qu’on sent des douleurs à l’occiput, au cou, à l’épine, avec du froid au cardia, on réchauffe le dos, la poitrine, l’occiput , le cou , à l’aide de fomentations faites avec de la farine d’orobe. Par ce moyen on procure du soulagement; maison ne réchappe guère de cet état. » (De Morbit , II, p. 4C8. ) — « Sphacèle du cerveau. Quand le sphacèle du cerveau commence , on sent à la partie antérieure'de la tête une douleur qui , d’abord , n’est pas grande. Il survient de l’enflure et des taches livides: la fièvre et les frissons arrivent ; il faut alors faire des incisions aux endroits tuméfiés; et après avoir nettoyé l'os, le rugincr jusqu’au diploé; puis soigner comme dans le cas des fractures ‘.» (De Morb., II, p. 4C9.) — « Carie \ Lorsqu’un os se carie, il devient doulou-

1 Ce passage explique la fin de la 187' sentence.

* L’auteur, en plaçant la carie des os du crâne A côté du sphacèle du cer-

DES COAQUES. 449

reux. Avec le temps il s'affaiblit, se gonfle et se fracture. Si vous incisez la chair qui le recouvre, vous le trouvez augmenté de volume, rugueux, cl quelquefois corrodé jusqu’au cerveau. S’il est corrodé de part cri part, le mieux est de le laisser, et de traiter aussitôt la plaie convenablement; mais quand il n’est pas fort endommagé, qu’il est cependant rugueux, il convient de le ruginer jusqu’au diploé, et de le panser comme ci-dcssus. » [De iUorb.,ib.)

189e S. — 80. « Et quelqu’autrc signe fâcheux » manque dans 2253 ; 2245 , 2254 ont ces mots.

198e S. — ,81. Tout ce qui précède manque dans 2253 , mais existe dans les autres manuscrits. — Au lieu de : « urines rougeâtres » du texte vulgaire , Serv. a lu : « très rouges. »— Le texte vulgaire et les manuscrits portent àywvoos... ovp&zîvtt mtyudxi ( il arrive que ces sujets [devenus] aphones sont suffoqués). La sentence parallèle des Prorrh. a yGsaflai* leçon d’Imp. Corn., de Serv., et confirmée par Galien (Coin, in Apli. VI , 51 ). Ces deux leçons me semblent avoir des droits égaux à être conservées.

203e S. — 82. 2254, Bâle, Foës, Mack , ont va** «é/sovra i, leçon que j’ai adoptée. 2253, 2145, Serv. ont xàru flpovrouj

207e S. — 83. Mack lit avec Duret, contre l’autorité de tous les manuscrits et imprimés [xr,v xpîaiv icovtry : lune si judiculionem fecerint. — Ce sens ne me parait pas admissible.

21 Ie S. — 84. Cette sentence se retrouve plus claire et plus développée dans le livre des Jours critiques (t. II, éd. de K., p. 150, ligne lre).

218* S. — 85. Suivant M. Siebel , qui a bien voulu me communiquer les remarques importantes qu’il a faites sur cette 218* sentence , la disproportion apparente du volume des deux yeux , est un symptôme très fréquent dans les affections cérébrales graves ; ce phénomène dépend de la chute incomplète de l’une des paupières, ce qui fait paraître l’œil plus petit. C’est ainsi qu'aujourd’hui le peuple dit encore dans le cas d'affaissement plus marqué ou de gonflement de l’une des paupières : « J’ai un oeil plus petit que l’autre. » — Aîyiî, que M. SLchel n’a pas retrouvé dans lesautres auteurs médicaux, lui semble désigner ici, comme dans le livre II du Prorrh. (t. I, p. 215, éd. de K.) , une opacité superficielle de la cornée ou un léger épanchement entre la cornée et la conjonctive. — Foës traduit : Albescentem humorem concrelum cl lenuem. Mais dans le passage du livre II du Prorrh., il donne à eùyît le sens de petite

veau, semble établir une certaine analogie de nature entre ces deux maladies.

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cicatrice blanche apparaissant sur la cornée, à !a suite de l’ulcération de cette partie. C’est aussi l’interprétation de Galien dans son Glossaire (p. 4 1 2 ) : il serait difficile de se décider plutôt pour un sens que pour un autre. — M. Sichcl ne s’explique pas comment le blanc de l’œil peut s’agrandir aux frais du noir autrement que dans l'atrophie et la phthisie du globe, ou dans l’hydrophthalmic et quelques maladies semblables , où la cornée augmente aussi en proportion. Peut-être s’agit-il d’un agrandissement apparent du blanc de l’œil par une paralysie du muscle orbiculaire ou un spasme de l’élévateur.

218* «Y. — 8G. Aa,u xr,Sàio; IxÔM'pt;. En disant que le feu qui jaillit des yeux empêche la papille de se contracter, l’auteur attribue à la sortie du feu intérieur de l'œil un phénomène qu'il savait sans doute dépendre aussi de l’action de la lumière extérieure sur la pupille. Mais les yeux étincelants et le resserrement de la pupille sont deux faits qui dépendent d’une cause commune, l’état inflammatoire du cerveau, et qui ne paraissent avoir entre eux aucune relation de causalité. 'EyMcits , à côté de ia/tw., parait à 31. Sichcl uuc répétition vicieuse du même mot placé à côté d’î|w (saillie des yeux) ; et il faut supposer qu’il y avait primitivement un mot signifiant sortie , émission , ou peut-être exagération à la lumière. Quelques manuscrits, et entre autres 2253, donnent (vif éclat). Cette leçon, qui souriait à Focs, pourrait à la rigueur se soutenir, quoiqu'elle fasse une sorte de pléonasme avec jzixnr.S. Du reste, est souvent employé par Hippocrate

pour désigner des yeux étincelants. — Pour la phrase suivante, le texte vulgaire porte : /ai ftlvpxptàtt » xa/«ru/ÔTvj; , xai ô/iuàr&iv, ru vi/éw; ti pxtu» ' . Suivant M. Sichcl, il s’agit, d’une part, de la contraction spasmodique des paupières, et, d’une autre part, de la fixité de l’œil jointe au clignement , c’est à-dire au resserrement des paupières. « IbüÇi? è/x/târwv (je transcris ici textuellement la note de M. Sichel ) veut dire fixité du globe. Ce symptôme peu rare est noté dans d’autres passages hippocratiques [ Prorrh. 40 et Coaq. 225], Mùct» veut dire cligner comme le myope, c’est-à-dire resserrer les paupières comme une personne qui ne peut supporter uue lumière trop vive, et qui cependant a besoin de se servir de ses yeux pour voir. C’est dans ce sens qu’Aristote ( Hist . anitn.) emploie ce dernier mol; et Galien (Com. in lib. V, F.pid., p. 234, t. XVII, éd. de K.) le définit de même. Peut-être qu’ici Hippocrate

1 Le manuscrit 2253 que j’avais d'abord suivi porte : x. ,3i. /. x. •*»£<?• Sujustra -. /*., ce texte n’est pas régulier. ( Voir Verrata. )

DES COAQUES. 451

a confondu la paralysie des paupières (blépharoptosis), symptôme cérébral dangereux , avec une contraction permanente ( auvexcwç ) de ces voiles membraneux, les deux états présentant à peu près la même apparence. Au moins serais-je doublement disposé à le penser. En effet, la pathologie prouve que l’immobilité des yeux et le plosis dépendant de la paralysie des nerfs oculaires , surtout du moteur oculaire propre, se trouvent fréquemment réunis; et la syntaxe indique, par la particule rt, qu’ Hippocrate parle de la coexistence de ces deux affections. •—Xpûiu.z?x p.vzzÇ,zï).ti-»( changer de couleur) correspond, d'après M. Sichel , au passage parallèle du Pronostic , où il est dit que la couleur du visage est entièrement changée. Le sens que j’ai adopté me semble à la fois conforme au texte et à l’observation.

220* S. — 87. üTravstirrâffiJî, mot vague qui , suivant Fofis , peut signifier la proéminence apparente dos yeux par suite du gonflement des paupières (ce qui me parait être le véritable sens), ou avec Dioscoride , les pustules qui par suite de i’dcreté des humeurs se forment sur l’œil. Focs traduit : erumpentes eminenlüe , pour comprendre ainsi les deux interprétations.

225* S. — 88. 2146 n’a pas cette sentence.

226e i y. — 80. ï,KX7[iûàei Ce dernier mot manque dans

228e S. — 90. il faut entendre ceci des fièvres ardentes et malignes, dans lesquelles la chaleur ne se montre pas à l'extérieur, mais où elle est concentrée dans la profondeur des viscères, qui sont brûlants ( voir note 47 des Coaqucs, et Aph. IV, 48). Le texte vulgaire et les manuscrits portent : surtout s’il y a une hémorragie. J’ai admis la négation avec Mack , et conformément aux Epidémies, liv. I, 3r const., $. 8.— 2253 réunit les sentences 227 et 228.

230* S. — 91. U s’agit évidemment de la partie postérieure de ia langue, c’est-à-dire de la base , comme on le voit par la fin de la sentence.

232r S. — 92. K*i à Cette locution est très étrange , et l’on ne sait trop ce que veut dire une langue nauséeuse; il s'agit sans doute d'une sensation nauséabonde. — Si on lit avec 2253 àaûSen au lieu de ccxvStk, peut être pourrait-on traduire : La langue extraordinairement ramollie, les malades ayant des nausées, etc. — Cal vus avait lu à:io>.uo//évïj (qui a perdu la force de se mouvoir, tombée en résolution ), au lieu de xnziwoptj-n, leçon que j’ai suivie.

237* S. — 93. 2253 u ï'/.xtx ixTtowy. J’ai tilché de suivre celte leçon au lieu de traduire , comme le porte le texte vulgaire : Les ulcères 6Uppurcnl ( &. «x-or>îi ).

NOTES

238e S. — 94. Utpl tvjv Oit tpwr,-j. 'ïitîpùx est la paroi supérieure de la bouche , le palais. Galien (Com. I , in Epid. VI , t. 3, p. 821, t. XVII) dit : « On appelle virtpwav la partie de la région supérieure de la bouche , qui est élevée au delà [ en avant ] des conduits qui descendent du nez dans la bouche. » Le palais était aussi appelé oôpzvtaxo* , à cause de la ressemblance de sa forme avec celle du firmament ( oupavit). Def. med., lib. Gai. attrib. ; def. 88.

239e S. — 95. Ktvôuvoî si; iitiou avait Anwtv iXOïlv. Il s’agit probablement de quelque collection purulente formée dans l’intérieur du maxillaire inférieur ou supérieur. Toutefois, àvairAr&i signifie flotter, et Foës traduit : Periculum est os flucluet ; en adoptant ce sens, il faudrait entendre sans doute qu’il y a un flot de pus , une fluctuation ; ou encore , avec Houllier cl Cornarius, qu’il s’agit d’une nécrose du maxillaire par suite de suppuration , et qu’il se détache des parcelles d’os nageant dans du pus. M. Malgaigue, à qui j’ai soumis ce passage , pense avec moi que ces trois interprétations sont admissibles.

246e S. — 96. Cette sentence, qui manque dans 2253, existe dans 2254 et 2145. Elle est répétée plusieurs fois dans les Coaques.

256e S. — 97. 2253 donne une tout autre leçon, qui me paraît très suspecte ; en voici le sens te) qu’il m’a été possible de le constituer: « Sont-ils également en danger, ceuxquisont affectés [d’aphonie] à la suite d’une rechute? Ce sont ceux-là surtout qui sont pris d’un saignement de nez et dont le ventre se relâche. » — 2254, 2145 ont le texte vulgaire.

260e S. — 98. Je réunis en une seule note différentes remarques sur celle sentence. 2145 et Imp.Samb. n’ont pas le mot «fréquente. » Dans le Pronosl., au contraire , il y a « fréquente « mais « petite » manque. Voir note 15 de ce traité. — La leçon que j’ai suivie, et qui est donnée par 2253 , est plus précise et me semble préférable.

— « L’inspiration petite et l’inspiration grande » manque dans 2253.

— 2145 présente cette sentence dans un assez grand désordre : ainsi, après « fuligineuse, elle est mortelle, » il a : « Mais la respiration facile, » etc.; puis il ajoute :« La respiration petite et fréquente, grande et rare , c’est mauvais ; » puis il recommence la 260e sentence tout entière. — Il parait qu’Itnp. Samb. avait quelque leçon analogue.

264* S. — 99. Ou , avec Foës et Hcurn : Il se forme des parotides bénignes. Le texte porte : iimixt»; rà ira pi ov;.

269e S. — 100. Avec 2253, 2254 et en partie 2145, Heurn, Lcf. de Villeb. et Calvus, je détache les premiers mots de la 268e sent, pour les réunir à la 269e. En suivant le texte vulgaire, il faudrait traduire la fin de la 268e : « produisent des spasmes et des douleurs au

DES COAQUES. '453

cou et au dos ; » et le commencement de la 269* : « Avec une fièvre aiguë, des spasmes , c’est pernicieux. »

270* et 271* SS. — 101. Pour 270 et 271, je me suis en partie conformé aux leçons de 2253 ; la correction la plus importante est d’avoir rattaché à la 271* les derniers mots de la 270*. Le texte vulgaire porte : S. 270*: « Les douleurs, etc., produisent des spasmes, lesquels se propagent du visage au pharynx (xxl xxtx </Ap#/ ya); » S. 371* : « Les individus pâles («/pot'), frêles (tc/vot), etc. » — 2253 a ot xx rà yxpuyyx iy)ot, isyjoî, x. r. J.. Cette leçon est évidemment la reproduction de celle de Dioscoride, qui , suivant Galien (Com. III in Prorrh., t. 115, p. 757, t. XVI), lisait, pour la 114* sentence parallèle du Prorrh. oy/oc roy-iol ( izyvoi?), au lieu de r,yot üvyyoî , (bruits nombreux), que donne le texte vulgaire, tandis que l’édition de Capiton portait: îso> xxi xxrx oxpuyyx iryvol ôiypoi (le manuscrit 2145 donne aussi ùypol). — Quoi qu’il en soit, la restitution de Dioscoride ne donne pas un texte bien régulier; je n’ai pu en tirer parti qu’en l’interprétant plutôt qu’en le traduisant. — La division que j’ai adoptée parait être aussi celle de Dioscoride et de Capiton; elle avait été suivie certainement par d’autres éditeurs au dire de Galien ( loc . cil.), qui se plaint de ce que les modernes sont toujours prêts à changer arbitrairement les vieilles leçons dans les passages obscurs des anciens livres.

274* S. • — 102. Le texte porte : zot).oj -xpx^io/;?, •jxpr.ÀSr,;. Foës traduit : Alvus perlurbala cum torporc, sens dont je ne me rends pas compte. J’ai cru qu’on pouvait rendre yxpzwÆxs indépendant de ■/oû.ir,, et le rapporter au malade. Quelques-uns, entre autres Durct, lisent èxxvwô^, interprétant que la perturbation du ventre est accompagnée d’une sensation mordicantc. Cette correction est très plausible.

280*6’.— 103. Comme pour la note 98, je réunis sous un seul numéro les diverses remarques que j’ai à présenter sur cette sentence. — « Il faut s’attendre » est donné par 2253; « chez ces malades » (Tovrioici) est aussi une leçon de 2253. Bâle et Foës ont : roüro. Foës conjecturait roÙTotxi , adopté par Mack. — 2145 a : « Cela survient dans la première période. » — A ces mots se terminent les Coaqucs dans ce manuscrit et dans tous les autres de la Bibliothèque Royale, excepté dans 2253 et 2254. — « S’il en était ainsi » est encore donné par 2253.

281*6’. — 104. Ce passage est assez obscur; je crois qu’il s’agit, d’une part, de collections purulentes, profondes et circonscrites, et d’une autre , de suppuration superficielle et diffuse. Voilà pourquoi j’ai ajouté [et situées profondément] , pour rétablir le parallélisme

NOTES

des deux membres de phrase. M. Ermerins ( thèse citée , p. 65 ) ne veut pas qu’on rattache l’idée de profonde à îv xiflûvi, renfermée dans une poche (un kyste). Il s’appuie sur X siph. VII, 45.

285* — 105. Il s’agit ici des vers lombrics. Ce texte, du reste,

est assez obscur; les traducteurs ne sont pas d'accord ; j’ai suivi Focs.

288e S. — 10C. Focs fait observer que tous les manuscrits édités joignent ce numéro au précédent; il l’en sépare avec raison, et il a pour lui l’autorité de 2253 Mack veut qu'on lise : « Ceux chez lesquels la phlegmasie a passé à suppuration, ceux-là rendent, etc. »

289' S. — 107. Kav/zaros avec 2253, 2254, Bàle et les autres imprimés. Mais le Pronotl. et les manuscrits consnltés par Foës ont xoqaaro;. Du reste, dans les manuscrits et les imprimés, il y a une grande fluctuation entre x&ma et xxü//.a, et il est souvent difficile de se décider plutôt pour l’une que pour l’autre leçon.

291e S. — 108. 2253, 2251 et Bâle rattachent, mais à tort, ces premiers mots à la sentence précédente, ce qui rend la construction impossible. La division de Focs est fortifiée par le n" 104 des Ih-orrh. et par siph. IV, 73.

293' S. — 109. 2253, 2254 et Bàlc ont : ioT au lieu de expiât

de Focs. Suivant celte dernière leçon, il faudrait traduire : « Le ventre , rendant des matières visqueuses , laisse échapper des matières peu excrémentielles; » ou, « peu de matières excrémentielles.»

296e S. — 1 10. Les textes vulgaires , les manuscrits n’ont pas la négation. Foës l’a rétablie en se référant à un passage parallèle du traité des Crises et du IIe livre des Kpid., sect. 6 (voir sa note,

315e S. — 111. Pour la traduction de cette sentence, je m’en suis référé à la 70e sentence du Prorrh., tout en conservant en partie le texte vulgaire.

318e 6’.— 112. K«i fa -rii i» piytt. Le texte vulgaire et 2254 ont futôtt îv piytt n'ont-ils pas des taches rouges dans le frisson) ? Mais Foës , tout eu suivant ce texte , penche pour celui que j’ai adopté. Sa conjecture est presque une certitude si l’on se réfère au Prorrh. n’ 42ctau Corn, de Gai. sur celle sentence, t. 41 , p. 600, t. XVI; à Ved. slld., qui a : xsû ÿuvi | owj t» plyi t; à 2253 , qui doune : xat vj piytt, traces évidentes d'une bonne leçon dès longtemps défigurée dans les bons manuscrits, et complètement altérée dans ceux qui sont inférieurs- — 4 >c.>i3ï$ désigne les taches rouges qui viennent aux jambes lorsqu’on se lient trop près du feu.

321e S. — 113. Ce numéro est altéré dans tous les manuscrits, même dans 2253. Focs en a heureusement rétabli le sens d'après le n° 107 du Prorrh. ; il lit wnstyMvov au lieu de ûnô des textes

DES COAQUES. 455

vulgaires el des manuscrits, el il Iraduil par suspeelus. Mark 1 il Ond— ÿo'6o-j, et traduit metuendus ; j’ai suivi cette leçon reconnue par Galien pour la 107' sentence du Prorrh. — 2253 réunit 320 et 321, comme Galien réunit 100 et 107 du Prorrh.

324' S. — 1 1/(. Cf. pour l’explication de celte sentence le I" livre du traité des Maladies des femmes , consacré en grande partie à l’étude des accidents provenant des dérangements de toute nature dans le flux menstruel. — Cf. aussi Galien, Com. V, Aph. 57 et ma note sur cet aphorisme.

333' S. — 1 15. Ce dernier membre de phrase, qui manque dans Foës, est donné par 2253 , 2254 , Râle et Heurn. — Il rend plus complet le parallélisme du n" 140 du Prorrh. el de celui-ci.

330' S. — 11 G. Cette sentence est fort obscure. La restauration de L. de Villebruuc est inadmissible. J’ai tâché de tirer parti du texte tel que le donnent les manuscrits, y compris 2253 et 2254 et les imprimés, en me référant, avec Foës, à un lieu parallèle du II' livre du Prorrh. in fine et à Celsc, II, 7. On retrouve dans cette sentence quelques-uns des symptômes de l’bystérie et de la chlorose.

343' S.~ 1 17. Hippocrale(du Régime dans les maladies aigues, Append., §.7, éd. de M. Littré) veut qu’auparavant on réchauffe le malade par des frictions.

349e S. — 118. Je lis i.nopoi i-xnpoi avec 2253. Foës approuve cette leçon , quoiqu’il conserve «Twc/sot (spasmes qu’on n’a pas encore éprouvés), du texte vulgaire et des manuscrits, entre autres de 2254. Le texte de la 1 10- sentence du Prorrh. consacré par Galien, est préférable, au point de vue médical, à celui de la 349' sentence des Coaq. Vove? 1 'errata.

355' S. — 1 19. Cette sentence, oubliée d’abord dans 2253, a été restituée au bas de la page par la même main qui a écrit le manuscrit.

358' S. — 120. 2253 , 2254 et Bâle font de ce qui suit une sentence à part, mais en y rattachant les trois premiers mots de la 350e sentence. Celte division me parait inadmissible.

350e 6'. — 121. Voir note 21 ci-dessus.

3Gle S. — 122. « Lctît'/vo; est la tension et la rigidité de tous les nerfs et de tous les muscles du corps. Autre définition : le tétanos est un spasme en ligne droite avec tension du cou, serrement des mâchoires avec impossibilité de mouvoir le cou dans un sens ou dans un autre ( Définit, mcd. -, defin. 237 ). » Galien définit le tétanos une tension égale des muscles de la partie postérieure et antérieure du corps [de Palpil. Trcmor., etc. ; in fine , t. VI, p. 641 ).

NOTES

Il donne à peu prés la même définition (Com. IV in Aph ., 57) ; et il ajoute que le tétanos est un spasme , mais que les parties ne paraissent* pas agitées de mouvements spasmodiques, parce que la tension est égale en avant et en arrière. — C’est ce que nous appelons le tétanos droit. Ailleurs ( de Molxi musculorum, cap. 8 , t. IV, p. 404) il dit : « Il y a tétanos quand les parties sont tirées dans un sens opposé par les muscles antagonistes. »• — Ainsi, le mot tétanos est une expression générale qui signifie la tension avec rigidité , tension droite ou courbe d’une partie du corps ou du corps tout entier. L’opisthotonos, l’emproslhotonos, signifiaicntchez les anciens, comme chez nous , la courbure du corps en arrière ou en avant. Il semble aussi que ces mots servaient à désigner seulement le spasme et non le tétanos des parties antérieures ou postérieures ; ils s’appliquaient aussi à la courbure en avant ou en arrière du cou seulement. C’est dans ce sens que Cclse ( VI , 31 ) prend ces mots ; il n’applique aussi le nom de tétanos en général qu’au cou et non aux autres parties du corps. Je ne sache pas que le mot pleurostothonos (courbure latérale) soit employé par Hippocrate et par Galien.—Cf. aussi Eludes sur Platon, parM. Martin , t. II , p. 350; J. C. Slark , de Telano rjusque spcciebus ; pars prior : Uisloriarn complectcns ; Iéna , 1778 , in-8°.

SOS' S. — 123. Avec Mack et Durci, je lis w/vjpav, au lieu de (rfuy/jioÿ des manuscrits et des imprimés. Foés conserve cpuy/zoO, et entend, quand il y a de violentes pulsations.

371' S. — 121. J’ai suivi le texte vulgaire. 2253, 2254 ont xx%j épais), au lieu de tx^, promptement.

375' S. — 125. Je suis Foés et Mie avec 2253 et 2254. I,c texte de Duret est un texte d’imagination , comme en beaucoup d’autres passages.

37!)' S. — 120. II»/z;;oot , Mlc, Focs et 2254. 2253 avait xxpnoixt (nzjTotxi?) « variés » leçon que Focs approuve, et qui est conforme à un passage parallèle du liv. III des Maladies: une main étrangère a changé ce mot en nip.™ ot.

380' S. — 127. Je suis le texte proposé en note par Focs ; il trouve quelque appui dans un lieu parallèle du liv. III des Maladies. Le texte vulgaire , pour lequel les manuscrits ne fournissent aucune correction, porte: « Parmi les pleurétiques, ceux qui ont de la rougeur au-dessus de l’oreille et qui sont brûlants comme les pleurétiques, etc. »

382' S. — 128. Mira suxapirm. Ixixpx et ses dérivés sont très souvent employés dans le traité des Maladies. Suivant Focs (p. 177 etOiïcon.), ce mot désigne un spasme avec distension des fibres

DES COAQUES. U51

charnues ou tendineuses, principalement des muscles du thorax, spasme qui suit quelquefois le frisson du début des pleurésies , et qui est accompagné d’un sentiment de resserrement et d’oppression. Galien applique le mot cirai -px [frfr/px des médecins modernes) aux déchirures musculaires par suite de distension poussée outre mesure (Com. III, in lib.de Officina med. , t. 31, p. 832 , t. XVIII , 2e part. ). C’est dans ce sens que M. Littré traduit G-jM/iotTct ( de l'Officine du médecin, §. 22 , p. 327, t. III). Il parait aussi d’après Galien (loc. cft.), qu’Hippocratc est le premier qui ait parlé de ces <micpxTx.

384e S, — 129. Ces bulles qui se forment sur l’huile quand on y trempe un fer rouge sont petites et fort rapprochées , ce qui me fait croire que l’auteur a voulu parler du développement très prononcé que prennent , chez les phthisiques , les papilles de la langue , dont la couleur tire alors quelquefois sur le livide par suite de l’intensité de la congestion. Il n’est pas rare, en elîet, de voir ce phénomène se montrer avant le crachement de sang , lequel est toujours précédé d’une turgescence vers les parties supérieures. D’ailleurs ce hérissement des papilles est aussi un des symptômes de la gastrite chronique qui accompagne presque constamment la phthisie.

38G' S. — 130. J’ai suivi l’interprétation de Focs et le texte de Mack. Le texte vulgaire porte : Il est avantageux que les douleurs amollissent le ventre. — « Amollir » est ici pour relâcher.

392' A’. — 131. C’est-à-dire s’il ne survient aucun signe qui puisse hâter ou retarder la mort; et si la maladie se tient dans la moyenne ordinaire , la mort arrive au quatorzième jour. Pour adopter l’interprétation de Foës(cf. p. 179 ctsuiv.), il me semblequ’il faudrait lire : S’il survient quelque bon ou quelque mauvais signe au lieu de : s’il n’en survient pas. Voici du reste la traduction de Celse: Sputum eliam biliosum , et purulenlum, sivc separatim isla , sivc mixta proveniunl , inleritus prriculum oslcndunl. sic si circa scplimum dicm taie esse cœpit, proximum est „ul is circa quarlumdecimum diem décédai, nisi alia signa mcliorapcjor ave acccsserint : quœ, quo leviora graviorave subsecuta sunt , eo vel scriorem morlem, vcl maluriorcm denunliant. (II, 6, p. 44, éd. de Millig.)

393' S. — 132. Le texte vulgaire porte : ounwv 5i%x'J>pr,sc). J’ai suivi la leçon de Duret et de Mack , approuvée par Focs , et qui porte : oZpo-j , Six-/.

393* S. — 133. la négation est indispensable; je l’ai admise avec les principaux éditeurs , en me référant au, passage parallèle du Pronostic.

NOTES

39a« «V, — 1 3 i . J'ai traduit conformément au commencement du Ç. 18du Pronostic. Le tente vulgaire porte : Cirez ceux qui, par suite de péripneumonie, ont des dépôts aux oreilles ou aux partiel inférieures , ces dépôts suppurent et deviennent iistuieux.

306° «i', — 135. Ce texte porte simplement rvo mOipOr.ax*. J’ai ajouté les mots entre crociiets pour ne point laisser d’amphibologie, comme le fout les traducteurs latins. Purgés doit être pris ici dans le sens de débarrassés entièrement. / ■ oir aussi Aph. V, S et iô.

897' «S’. — l3(i. Focs conjecturait : plus dangereuses au lieu de moins dangereuses.— L. de Viilcbrunc admet celle coujccture. Ce sens est plus médical, mais tous les textes et les manuscrits que j’ai consultés ont la leçon que j'ai suivie.

398e S. — 137. Cf. sur cette sentence Hippocrate de AJorbis, 1 ; de si liment» , U 2, p. 21 , ligne 11, éd. de K., et Gai., Coin. IV in lib. de Alim. , t. 2 , p. 370 , l. XV. Cf. aussi Arélée, de Sig. morb. acut./I, 10, p. 23, éd. de K.

400' S. • — 138. Il semble qu’llippocratc n’établit aucune dissemblance entre le poumon gauche et le droit , et admet trois lobes {■xrips/si, ailes) aussi bien pour l'un que pour l’autre. Toutefois, on peut croire qu'il connaissait ie véritable nombre cl la disposition des lobes du poumon , car dans le traité de l 'Anatomie \ initio ) , livre qui fait partie de la collection , et qui est évidemment du temps d’Hippocrate, sinon de lui, on lit : Le poumon a cinq proéminences (wTH^.o/suswïcüii qu’on appelle lobes ($. 2, éd. de Triiier, dans Op., t. 2, p. 269;. Celte division du poumon est admise par tous les anatomistes anciens. Théophile (p. 102} dit même que le cinquième lobe , le petit, l’inférieur, placé à droite ) ne sert pas à la respiration, mais à protéger la veine cave inférieure dans le trajet qu’elle parcourt pour se rendre au coeur après avoir traversé le diaphragme.

400' S. — 139. A «prxl. Les bronches sont appelées dans la collection hippocratique, tantôt artères, tantôt aortes , preuve évidente que les auteurs de cette collection assimilaient, soit pour leur structure, soit pour leurs fonctions, les artères et les bronches ’ ; mais je ne sache pas que le mot àop r»i y soit employé pour désigner l’artère aorte, qui ue parait pas avoir clé désignée vulgairement sous ce nom d’àojSTv» avant Aristote. Dans la collection , elle est appelée la grande veine ou simplement artère. La trachéc-artèrc est appelée

1 M. Litiré ( loiuc I, p. 201 et suiv.) a parfaitement établi que les auteurs hippocratiques appelaient artères la partie du système vasculaire que nous connaissons aujourd hui sous ce nom. Je renvoie à celte partie du livre de M. I.itlré pour tout ce qui regarde l'anatomie et la physiologie du système vasculaire. C'esi un point tout à fait neuf de son travail.

DES GOAQUES.

tantôt |îjs*vz«*' l^ntôt ûpTv,piïi. B po/yoi désigne quelquefois le larynx seulement. Cf. Foës , OEcon., aux mots ftsoyjjoî , àpryipin et àoj»r»i.

400° S. — HO. Le traité des Lieux dans l’homme nous fournil l’explication de ce passage des Coaques; il y est dit (p. 4H, èd. de Foës) : « Lorsqu'il se fait de la tôle sur le poumon un flux à travers la bronche ; trachée-artère) et les aortes (les bronche»^, le poumon étant sec par nature , attire en lui autant d’humidité qu’il peut, et à mesure qu’il se remplit, il devient plus volumineux. Quand il est complètement plein, le lobe se gonflant s’applique de chaque côté sur les parois du thorax, et cela cause une péripneumonie ; quand il ne s’applique que sur un côté , c’est une pleurésie. »— Cf. aussi de Morb. , II, p. 482, éd. de Foës, sur les maladies appelées le Poumon rempli et le Poumon s'appliquant contre les parois de la poitrine ; l’auteur signale celte dernière maladie comme difficile à guérir et ordinairement mortelle.

400e S. — 14 t. Poir note li du Régime dans les maladies aiguës.

404e S. — 142. 4>j/i«ra. « Par comparaison avec les productions de la terre, ou a appelé yù/iur* toute tumeur contre nature qui arrive spontanément, surtout celles qui se forment à l'extérieur. « (Gai., Com. in Epid., VI , p. 451, 18.) Dans le Corn. III , in Aph. 20, Galien complète cette définition. «On appelle proprement ÿiuara des phlegmons spontanés qui se développent promptement, qui s’élèvent promptement aussi en pointe, et qui suppurent promptement. Ces tumeurs sc forment principalement aux aines , vers les mâchoires , en un mot , vers les parties qui ont beaucoup de glandes etqui sont aptes à recevoir en elles les humeurs superflues.» - Celse traduit o-j/j-zt a par abcessus. — Je pourrais rassembler bien d’autres passages qui prouvent que le mot répond exactement à notre mot abcès. Employé par Hippocralc pour désigner une maladie de poumon, il signifie quelquefois une véritable vomique; mais le plus souvent il correspond à ce que nous appelons tubercule. Cela est surtout évident dans le traité des Maladies , liv. I , p. 453; liv. II, p. 481 , éd. de Foës ; et dans celui des Articulations (§.4l,p. 177, t, IV.éd.deM. Littré), où l’auteur établit un rapport très remarquable entre la gibbosité et la présence dans les poumons de ÿu/jtscrwv ay'/YipZv (durs) x«i hiUxtotv (et crus), ajoutant que ces incurvations de l’épine résultent souvent de ec que les ligaments des vertèbres ont été en communication avec ces masses tuberculeuses. — Ainsi , les anciens assimilaient les tubercules des poumons à de véritables abcès, qui avaient leurs périodesdè crudité et de coction, considérant la marche générale de celte maladie et la nature de l’ex-

NOTES

pccloration qui accompagne les tubercules suppurés; tandis que notre mot tubercule rappelle plutôt l’origine, la forme et la première période de cette production pathologique accidentelle.

409' S. — 143. Comme les hippocratiques recouraient surtout à la succussion en vue de l’opération de l’empyème, je réunis ici ce que j’ai à dire sur ce moyen diagnostique, et sur cette opération ellemême. Quinze jours après que l’épanchement du pus s’était opéré dans la poitrine, on faisait baigner le malade; ensuite on le plaçait sur un siège, une personpe lui tenait les mains, le médecin l’agitait lui-même parles épaules, et il écoulait de quel côté se faisait le bruit ’. De ce côté devait exister la maladie, et il y faisait la section. Hippocrate désirait que la maladie fût du côté gauche, comme le moins dangereux à attaquer. Si l’épaisseur ou la quantité du pus empêchait d’entendre aucun son, ce qu’il dit arriver quelquefois, il ouvrait du côté où la douleur et la tuméfaction étaient le plus sensibles, mais plutôt par derrière que par devant, et à la partie la plus déclive, pour donner au pus une issue plus facile. Il commençait par une incision à la peau avec le machaire de la poitrine (ou en forme d’épée. ( Voir note 13 du Médecin.) Puis avec un autre machaire plus aigu et plus étroit, entouré d’un linge jusqu’à un

1 Ce n’est pas la seule trace dans les écrits hippocratiques , de l’auscultation immédiate appliquée aux maladies de poitrine. Déjà I.aennec ( Truité de VAuscullalion , cliap. III , p. 48, éd. de M. Andra! ) avait relevé le passage suivant ; « Quand il se fait unamas d’eau dans les poumons il y a de la lièvre avec de la toux ; les ongles se recourbent , les malades éprouvent les accidents de i’empyème; mais l’hydropisie du poumon a une marche plus lente que l'empyéine. Si après avoir appliqué longtemps l'oreille contre les parois de la poitrine , on entend un bruit semblable à celui du vinaigre bouillant, et si le malade est ainsi attaqué depuis quelque temps il se fera une rupture dans la cavité de 1a poitrine. » L’auteur ajoute quelques lignes plus bas , qu’bn doit ouvrir ta poitrine là où l'on a entendu le bruit ( de Uorbis,ll , p. 485 , édit, de Foës ). Laennec pense que le bruit perçu par Hippocrate était celui de la respiration mêlé à un peu de râle crépitant. — M. Pariset, dans son brillant éloge de Laennec ( p. 26), a signalé d’autres passages de la collection hippocratique sur l'auscultation immédiate.Voici ses paroles : « Pendant une orthopnée, et parmi les efforts d’une toux sèche et violente , il (Hippocrate ) saisit dans les poumons une sorte de chant [ri av^dsuàtioeiv io*Ui]-y(de ülorb., III, éd.de V.D. Land. VII, 16). Il va jusqu’à surprendre le murmure, lecri du sangdaus ses vaisseaux ; et ce cri il le compare au cri du cuir qui sert pour la chaussure [zpi$si to afyta oîov /iâïO/>;s] ( de Morb., 11 , t. II , p. 275, éd. de K. ). » On remarquera aussi les sentences 386 et 388 des Coaques; enfin dans le S- H du Pranosi., p. 75, note 4t , il est parlé du bouillonnement qui se fait dans la trachée.

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